‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 38 sur 114 · LTVBE IH, CHAPITRE XXI. 16S · texte numérisé non relu

LTVBE IH, CHAPITRE XXI. 16S

main ils reçurent nouvelles du Gardinal de la Valette que Galas se retiroit et avoit fait partir son bagage et canon; qu'il alloit essayer d'entreprendre sur sa retraite. Le Duc de Saint-Simon, premier Ecuyer, le sieur de la Meilleraye, grand Maître de l'artillerie, elle Marquis de la Force, voulurent être de la partie, et prirent cinq cents chevaux pour se rendre promptement où étoit ledit Gardinal, poussant qu'on dût poursuivre Galas ; mais quand ils furent là, ils trouvèrent ce dessein rompu, parée que les ennemis avoient tiré pays et qu'il n'y avoit pas apparence de rien faire, ce qui les fit revenir.

Le Maréchal de la Force qui a avis que le Duc de Lorraine aussi se retiroit au long des montagnes pour s'en aller vers la Franche-Comté, ne veut perdre temps, donne le rendez-vous de son armée vers la Moselle, passe ladite rivière, à dessein de pouvoir couper çhepain au Duc s'il prenoit sa marche vers Remiremont, comme le bruit en étoit, et de nettoyer ces côtés-là de plusieurs levées des ennemis qui s'y étoient faites et avoient saisi plusieurs places, comme Charmés, Vézelise, Yaudemont, Neufchâteau et plusieurs châteaux assez forts. , II avoit envoyé quelque temps auparavant le colonel Gassion 1 avec son régiment de cavalerie de ce

1 Jean de Gassion avait gagné tous ses grades sous Gustave-Adol-

1W5. côté-là, pour trouver moyen de jeter des blés dans Chaté et Epinal, qui tefaoient pour le Roi, avec ordre de retirer les régiments de Menillet, de Navailles et de Bussy, qui étoient dans ledit Epinal; ce qu'il exécuta fort heureusement. Outre ce renfort, des troupes que le Maréchal avoit fait lever dans le Montbelliard et Porentruy, d'environ trois cents chevaux et autant d'infanterie, le vinrent joindre, de sorte que Jean de Werth ', colonel des Cravates, qui étoit passé de ce côté-là avec environ quinze cents chevaux, et avoit joint Clinchamps, Saint-Balmont et Florenville, qui en menoient bien huit ou neuf cents, le vinrent attaquer tous ensemble à Mirecourt, où ils ne firent pas bien leurs affaires, mais furent repoussés avec perte, et les

phe : Richelieu venait de l'attacher au service de France. Fils d'un Président du Parlement de Navarre, il sut par ses exploits seuls s'ouvrir une carrière qui n'était accessible qu'à la Noblesse d'épée ou aux grandes fortunes. Il obtint le bâton de Maréchal de France à peine âgé de trente-quatre ans , et fut tué quatre ans après au siège de Lens.

1 Jean de Werth, né à Werth en Brabant. Successivement Général au service de l'Empereur et du Duc de Bavière, il répandit la terreur par toute la France ; partisan audacieux , il ravagea la Picardie en 1636 ; mais battu et pris l'année suivante par le duc de Weimar, qui l'envoya à Paris, il devint l'objet de la risée populaire et le sujet de maints joyeux refrains. — Je m'en moque comme de Jean de Werth t % était alors une expression proverbiale fort en vogue. — Après quatre années de captivité, il fut échangé en 1642 contre le Général Gustave Horn.

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