‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 97 sur 233 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

avec eux à Castres, comme envoyé de la part de sa i621- Majesté.

Mais en attendant que le jour vint qui avoit été arrêté pour sortir, on fit une attaque au bastion de Paillas et fit-on jouer encore quelques mines, ce qui piqua ceux de Montauban; ils se résolurent d'en avoir raison avant d'aller vers monsieur de Rohan, car ils avoient eu tant de bons succès que cela les rendoit un peu fiers , quoique du côté du Moustier leurs affaires étoient en mauvais état.

Enfin dans cette situation, monsieur de la Force jugea qu'il étoit nécessaire de faire un effort pour repousser les assiégeants et les chasser du poste qu'ils avoient pris proche le bastion de Paillas et de la muraille de la ville, et qu'il étoit trop dangereux de les y souffrir plus longtemps, de peur qu'après avoir augmenté leurs corps de garde, ils ne fussent en état de venir à bout dans leurs desseins.

Il assemble donc le Conseil et propose de faire une grande sortie de ce côté-là, ce qui fut jugé à propos, et que pour faire une diversion, on donneroi t du côté du Moustier contre quelques dehors que les assaillants tenoient , et par même moyen, dans leurs tranchées; monsieur d'Eymet devoit commander cette diversion, tandis que de l'autre

i«i. côté, qui étoit le principal sujet et là où ils faisoient leurs corps de garde , monsieur de Yignoles qui commandoit en ce quartier (jeune homme qui n'avoit pas beaucoup d'expérience, mais qu'on avoit mis là parce qu'il étoit le neveu du Comte de Bourgfranc), donneroit de ce cùté-là pour ruiner et brûler lesdits corps de garde, et tacher de se loger dans ce poste pour les empêcher de le pouvoir plus occuper après.

Monsieur d'Eymet fit tout ce qu'il pouvoit faire, quoiqu'il trouvât grande résistance, et nommément il y eut un capitaine qui défendit de sa personne valeureusement son poste, et s'y fit tuer. L'effroi et l'alarme furent très-grands partout, si bien que cela donnoit beau jeu au sieur de \ignoles d'exécuter son entreprise, mais je ne sais par quel malheur, il ne donna pas. Il en accusoit ceux qui avoient été commandés avec lui, et eux disoient que c'étoit lui qui devoit les conduire, et que s'il eût donné, ils l'eussent suivi.

Tellement que voilà une sortie , quoiqu'elle ne laissât pas de faire un grand effet, qui fut néanmoins inutile à l'occasion pour laquelle on l'a voit entreprise. Et comme monsieur de la Force ne manquoit pas d< >c trouver partout où sa présence <t >a bonne conduite pou\<>ient être nécessaires, et

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