CHAPITRE I
quelques prises d'armes de peu d'importance , occa- mi . sionnéespar quelque dessein que les malveillants et envieux de monsieurde la Force avoientému, tâchant parla de choquer son autorité, ce qu'il n'avoit pu souffrir et ce qui l'avoit obligé à faire quelque levée de la Noblesse et milice du pays, avec l'assistance de laquelle il avoit rangé tout le monde à son devoir; mais à la Cour ses ennemis prenoient grand soin de lui rendre de mauvais offices , et de faire mal juger toutes ses actions, quoique de ce qui s etoit passé, on ne pouvoit prendre sujet de le blâmer, car ce qu'il avoit fait regardoit même le service du Roi.
Néanmoins, monsieur d'Épernon eut comman- Av,ildément de sa Majesté de venir en Béarn avec beaucoup de troupes. Le sieur de la Force étant averti, lui envoie des principaux du Béarn *, tant pour savoir à quel dessein il s'acheminoit, car de la Cour on ne lui en avoit donné nulle connoissance , que pour le supplier aussi de ne pas se hâter, et de lui donner le temps d'envoyer vers le Roi, déclarant être prêt à obéir en tout et partout à ses commandements, et que le Béarn étoit dans la même réso-
1 Entre autres le Baron d'Arros, qui remit à M. d'Épernon une lettre écrite par M. de la Force, le 29 avril 1621. Voir les Mémoires de la Force (tome II, p. 546).
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162»- lution et volonté; que si sa Majesté vouloit qu'il quittât et lui remit ses charges et Gouvernements, qu'il étoit prêt d'obéir et même de l'aller trouver, si elle le lui ordonnoit, ayant sa conscience nette qu'il n'avoit rien fait contre son service, et n'ayant jamais eu d'autre dessein que de lui rendre ses obéissances.
Monsieur d'Épernon reçoit fort bien ces messieurs qui lui avoient été envoyés, fait semblant d'agréer ce que monsieur de la Force lui demande, et promet absolument qu'il ne s'avancera point, et donnera le temps à monsieur de la Force d'avoir des nouvelles du Roi. Mais ces messieurs ne sont pas partis d'auprès de lui qu'il s'avance à grandes journées ; de quoi le sieur de la Force ayant eu avis, assemble avec le Conseil les principaux du pays, jugeant bien qu'il devoit se le tenir pour dit. Afin de savoir leurs intentions et volontés, il leur rend raison de ce qui s'est passé avec monsieur d'Épernon, leur représente comme quoi il contrevenoit entièrement à la parole qu'il avoit donnée à ceux qu'il avoit envoyés vers lui, et qu'il ne restoit que deux voies à prendre, ou d'obéir, ou de se mettre en état de s'opposer aux desseins que monsieur d'Epernon pouvoil avoir, et qu'il ne falloit pas douter que ce ne fût de se rendre maître du rVarn.