‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 7 sur 233 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

a été fait sur le sujet de monsieur de Montpouillan, h»i. plus particulièrement comment cela se passa.

Ensuite on ne voulut pas permettre que le Marquis de la Force, qui avoit l'honneur d'être Capitaine des Gardes du corps du Roi, et même le premier1, allât servir son quartier. Les pensions mêmes et appointements de tous ceux de sa Maison furent retranchés; le troisième fds du sieur de la Force, nommé le Baron d'Eymet2, qui étoit cornette des chevau- légers , eut aussi commandement de se retirer.

Ceci sera remarquable, que le commencement de la disgrâce arrivée à la Maison de la Force, le sieur de Montpouillan en a été la cause , le sieur de la Force le prétexte de celle du sieur de Montpouillan, et la Religion le sujet de l'une et de l'autre.

En ces entrefaites, les ennemis et envieux de monsieur de la Force ne perdent pas l'occasion de lui nuire, et de faire courre de mauvais bruits à

JI1 avait été reçu le 6 janvier 1611, son père lui ayant cédé sa charge avec l'agrément du Roi, et se trouvait alors le plus ancien des quatre Capitaines des Gardes du corps.

2 Pierre de Caumont, Baron d'Eymet, terre en Périgord, érigée en Baronie de temps immémorial. Il est à remarquer que l'orthographe de ce nom a beaucoup varié, car sur d'anciennes cartes on trouve Aymet; Pierre de Caumont signe toujours d'Ammë, et son père écrit souvent Agmë.

iv. 7

son désavantage , tant près du Roi que dans le Béarn, et même parmi ceux de la Religion.

Et bien que mon dessein soit seulement de faire voir une partie de ce qui s'est passé dans la Basse- Guyenne, et de rapporter en quelque façon ce qui regarde le particulier de la Maison de la Force, depuis que monsieur de la Force fut arrivé à Bergerac, après avoir été chassé du Béarn et contraint îise retirer, par monsieur d'Épernon; nous jugeons cependant ces derniers faits assez considérables pour n'être pas omis.

C'est que le Roi ou plutôt messieurs de Luynes, voulant mettre à exécution les projets qu'ils avoient résolus, ayant toujours avec cela ce but principal, la ruine de la Maison de la Force, dont monsieur de Montpouillan étoit la véritable cause, et ne croyant pas pouvoir empêcher autrement le rétablissement du sieur de Montpouillan auprès de sa Majesté, ces messieurs trouvoient également dans les troubles qu'ils vouloient susciter en France contre ceux de la Religion, un moyen puissant pour augmenter et affermir leur autorité : l'expérience nous faisant voir que le trouble dans l'État a toujours été plus favorable aux ambitieux que la paix du Royaume.

11 est donc à estimer qu'y ayant eu dans le Béarn

Page 1