‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 80 sur 233 · CHANTRE V · texte numérisé non relu

CHANTRE V

de la tranchée, et commencèrent à discourir avec «21. lui. Le sieur de Pardaillan se servant de l'occasion, tant pour les intimider que pour leur persuader de se rendre, les engage à avoir recours à la miséricorde du Roi, qu'autrement ils étoient tous perdus.

Monsieur de Castelnaut arrive là-dessus qui , oyant ce discours, ne le put souffrir venant de lui, et commença à crier tout haut : A bas, à bas ! qu'un se retire, autrement je fais tirer. Ils ne se le firent pas dire deux fois. Ainsi se passa cette entrevue.

Mais voici que monsieur de Castelnaut ayant fait contre-miner tout son terrain par le dessous et dans terre, à quoi elle est très-propre, on découvre qu'au coin de l'une des cornes et au-dessous du travail qu'on avoit fait, on oyt y travailler, car ils a Voient joint le terrain en divers endroits , parce qu'il n'y avoit pas de flancs suflisants pour les en

pêcher; et on étoit si proche que de ce travail qu'on avoit fait sous terre, on les entendoit parler et on apprenoit toujours quelque chose qui pouvoit servir. À cause de la grande quantité de grenades, cailloux et cercles à feu qu'on leur je(oit, leurs petits corps de garde étoient couverts de peaux pour n'en être endommagés et pour éviter le feu; et dans l'entretien qu'on avoit aussi le soir avec eux, pour les obliger à parler, on leur de-

mandoit quand est-ce qu'on faisoit jouer cette mine, parce qu'on demeura bien sept à huit jours qu'on n'y entendoit plus travailler, mais croyant bien qu'il y avoil une mine , on ne pouvoit pas juger la cause de ce retardement. Enfin un de leur troupe s'écria et dit en latin : non ; . Ce qui

nous fit croire que la chose éloit assurée, et ainsi monsieur de' Castelnaut mcltoit les ordres pai pour n'être pas surpris quand cela lui arriveroit, disposant les piquiers à l'endroit où se feroit la brèche et où ils se dévoient loger, les mousquetaires de même, et leur représentant ce qu'ils avoient à fair. i t la façon qu'il faudroit qu'ils pour soutenir et défendre

uns les autres pour repousser ceux qui voudraient entrer par icelle, les faisant d'ordinaire tenir tous les jours sous les arm< 23»cpicmbic Et il lui arriva que le jour que cette mine joua, qu'ayant un laquais qui lui tenoit son pot de ! car pour lui il avoit sa cuirasse, ce laquai un coup de mousquet par la tète qui le tua, et;;; que la mine eut joué, de laquelle nous dirons l'effet, un sien laquais en reçut aussi un autre, comme il ('■toi; sur la brèche pour s'< ux qui yien-

ut.

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