CHAPITRE Y
Paillas qui étoit dans le penchant et d'une assez foible défense. Ici il y eut un peu de manque de prévoyance soit par monsieur de Reyniez pendant le temps duquel ce travail avoit été commencé, mais non fort avancé, soit par ledit sieur de la Rivière, car si d'abord ils s'en fussent pris garde, il n'y avoit rien de si facile que d'en empêcher la continuation; tandis que le succès de cette entreprise eût été trèsdangereux et un moyen de se rendre par là sans difficulté maître de Montauban , comme il sera représenté ci-après; et cela est en quelque façon étrange que le sieur de la Rivière qui étoit si agissant quand il n'avoit pas d'emploi, et qui donnoit de bons avis partout pour se mieux conserver et défendre, que lorsqu'il eut le commandement, n'usa pas de même en son quartier, souffrant que les assiégeants y fissent beaucoup de choses qu'il pou voit empêcher.
A Ville-Bourbon, ils ne perdent pas de temps à se mettre bien en état de se pouvoir défendre. Ils avoient déjà fait quelques coffres dans leurs fossés qui leur réussirent fort bien; ils ne se contentent pas de cela, ils y plantent trois rangs de piliers avec divers crochets de fer, si bien qu'il étoit presque impossible de passer au travers, et c' étoit pour que, s'ils avoient dessein de donner un assaut à la
brèche ( qui pourtant ne fut pas en' état pour cela quoiqu'ils le crussent), ils y rencontrassent cet empêchement. Il arriva aussi que comme souvent il y avoil quelque attaque ou démêlé entre eux, sur quelques petits dehors, pour les emporter ou défendre, que ceux du dedans en l'un d icenx firent une fougade, et après l'avoir défendue, ils l'abandonnèrent; ceux du dehors s'en étant saisis, les autres ne manquèrent pas de faire jouer leur fougade, en attrapèrent quelques-uns et reprirent ce qu'ils a\ oient abandonné. Ainsi en quelque façon la résistance que trouvoient partout les assiégeants, les refroidissoit peu à peu et étoit cause qu'ils ne se monlroient pas si entreprenants.
Quant à ee qui est des cornes de Montmirat, comme ceux de l'armée du Roi avoient joint en divers endroits le terrain, sans que néanmoinsju>que-là ils en eussent tiré nul autre avantage, car ils avoient eonnoissance du travail qui avoit été fait dans lesdiles cornes, capable de leur donner plus de peine cl d'occupation que ee qu'ils avoient attaqué jusque-là. Avec cela monsieur de Castelnaut ne laissa pas encore d'y faire ajouter celui-ci : c'est qu'en l'endroit où la mine avoil joué, et prenant toute la tèle des cornes, c'esl-à-dire de l'un des demi-bastions à L'autre, i! lit faire un retranche-