‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 26 sur 114 · UVRE IH^ CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

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Bnssy *, qui en étoit Gouverneur, jusqu'à Cobleat»; ^Électeur de Trêves se trouva dedans, qu'ils prirent etemmenèrentà Luxembourg. Ledit sieur Maréchal se rendit à Metz pour rassurer le pays et garantir les places qui sont deçà k rivière de Moselle.

Il se rencontra que ce même jour monsieur le Cardinal de la Valetteyarrivaaussi, qui étoit pourvu au Gouvernement de la place et des Évèchés de Metz et deToul. Le& Espagnols ayant le passage de la rivière de Moselle libre, à peine commençoientils à courre de deçà et avoient attaqué quelques places, que ledit Maréchal ayant fait avancer quelques troupes, les fit démordre et retirer dans Trêves.

Deux jours après, le sieur Maréchal de Brézé, qui étoit en Lorraine vers Rambervillers, écrivit audit sieur Maréchal qu'il avoit eu commandement de sa Majesté de l'aller trouver avec la cavalerie qu'il avbit, et de joindre le sieur Maréchal de Châtillon 2 qui commandoit une armée aux environs de Pont-

1 Charles de Lameth Baron de Btrasy-Lameth, Maréchal de camp 4U 1634 ; i) défendit Eermannstein (E^renbreitenstein) pendant deux ans, et fut tué au siège de la Capelle le 10 septembre 1637.

2 Gaspard de Coligni, petit-fils de l'Amiral, nommé Maréchal de France en 1622 pour avoir rendu Aiguës- Mortes au Roi ; il avait épousé la fille de M. de Saint-Germain-Polignac et était beau-frère du Marquis de la Force.

à-Mousson; que s'il se vouloit rendre audit Pontà-Mousson, ils pourraient conférer tous ensemble des affaires, ce qui fut fait. Le Marquis de la Force, qui avoit eu ordre de mener vingt cornettes de cavalerie pour assister monsieur de Rohan, lequel il avoit conduit jusqu'au delà de Baie s'en allant à la Valteline, revint en même temps, et se trouva à cette Assemblée de Pont-à-Mousson, où le Cardinal de la Valette voulut être aussi.

Étant là tous ensemble, chacun se disposa à faire séparation des troupes qui lui étoient ordonnées; messieurs les Maréchaux de Ghàtillon et de Brézé avoient leurs rendez-vous à Méziéres, étant leur année destinée pour la guerre de Flandre. Avant qu'ils fussent préparés, arriva des avis que le Duc Charles de Lorraine avoit passé le Rhin à Brisach avec une. forte armée et s'avançoit du côté de Porentruy et deMontbelliard ; le Maréchal delà Force, qui voit que les Maréchaux de Châtillon et de Brézé prenoient avec leurs armées une autre route et même retiroient les troupes que le Maréchal de Brézé avoit vers Épinal, Remiremont et Mirecourt, se trouve bien empêché, ayant une armée fort fatiguée qui espéroit se reposer et avoir quelque rafraîchissement, d'être obligé d'envoyer les ordres partout pour la faire marcher, et y avoient des

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troupes qui n -étaient pas encore arrivées. Tant il tas. y a qu'il voit bien que la diligence y est requise; ~ il s'avance vers Rainbervillers, où il donne rendez- l9tvril vous à toutes les troupes, et lui s'avance avec quelques corps jusqu'à Épinal, et de celles qui furent les plus diligentes, en envoie promptement dans Mirecourt pour s'en saisir et de même à Remiremont; elles arrivèrent si à propos que ledit Duc Charles y fut une heure après pour s'en saisir, et y eut quelque combat avec des nôtres qui n'étoient pas encore entrés dans la ville; il tacha fort de les ébranler, mais il n'y gagna rien; après y avoir demeuré quatre ou cinq heures, il se retira vers la Comté de Bourgogne et se saisit de plusieurs châteaux de Lorraine vers la frontière du Bassigni, comme Conflans, Châtillon, Fontenay, Montreuil et Desme, où il n'y avoit pas de garnisons.

Le Maréchal de la Force, dès que l'armée qu'il commandoit l'eut joint aux environs d'Epinal et que l'artillerie fut arrivée, il donne le rendez-vous général, afin de bien connoître ses forces et de quoi il pouvoit faire état, et prend un méchant village tirant vers la Bourgogne, où il commence à faire camper toute l'armée; il trouve les régiments fort diminués et la cavalerie aussi, tant par les grandes fatigues qu'ils avoient reçues et de grandes mala-

«k . dies, qu'aussi sa Majesté faisant état que ses troupes se dussent rafraîchir, on a voit trié tout ce qui était de meilleur et en meilleur état pour la guerre de Flandre. Néanmoins ce qui restoit, fa i soit encore huit mille hommes de pied, prés -de neuf cents che- Taux et environ cinq cents carabins; il reconnaît en tous une si bonne disposition, puisque Ton aHoit vers les ennemis, et tant de courage, qu'il se résout d'aller droit où seroit le Duc Charles et tâcher de le combattre.

Comme il est en cet état, arrive monsieur le Comte de Nogent *, envoyé de lapartdu Roiavecdeslettres desa Majesté fort bonnes, et demonsieurleCardinal, et créance particulière pour lui témoigner sa bonne volonté et la satisfaction qu'elle avoit de ses bons services qu'elle vouloit reconnoître; cependant, pour satisfaire aux grands frais que sa Majesté savoit que lui et son fils, le Marquis de la Force, faisoienl tous les jours pour son service, qu'elle lui faisoit don de soixante-quatre mille livres et audit Marquis de trente-six mille livres. Parmi tout cela il reconnut bien par les discours du Comte de Nogent, qu on avoit tâché de lui rendre de mau-

1 Nicolas Bautru Comte de Nogent, créature du Roi «t de Richelieu ; il était d'une bonne famille d'Angers et frère de Bautru, bel esprit de son temps.

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