LIVRE HI, CHAPmiE XX
Tais offices, comme H y a toujours des envieux ; mk. œ qu'il lui confessa , mais avec assurance que cela avait été sans effet, et lui témoigna ne pouvoir souhaiter les bonnes volontés <le sa Majesté mieux disposées en son endroit, et qu'elle avoit toute txmfiaace en son affection et son expérience, et de •même monsieur le Cardinal, et qu'il pouvoit l'assurer que sa Majesté seroit ravie à son retour, apprenant le bon état auquel il F avoit trouvé, étant tout certain que l'on avoit fait courre le bruit qu'il étoit tout refroidi. Les dépêches qu'il en reçut depuis, témoignèrent bien le contentement que sa Majesté en avoit.
Il continue son chemin. Le deuxième jour, il va camper au-delà de Plombières, dont les ennemis étoient partis ; de là à Fougerolles, où il apprend 29 vmu de même que les ennemis en étoient partis; il s'avance jusqu'au delà de Luxeuil, ville de la Franche-Comté. Le grand nombre de cavalerie qu'avoient les ennemis, qu'ils faisoient monter à douée mille, mais assurément ils en avoient de huit à neuf mille, le faisoit toujours tenir fort serré, car incessamment ils paroissoient à droite et à gauche, à la tête et au derrière, et si pourtant ils lâchoient toujours le pied devant lui; tous ses logements étoient suivis de force alarmes, et toujours quel-
1635. ques escarmouches par leurs Cravates qui sont fort adroits à cela. Le grand désavantage qu'il en recevoii, étoit qu'il n'y a voit guère de valets qui s'écartassent pour aller au fourrage qu'ils ne fussent attrapés, aussi avoit-il défendu d'y aller sans ordre et sans escorte. Il lui étoit encore plus désavantageux que le pays lui fût contraire, les ennemis étoient toujours bien avertis par le moyen des paysans qui étoient à leur dévotion, au lieu que ledit sieur Maréchal ne pouvoit connoître de leur état qu'en prenant des prisonniers. Les avis qu'il avoit reçus du Gouverneur de Montbelliard, comme ils l'a voient bloqué, et de même les villes de Lure, d'Héricourt et de Blamont, lui font résoudre d'aller là; dès qu'il approche, ils quittent. Il s'en va droit à Lure et prend un logement à un quart de lieue au delà . Il apprend par le Gouverneur, nommé Lacourdarge, qu'il avoit jeté dans la place cinq ou six mois auparavant, que les ennemis étoient tous les jours à ses portes; mais apprenant sa venue, ils s'étoient retirés vers Béfort, et que ceux qui étoient autour de Montbelliard en avoient fait de même. Étant à ce logement, il a nouvelle que le Cardinal de la Valette devoit arriver le lendemain; il l'alla recevoir à Lure : ledit Cardinal lui dit qu'il étoit venu exprès pour être auprès de lui, et qu'il en avoit