‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 43 sur 114 · LIVRE m, CHAPITRE XXQ · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XXQ

leur bagage ; que c'étoit toujours donner réputa- *«3«. tion aux armes du Roi et de l'effroi aux ennemis; il le propose ! à Monsieur et au Comte de Soissons, L'on assemble le Conseil ; la proposition en étant faite, l'on y trouve mille difficultés, qu'il valoit mieux attaquer Roye, n'y ayant point d'apparence de le laisser derrière.

Le Maréchal de la Force, au contraire, disoit que c'étoit un effet d'autre réputation que Roye qui étoit place de peu de conséquence , et que dés que la garnison verroit que l'on auroit chassé les ennemis, et eux sans espérance de secours, ils se rendraient sans être attaqués. L'on jugea bien qu'il y avoit plus d'envie à cette opposition que de raison. La proposition de Roye l'emporta. L'armée s'y achemina, et en effet, dès que l'on eut tiré vingt-cinq ou trente volées de canon, ils se rendirent, mais il n'y eut plus moyen de faire valoir tsiepuanbw. l'autre dessein, l'on avoit perdu trop de temps. On fit grand bruit pour le vouloir continuer,, mais il n'y avoit plus d'apparence. Les ennemis avoient repassé l'eau, et c'eût été une corvée inutile, et plutôt

i Richelieu approuva fort cette proposition, et dit que le Maréchal de la Force insista beaucoup pour qu'elle fût adoptée. ( Collection de mémoires pour servir à l'histoire de France par Michaud et Poujoulat, 2° série, tom. ix, pag. 78.)

iaM# hôfiteuse que profitable, de sorte que Ton en demeura là; aussi fallut-il pourvoir à la place avant de s'éloigner.

La résolution fut prise de marcher droit à Péronne; la traite étoit trop grande, il fallut faire un logement entre deux. Le dessein étoit de passer la rivière de Somme et de .s'avancer vers les ennemis, qui étoient déjà si éloignés qu'il n'y avoit plus d'apparence de rien faire ; mais c'étoit toujours les pousser devant soi et les chasser hors de France.

En ce même temps arrive un courrier du Roi vers Monsieur, son frère, qui lui mande qu'il s'acheminoit à Roye, où il seroit dans deux jours, et qu'il lui envoyât promptement le Marquis de la Force avec seize cornettes de cavalerie, ce qui fut fait soudainement. Comme il fut arrivé, sa Majesté lui dit : Je vous ai envoyé chercher pour vous mettre en main une entreprise que Von m a proposée, laquelle je veux que vous exécutiez, m'assurant en votre bonne conduite, et que vous saurez trfo-bien disposer toutes choses. C est sur les forts que les ennemis ont faits sur les ponts de Corbie ; il y en a trois, mais il y a un gué où Von peut passer et leur gagner le derrière ; examinez le tout et le faites reconnoître, et ajustez si bien toutes choses que l'exécution s 7 en ensuive.

Ledit Marquis ne perd pas temps , il reconnoît

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