CHAPITRE V
avis de tout ce qu'il jugeoit se devoir faire. Et par- ^n.
Septembre.
ticulièrement monsieur de Castelnaut fit observer ceci, de ne rendre que les derniers de tous, les corps des personnes de condition, lesquels on demandoit avec grande instance, de peur qu'ayant relire ceuxlà, ils ne se souciassent plus de ravoir les autres ; il fit aussi donner des linceuls à quelques-uns des principaux morts parce qu'ils avoient été dépouillés tous nuds, et ne se hâtant pas fort de les rendre , toute la journée se passa ainsi.
Monsieur de Castelnaut de retour en son quartier, comme c'étoit presque chose ordinaire que tous les soirs, assiégés et assiégeants s'entretenoicut les uns et les autres , ceux-ci commencèrent à si' vanter et «à parler de ce qui s'étoit passé le jouiavant, qui pourtant étoit plus à leurdommage qu'à leur profit, n'ayant que fort peu avancé leurs affaires du côté du Moustier. M. de Castelnaut leur reprocha qu'ils lui avoient toujours dit que c'étoit ceux de Montauban qui étoient les désobéissants , mais que meshuy ils n'en dévoient plus être accusés, mais bien eux-mêmes, puisque le Roi leur avoit fait faire commandement aussi bien qu'aux autres, de donner et faire une-attaque, et qu'ils n'en avoient rien fait.
Et comme il y avoit des Béarnois du côté du iv. 16
2h2 MÉMOIRES DU MARQUIS DU CASTELNAUT.
Roi, comme aussi du côté de ceux de Montauban, et qui se connoissoient, c* étoil parfois un assez long entretien , jusqu'à ce que monsieur de Castcînaut leur iinposoit silence et leur crioit : fiante la grenade! Puis leur faisoit jeter quantité de cailloux qui les incommodoient ; cela dura presque tout le , et comme ils avoient de la jalousie les uns contre les autres, ils nous découvraient bien souvent les desseins de ceux du Moustier, se vantant de ceci et de cela, et que par ce moyen, ils espéroient de venir à bout de leurs desseins, en profitions pour éviter le mal dont ils nous meient. Encore est -il nécessaire de dire que de ce tempslà monsieur de Pardaillan voulut avoir sa part du de Montauban, soit pour làcber d'obtenir ee qui lui avoit été promis, soit pour chercher à y obliger le Pioi ou ceux qui gouvernoient tout auprès de lui, par quelque signalé service. Un matin que ir de Casalnaut avoit été occupé, il se présenta à la tranchée, faisant demander par un tambour de parler à lui; or il est à noter que souvent i! s'en présenioit , mais qu'enfin on n'en vouloit plus écouter. Mais pour celui-là il y eut des
urieuses el assez complaisantes, et bien i iir, qui lui permirent de sortir hors