‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 39 sur 114 · LIVRE m , CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE m , CHAPITRE XXI

poursuivit-on encore à leur retraite; il en fut pris mw. ou tué plus de trois cents, et tout leur bagage enlevé, les nôtres gagnèrent force chevaux; ensuite de cela, Gassion alla attaquer Charmes qu'il prit de force, et après Neufchâteau qu'il prit aussi, celui-ci par composition.

Le Maréchal de la Force ayant passé la rivière, attaque Vézelise, d'où cinq cents soldats des ennemis étoient sortis la nuit pour se jeter dans Vaudémont ; se doutant de cela, il y avoit envoyé cinq cents chevaux avec de l'infanterie sur leur chemin, mais ils furent passés; il n'étoit resté dans ledit Vézelise que cent cinquante soldats qui se rendirent le même jour.

Vaudémont, qui n'est qu'à deux petites lieues de là, étoit gardé par le colonel Béru qui commandoit pour le Duc dé Lorraine un régiment de cavalerie et un d'infanterie, faisant bien sept ou huit cents hommes; ledit Maréchal, sans perdre de temps, les alla reconnoitre, bien qu'il fît un rude froid et la terre couverte de neige, ce qui servit fort, car cette diligence étonna ceux de dedans.

Le jour d'auparavant, un capucin de Vézelise lui demanda permission d'aller audit Vaudémont et qu'il parlerait au colonel Béru. En effet, pendant que ledit Maréchal. faisoit le tour de la place,

tau. bien que ceux de dedans fissent bonne mine et tirassent force coups de mousquet, ledit capucin sortit et vint parler à lui, et lui fit entendre que le colonel Béru, s'il étoit assuré qu'on lui fit capitulation honorable, qu'il lui remettroit la place. Après quelques allées et venues , il demanda des otages et qu'il enverroit un de ses officiers pour traiter, ce qui fut fait, et le même jour la capitulation arrêtée ; le lendemain, il remit la place et sortit avec six ou sept cents hommes; il fut conduit jusques à la frontière du Comté de Bourgogne* Ledit Vaudémont est sur une montagne de rocher, en précipice de tous côtés, hors une tête où le fossé est coupé dans le roc, les avenues tout à découvert, de sorte que ce siège eût bien incommodé l'armée qui étoit déjà fort fatiguée à cause de la saison, et parce qu'il étoit difficile d'y faire tranchées, n'y ayant guère que le rocher.

Après ce coup-là, tout le pays se trouva délivré jusqu'aux montagnes de l'Alsace, n'y restant plus ni places ni troupes ennemies*

Ledit Maréchal dépêche vers sa Majesté pour l'informer de tout et recevoir ses commandements sur ce qu'il avoit à faire, et cependant commence à faire les départements pour mettre les troupes de l'armée en garnison, lesquelles étaient fort foti*

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