CHAPITRE V
ment profond dans terre en angle rentrant, l'un 162J côté flanquant l'autre, et il avoit fait jeter tout le terrain au devant et fait faire dans icelui de bonnes canonnières qui voyoieut partout y sans que ceux qui étoient dedans pussent être vus ni endommagés par le canon quand même on l'y eût pu pointer; et avec de grandes pièces de bois qu'on avoit mi^es au dessus, avec de bons hérissons qui y étoient attachés , il étoit du tout impossible de pouvoir passer outre avant de les avoir ruinés , ce qui ne se pouvoit faire qu'avec le canon, car avec la main, ils étoient trop bien attachés et pouvoient être trop bien défendus. Cependant, comme iis étoient logés en divers lieux dans le terrain où ils avoient de petits corps de garde couverts, ainsi qu'il a été dit, monsieur de Castelnaut qui avoit fait creuser presque partout en terre ce qu'il falloit pour qu'un homme put aller et venir facilement, et en quelques endroits même laissé des ouvertures pour pouvoir voir le dehors en sûreté, s'avisa de faire porter un p-rand mortier ou pétard, lequel il remplit d'environ quinze ou vingt livres de poudre, et plaçant dessous de bons madriers pour empêcher qu'il ne fit son effet en terre, et autant par- dessus pour pouvoir mieux enlever le terrain; et y ayant fait mettre le feu, il emporta, tua ou suffoqua quatorze
hommes de ceux qui étoient dans le corps de garde, et particulièrement la sentinelle qui lui jetée dans les corœs, mais si brisée et si noire que bien qu'il fût encore en vie, il ne put jamais rien dire. On ne laissa pas que de faire une petite sortie d'environ quinze hommes, mais ils trouvèrent qu'il n'y avoit plus rien à faire, le pétard ayant bien fait son devoir; et n'ayant ordre daller plus avant, ils se retirèrent.
Au bout de quelques jours encore , les gens du Roi avoient fait une autre mine aux coi nés de Montmirat, mais au delà de la tète dicelles et tirant sur les cornes de Ville-Nouvelle; et dit-on que c'étoit monsieur le Maréchal de Chaulncs qui avoit voulu avoir le plaisir de la voir jouer, laquelle ne manqua pas de bien faire son effet; il se trouva que
■ur lors monsieur de Castelnaut étoit absent de son quartier, ayant été appelé au Conseil dans la ville; mais soudain qu'il eut connoissanec de ce qui se passoit, il ne manqua pas de s'y rendre en diligent»
Cependant les assiégeants avoient voulu faire à la brèche et même y avoient fait ] quelques barriques, mais messieurs de Lendn . aisehe et autres, ainsi que le baron de Bi qui avoit été malade d'une espèce de dysseUtcrie,