CHANTRE V
de la tranchée, et commencèrent à discourir avec «21. lui. Le sieur de Pardaillan se servant de l'occasion, tant pour les intimider que pour leur persuader de se rendre, les engage à avoir recours à la miséricorde du Roi, qu'autrement ils étoient tous perdus.
Monsieur de Castelnaut arrive là-dessus qui , oyant ce discours, ne le put souffrir venant de lui, et commença à crier tout haut : A bas, à bas ! qu'un se retire, autrement je fais tirer. Ils ne se le firent pas dire deux fois. Ainsi se passa cette entrevue.
Mais voici que monsieur de Castelnaut ayant fait contre-miner tout son terrain par le dessous et dans terre, à quoi elle est très-propre, on découvre qu'au coin de l'une des cornes et au-dessous du travail qu'on avoit fait, on oyt y travailler, car ils a Voient joint le terrain en divers endroits , parce qu'il n'y avoit pas de flancs suflisants pour les en
pêcher; et on étoit si proche que de ce travail qu'on avoit fait sous terre, on les entendoit parler et on apprenoit toujours quelque chose qui pouvoit servir. À cause de la grande quantité de grenades, cailloux et cercles à feu qu'on leur je(oit, leurs petits corps de garde étoient couverts de peaux pour n'en être endommagés et pour éviter le feu; et dans l'entretien qu'on avoit aussi le soir avec eux, pour les obliger à parler, on leur de-
mandoit quand est-ce qu'on faisoit jouer cette mine, parce qu'on demeura bien sept à huit jours qu'on n'y entendoit plus travailler, mais croyant bien qu'il y avoil une mine , on ne pouvoit pas juger la cause de ce retardement. Enfin un de leur troupe s'écria et dit en latin : non ; . Ce qui
nous fit croire que la chose éloit assurée, et ainsi monsieur de' Castelnaut mcltoit les ordres pai pour n'être pas surpris quand cela lui arriveroit, disposant les piquiers à l'endroit où se feroit la brèche et où ils se dévoient loger, les mousquetaires de même, et leur représentant ce qu'ils avoient à fair. i t la façon qu'il faudroit qu'ils pour soutenir et défendre
uns les autres pour repousser ceux qui voudraient entrer par icelle, les faisant d'ordinaire tenir tous les jours sous les arm< 23»cpicmbic Et il lui arriva que le jour que cette mine joua, qu'ayant un laquais qui lui tenoit son pot de ! car pour lui il avoit sa cuirasse, ce laquai un coup de mousquet par la tète qui le tua, et;;; que la mine eut joué, de laquelle nous dirons l'effet, un sien laquais en reçut aussi un autre, comme il ('■toi; sur la brèche pour s'< ux qui yien-
ut.