CHAPITRE VI
on ne manquoit pas d'y tirer, et ainsi on étoit contraint de les en ôter. Mais un jour, ayant remarqué que dans une place qui étoit à un des faubourgs de Ville-Bourbon, on y disoit la messe, parce que plus de gens y pouvoient assister, ce qui étoit vu facilement de dessus le demi-bastion deMontmirat, on y met quelques pièces en batterie; les principaux qui commandoient en ce -quartier assistant à la messe, on leur tira quelques coups qui les écartèrent bien et les firent retirer fort vite, entre autres, de ceux qui y furent tués, il y eut quelques moines, et le prêtre obligé à abandonner son sacrifice commencé.
Et avec cela il y avoit toujours des entremetteurs et des solliciteurs, et comme avant la fin du siège, monsieur de Caslelnaut leur permettoit souvent de monter sur le terrain pour s'entretenir, croyant n'avoir plus rien à craindre, il arrivoit que souvent à lui ou à ceux qui étoient avec lui, leur parlant à l'oreille, ils faisoient des propositions tant pour la paix que pour obliger ceux de Monta uban à recevoir le Roi, avec toutes les promesses et conditions avantageuses qu'ils eussent pu désirer , le Roi ne demandant qu'obéissance et de pouvoir seulement entrer dans la ville sans y rien innover, et
pour monsieur de ia Force et les siens, promettant iv. 18
Ilh MÉMOIRES DU MARQUIS DE CASTELKAUT.
i67i. de les remettre en leurs charges, pensions et gouvernements; mais ils ne purent ohliger ceux à qui ils partaient, de leur donner la satisfaction qu'ils demandoient , quoiqu'ils eussent souvent offert à monsieur de Castelnaut de lui donner la carte blanche, laquelle ayant refusée plusieurs fois, ils la lui laissèrent sur le terrain et se retirèrent; si bien qu'il fut contraint de la prendre de peur qu'elle ne tombât entre les mains de ceux de Montauban à qui on voûtait toujours ôter toute sorte de méfiance, car naturellement ils sont un peu sujets d'en prendre.
Il arriva aussi que le sieur de Veyrières continua toujours son entremise par l'ordre du Roi, lequel avoit agréé que ceux de Montauban nommeroient des députés pour envoyer vers monsieur de Rohan, pour qu'étant là, ils pussent traiter des conditions de la paix.
Mais j'ai plutôt à dire qu'environ vers le milieu du siège, on fit proposer une entrevue entre monsieur de la Force et monsieur de Chaulnes, ce qui fut agréé , non que monsieur de la Force le voulût faire autrement qu'assisté de messieurs de Montauban et en leur présence, même que les autres demandant qu'il voulût aller jusqu'au quartier du Roi , il le refusa absolument , disant que