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cieuse qui va de Lure à Melisey , où il les poursui- «is. voit toujours; enfin il découvre au bout de ladite plaine, prés dudit Melisey, sur une éminenee assez avantageuse, toute l'armée des ennemis en bataille, lien donne promptementavis audit sieur Maréchal afin qu'il fît avancer le reste de l'armée, -ce qu ? ii fit soudain, ordonnant au sieur Hebron, Maréchal de Camp, qui conduisoit l'arrière-garde, de foire marcher tout diligemment, et lui s'avance avec deux compagnies de gendarmes pour joindre son fils et reconnoître ht contenance des ennemis. Comme il approche, sondit fils lui montre leur armée et l'assiette qu'il avoit prise pour mettre la sienne en bataille, lui faisant remarquer qu'à cause que les ennemis étoient beaucoup plus forts encavalerieque lui, il avoit choisi cet endroit où la plaine étoit un peu plus serrée, y ayant un village à gauche, où passoit un ruisseau, et à la main droite quelques bois de haute futaie qui empêchoient que les ennemis ne pou voient venir par les flânes d'un côté ni d'un autre. Ledit sieur Maréchal approuve fort cette assiette et l'ordre qu'il avoit tenu, ayant déjà placé Tavant-garde en bataille, et en si bon ordre qtie cela rétenoit les ennemis, qui ne pouvoient juger ni bien reconnoître l'armée de sa Majesté à cause du bois à la main droite et du village à la
tus* gauche, où il y a voit des arbres et jardinages. Soudain que le reste de Farinée fut joint, tout fut mis en bataille, et l'artillerie placée; il n'y en avoit pas un qui ne fût bien disposé et qui ne donnât des témoignages de beaucoup de courage et de résolution. Il étoit environ trois heures après-midi, plusieurs de leurs Cravates s'avancent dans la plaine, . qui étoit large et spacieuse entre les deux armées: l'escarmouche s'attaque, force carabinades et coups de pistolet se tirent; le canon joue de tous côtés, mais ledit sieur Maréchal juge bientôt que les ennemis ne vouloient pas quitter l'avantage de leur éminence, où ils s'étoient placés, et qu'ils tâchoient de l'attirer à la plaine, où ils pourroient se prévaloir de leur grand nombre de cavalerie, ce qui le fit aussi tenir ferme dans sa place de bataille, et ainsi se passa le reste de la journée. La nuit venue,- un chacun fait bonne garde, et pour ne rien mépriser, le Maréchal ordonne que chaque corps travaille à se retrancher dans la plaine avec le pic et la pelle, et dans le bois avec des haches, pour joindre les arbres les uns aux autres.
Le lendemain au point du jour, un chacun se met sur les armes comme si l'on étoit prêt à donner la bataille; néanmoins, comme on jugea sur les
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dix heures que c'étoit la même contenance que le iw*. jour auparavant, on prit ordre de faire tenir une partie sur les armes en bon état, cependant que le reste repaîtroit sur le lieu, afin de se soulager les uns les autres. Ce jour-là les ennemis firent branler leur armée deux ou trois fois, faisant- avancer quelques escadrons à gauche et à d roite comme s'ils * eussent voulu venir aux mains; mais ce n'étoit que pour attirer l'armée du Roi, car ils se contentèrent de cela et de force canonnades qui à la vérité faisoient du mal, leurs canons étant sur un haut. La journée se passa encore sans autre chose, si ce n'est force escarmouches des Cravates, mais sans effet. De même le lendemain , sauf que le sieur Hébron, l'un des Maréchaux de camp, ayant aperçu que quelques Cravates s'étoient venus jeter dans un petit village à la main droite entre les deux armées, mais plus près de celle de sa Majesté, il fut résolu de les aller chasser; et, à cet effet, ledit sieur Hébron prend cinq ou six cents mousquetaires et les fait donner dans ledit village, que les autres abandonnent soudain, mettant le feu à quelques maisons. L'on remarqua cette journée-là beaucoup d'actions de l'ennemi qui faisoient juger qu'il avoit envie de déloger.
En effet, sur la mi-nuit, il vint quelques espions
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*m* qui rapportent qu'ils avoient retiré leurs canons, çt que leurs bagages avoient marche dès le soir.
34 mai. Cela nous fut reconfirmé le matin au point du jour, et que tout était déèogé sans trompette ni battre tambour, a y était resté que quelques escadrons pour faire la retraite. Le sieur Kéhron, qui étoit en jour, prend le corps de garde à cheval pour aller reconnoître, il trouve leur champ de bataille vide, et au fond de la plaine, vers le village de Melisey, voit quelques escadrons de cavalerie qu'il se résaut de pousser. Le Marquis de la Force, aussi Maréchal de camp, prend quatre on cinq escadrons pour le soutenir, et le sieur Maréchal, qui avoit fait mettre toute l'armée en bataille, le suit avec le reste. Gomme ils eurent passé le village de Melisey, qui est un pays de montagnes, bois et rochers, le sieur Hébron fait pousser leur cavalerie qui faisoit la retraite; arrivant à un détroit, il fut salué de quantité de monsqnetades par huit ou neuf cents mousquetaires qu'ils y avoiekit laissés pour favoriser leur retraite. Le lieu est fort avantageux en une montagne ronde fort droite, couverte de bois et de rochers; mais il ne laisse de passer outre et de continuer son chemin; on en fit autant au Marquis de la Force qui marchoit après lui, lequel se résout de les aller attaquer et de faire