‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 42 sur 114 · livre m, CHAPITRE xxn · texte numérisé non relu

livre m, CHAPITRE xxn

ou quatre lieues en avant. Ce qui rassura merveil- tm. leusement tout le pays, et le pauvre peuple qui avoit tout retiré de deçà, commença à se remettre et à retourner visiter leurs maisons. Sa Majesté voulut aller elle-même visiter tous les passages de la rivière d'Oise, depuis Compiègne jusqu'à Pontoise, et fit sonder tous les gués et soudain les faire retrancher et y mettre de bons corps de garde; et aux lieux où l'on jugeoit que les ennemis ayant l'éminence de leur côté et pouvoient s'y placer avantageusement pour y dresser des ponts, l'on y faisoit travailler en diligence. Sa Majesté se reposoit de tout audit Maréchal, ayant assez éprouvé combien il pouvoit servir utilement; plusieurs aimant l'Etat, ne se pouvoient empêcher de dire que l'on avoit laissé en arrière ceux qui étoient expérimentés et capables de servir, pour en avancer d'autres qui mettaient l'Etat en hasard.

Comme l'armée commença à grossir et celle qui étoit devant Dole à s'approcher, sa Majesté résolut de joindre tout ensemble, tant ces deux-ci que celle que commandoit le Comte de Soissons, et donna commandement de tout à Monsieur, son frère, lequel fut mandé promptement. Étant arrivé à Senlis, sa Majesté y fit aussi venir le Maréchal

de la Force, et ayant appelé mondit sieur son m. 12

lésa, frère, elle lui dit : Je vous baille le commandement de mon armée, et le Maréchal de la Force pour être auprès de vous, que je tiens le plus expérimenté et le plus capable de mon Royaume, et le Marquis de la Force, son fils, aussi. Ils m'ont toujours tris-bien servi. Je désire que vous croyiez à ses conseils et le laissiez conduire.

Ledit Marquis qui étoit encore à la ville de Laon, fut mandé soudain; tous les jours sa Majesté tenoit conseil avec le Cardinal de Richelieu et les principaux Officiers pour pourvoir à tout ce qui étoit nécessaire et préparer l'artillerie 9 munitions de guerre et vivres.

septembre. Comme tout fut en état ; le rendez-vous fut donné au delà de la rivière d'Oise à Arson, où Monsieur et monsieur le Comte de Soissons se trouvèrent. Ces deux armées avec celle qui venoit de Dole, faisoient toutes plus de vingt-cinq mille hommes de pied et sept mille chevaux. Dés le propre soir un des espions du Maréchal de la Force, qui venoit du côté de l'ennemi, lui rapporte que Jean de Werth étoit encore deçà de la rivière de Somme, qu'il y avoit vu le soir auparavant tous leurs chariots et leurs femmes, qu'ils ne sauraient avoir passé de deux jours. Il juge cette occasion belle, que c'étoit un bel effet , quand on ne pourrait enlever que

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