‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 18 sur 114 · LIVRE EU, CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE EU, CHAPITRE XIX

grand éclat. Ce grand affaire vidé, le Marquis de «m. la Force, qui avoit l'honneur d'être de la Maison du Roi *, désira aller trouver sa Majesté pour lui en porter la nouvelle et la capitulation, et ce, d'au* tant plus qu'il avoit été longtemps absent d'auprès d'elle , ayant toujours demeuré en son armée. Il y fut donc dépêché par ledit sieur Maréchal , afin aussi de retirer les commandements de sa Majesté sur ce qu'il avoit à faire ; cependant il fait réparer la brèche de la ville, pourvoit aux défauts et fait raser les tranchées qui avoient été faites au dehors. Je ne veux omettre que madame la Maréchale de la Force, qui étoit à Metz, l'avoit suivi en l'armée, ensemble la Marquise de la Force et la femme 2 de son petit-fils de Boisse , qui n'y furent pas inutiles, car elles prenoient un grand soin des blessés et "visitaient souvent les hôpitaux pour les faire tenir en bon état. Il avoit auprès de lui trois 3 de ses enfants, ayant charge, et deux de ses petitsenfants, fils de son puîné 4 , qui se trouvoient con-

1 On a vu plus haut que son père lui avait cédé la charge de Mattre de la garde-robe dont le Roi l'avait gratifié pour la campagne de Languedoc.

2 Louise de Saint-George de Vérac. Elle ayait épousé Jacques de Caumont Marquis de Boisse, fils atné du Marquis de Castelnaut et de Marguerite d'Escodéca Dame de Boisse.

3 Les Marquis de la Force, de Tonneins et de Castelmoron.

* Les Marquis de Boisse et de Cugnac, fils du Marquis de Castel-

96 MÉM0UŒ3 BfU DOC DE LA VOICE.

tinueilement à l'occasion, et dont l'aîné commamdoit sa compagnie de chevau-légers en qualité de lieutenant. Durant le siège, il avoit incessamment? des avis qu'il se préparait de grands armement*» pou* secourir cette place, soit du côté de Flandre et de. Luxembourg (et qne, Monsieur, frère dv Roi, y Teook lui-même eu personne), Mit du côté dt'taiie* par le Cardinal Infant qui publioit partout qu'il s'en venoit faire lever le siège; i& croyowat tous cette place devoir tenir au moins douze ou quinze mois, mais ledit sieur Maréchal en vint à bout à moins de deux. L'armée de Flandre s'amusa à aller prendre quelques petites placés autour de Mastricht, et fit des ponts sur la Meuse, au-dessus et au-dessous, pour le bloquer;

Lorsqu'ils savent la ville de la Mothe prise et l'armée du Roi libre , ils ne s'osent engager à rien; les uns et les autres temporisent. Sa Majesté ayant appris le bon succès de ce siège par le Marquis de la Force , en témoigne un très-grand contentement et lui fît tout le bon accueil qu'il se peut dire, avec démonstration fort expresse de la

naut. Le père Aufielme et plusieurs, autres, rapportent que le Marquât de Boisse fut tué devant la Mothe en 1634, et en cela, lia ae aoal> trompés, comme on le verra au chapitre xxi«, «usa mort», qui eut lieu eu 1635, est xacautéedans loua aes détail*.

OT1Œ m, GSAKTBS JQOU 87

grande satisfaction qu'elle avoit des bons services m* que lui raidoit son père , ainsi qu'il se peut voir par les lettres qu'elle lut écrivit, que nous avotts voulu mettre ici \ .........

Bientôt après, sa Majesté lui manda que pot»

donner quelque rafraîchissement à sou armée, qu'il la mît eu garnison aux meilleures places de Lorraine, en telle sorte néanmoins que l'occasion le requérant, il la pût remettre incontinent ensettK ble. Efi effets elle n'y eut pas demeuré dix ou douze jours, que sa Majesté lui envoie nouveau commai*» dément de la rassembler, lui redépêche ledit Map-' quis, son fils, avec ordre de marcher sur le Rhin 3 avec le principal corps de ladite armée et vingt pièces d'artillerie, et ordonne audit Marquis d'aller vers la rivière de Meuse, approchant de Liège, avec uu autre corps d'armée, composé de six mille hommes de pied des vieux régiments , d'environ deux mille chevaux et six pièces de campagne.

En ce même temps, l'armée de l'Empereur, commandée par le Roi de Hongrie 3 ; son fils, qui avoit

* Voir {Correspondant**, 4 ef 9 aùùt 1634) lei lettres du Roi et du Cardinal.

*«Voîr (CwrwjtondaWaw 30«<w« 1654) les instrnCttont da M y : qvrVltîi prescrivent de s*opposter au passage da Cardinal Infant, qni se proposait de se rendre en Flandre par l'Alsace on par Cologne.

* Après le meurtre de Wallenstein, qui eut lieu le 25 janvier 1SM,

lai. assiégé Ratisbonne, après plusieurs assauts, la contraignit de se rendre; de là il attaque Donawert, qu'il prit aussi , et vint après mettre le siège à Nordlinguen. Les armées des Suédois et Princes protestants étoient lors séparées vers la Bohême et Silésie; celles du Duc Bernard de Weimar * et de Gustave Horn * étoient de deçà; ils se disposent à donner secours à cette place, et pour cet effet se joignent ensemble, rallient tout ce qu'ils peuvent, et marchent vfers ladite place; ils trouvent l'armée de l'Empereur retranchée , ne laissent de faire attaquer quelques escarmouches et de les tater à bon escient, pensant les ébranler; mais la nuit les sépara. Les dits Weimar et Gustave Horn, qui croyoient avoir reconnu de l'étonnement parmi eux et quelques endroits où leurs tranchées n'étoient pas bonnes , délibèrent d'y revenir le lendeeieptembre. main matin et de les enfoncer tout à fait* Mais ils

l'Empereur avait donné le commandement de ses armées à son fils aîné l'Archiduc Ferdinand, Roi de Hongrie et de Bohême.

1 Bernard Duc de Saxe- Weimar; grand capitaine et propriétaire d'une armée, tantôt il faisait la guerre pour son compte, tantôt il était à la solde de Richelieu ou des Suédois. Il mourut en 1039.

2 Gustave Comte de Horn, Maréchal de Suède, l'un des lieutenants de Gustave-Adolphe. Il fut chargé par ce Prince de traiter de l'ai* liance avec la France en 1631; il était gendre d'Oienstîern, et fut échangé en 1641, contre Jean de Werth, après une longue captivité en Bavière, où il composa un ouvrage latin sur l'art de la guerre. Il mourut en 1657.

Page 1