CHAPITRE V. 2h
grand effet, enelouant le canon et mettant le feu »®». aux tranchées. On ne trouve point de résistance, ainsi ils demeurent maîtres des tranchées durant deux heures et du canon qui y étoit; et demandant des cordes pour le traîner, les femmes en apportèrent plus de deux charretées quoiqu'elles ne servirent de rien, étant impossible de pouvoir mener le canon dedans. Il arrive même qu'un bourgeois voyant monsieur de Caslelnaut sur la brèche et qui ne bougeoit pas de là , lui dit plein d'ardeur et par un zèle inconsidéré, pourquoi est-ce qu'il ne donnoit pas comme les autres, et que s'il ne vouloit pas donner, qu'il s'allât coucher. Mais il étoit trop important qu'il n'abandonnât pas ce lieu— là, qui autrement se fut trouvé dépourvu de défense, car comme il ne pouvoit pas absolument savoir le désordre qui étoit parmi les gens du P\oi , il devoit croire aussi qu'ils pouvoient revenir, comme ils le firent, mais de leurs quartiers, le régiment des Gardes y étant et bon nombre d'autres , si bien que finalement, ils contraignirent ceux de Montauban qui étoient sortis par la brèche, à se retirer, et il y en eut plusieurs de tués et de blessés. Quoiqu'il fût nuit, la lueur du feu des tranchées étoit assez grande, et entre autres un homme bien vêtu s'étant avancé avec quelques autres, y fut tué. Il
arriva que trois hommes de Montauban sortis pour l'aller dépouiller, y furent tués l'un après l'autre.
Les gens du Roi se contentèrent d'avoir fait retirer ceux de Montauban, et ne s'essayèrent point de donner à la brèche; ce que voyant le sieur d<- Castelnaut, il commença à y faire travailler et à réparer le dommage qu'avoit fait la mine qui étant fort profonde dans terre, avoit aussi beaucoup creusé, et par un effet extraordinaire, quoique le vent leur fût favorable, toute la terre néanmoins qui en sortit, se jeta au dehors, si bien qir'on fut contraint et que cela donna occasion d'envoyer à une vingtaine de pas de plus qu'on n'a\oit tenu auparavant, et obligea d'avancer le travail jusque-là. La dili-
tee qu'on y apporta fut si grande que le tout fut réparé avant qu'il ne fit jour ; les gens du Roi n pouvant servir de leur canon pour l'empêcher parce qu'il avoit été cneloué^ct qu'ils étoient aus occupés de réparer leurs tranchées et d'y pouvoir v à couvert.
An Moustier, on avoit donné la charge du conv mandement au sieur de la Rivière, mais 1rs gens du lîoi, croyant mieux faire leurs affaires d'un autre côté, font une tranchée le Ion;; du penchant ée la montagne, laissant ;i leur droite les 1< et poste du Moustier, et vont droit au bastion cîe