CHAPITRE VI
cela ne se devoit pas , et qu'il ne sortiroit point 1621. hors des cornes de Ville-Nouvelle ; mais enfin il fut tant pressé et sollicité qu'il promit qu'il sorliroit jusque sur la contrescarpe, mais non pas pour aller plus avant. Voilà donc un jour pris pour cette entrevue, néanmoins monsieur le Maréchal de Chaulnes ne se put jamais résoudre à venir jusque-là, ce qui fut cause que monsieur de Bassompierre prit sa place avec monsieur de Brantes, frère de monsieur de Chaulnes, et plusieurs gentilshommes de la Cour avec eux.
Monsieur de Castelnaut sortit aussi, qui parlant à ses connoissances, leur représenta le peu d'espérance qu'il y avoit que le Roi pût venir à hout de ce siège ; et comme il savoit qu'il y avoit encore une mine à jouer, il les prioit de ne s'y présenter pas, car assurément il n'y feroit pas bon pour eux. L'entretien qu'on eut avec monsieur de la Force fut toujours la même chose que ci-devant, tant pour lui que pour ce qui regardoit ceux de Montauban qui comme à l'accoutumée, renvoyèrent toujours le tout à messieurs de l'Assemblée de la Rochelle et à monsieur de Rohan.. Après cela ils voulurent commencer à intimider monsieur de la Force et à user de menaces, lui représentant qu'il pouvoit faire sa fortune et celle des siens en rentrant aux
276 MÉMOIRES DU MARQUIS DE CASTELNAtT.
»62'- bonnes grâces du Roi, et d'ailleurs aussi ce qu'il avoit à craindre, comme de ne point douter que toutes ses maisons ne seroicnt rasées et ses biens confisqués, et surtout sa belle maison de la Force. Sur quoi il répondit : Quoi! cela na-t-il pas encore été fait? Hé! ce ne sont que des pierres et des murailles, cette considération n'empêchera jamais que je ne fasse ce que je dois. Sur cela il fut aussi proposé de faire une députation vers monsieur de Rohan, ce qui fut continué et exécuté ensuite, quoiqu'il se passât beaucoup de choses entre deux, puis ils se séparèrent; et comme on pressoit toujours cette députation, il se fit une assemblée à Montauban pour résoudre ce qu'il y avoit à faire. Cette proposition fut approuvée , il fut question de dresser les mémoires et nommer les députés ; monsieur de Castelnaut fut élu pour le chef de la députation , et pour ceux de Montauban, le premier Consul Dupuv, Noaillan et quelques autres ; et pour monsieur de la Force, le sieur du Fraische; pour le Comte d'Orval, son capitaine1 des gardes; un autre, pour les volontaires; et un autre, pour le secours qui étoit entré. Le Roi devoit donner des passe-ports, et monsieur d'Esplan les devoit conduire et aller
1 11 se nommait aussi Dupuy.