‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 48 sur 114 · UVBK.UI, CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

UVBK.UI, CHAPITRE XXIII

rendez-vous de toutes les* troupes étoit donné , et *«*. promptement de se jelfcr dans le pays des ennemis, entre Caipbray et le Catelet, pour donner jalousie aux ennemis et faire diversion ' de ce côté-là, afin de favoriser le siège dudit Maréchal de Châtillon, et lorsqu'il aurait pris la place, il le viendrait favoriser à lui, pour faire un autre siège. Ledit Maréchal de la Force s'étant avancé jusqu'à la portée de canon dudit Catelet, fit camper là l'armée, et le lendemain la fit mettre en bataille pour en faire la revue, et leur fit à tfcus donner la montre.

Le propre soir, il reçut commandement du Roi * d'acheminer ladite armée vers Saint-Omer pour en favoriser le siège, à cause que ledit Maréchal de Châtillon se troiivoit foible, les ennemis s'étant as* semblés pour venir k lui.

SflBis perdre temps, il part le lendemain 9 , prend » j-n. 6on chemin par le milieu de la Flandre, passe à la vue de Cambray, de Bapaumê, d'Arras et de Renty, fait de si bonnes traites qu'il en arrive à une lieue prés dans six ou sept jours, et chemin faisant prend

* Voir {correspondances, S mai 1638) une lettre du Cardinal de Riehelieu*u Maréchal.

9 Correspondances, 8 Juin 1638.

3 Le Maréchal de la Force partit de son eamp de Saint-Martin, près dnCttelet, t*»e treize mille hommes de pied, trois raille cinq cents chevaux et douze canons. {Mercure. Fr aneoie , tome XXII, jpge 189

1638. plusieurs églises fortifiées et châteaux qui incommodoient fort les. frontière» de France. Etant ar-

îïjmn. rivé, ils se donnent rendez-vous entre deux *, le Maréchal de Châtillon etiui, pour conférer ensemble ; ledit Maréchal le presse fort d'entreprendre un quartier avec son armée, et qu'il auroit le choix; mais le Maréchal de la Fprce lui fit voir des lettres qu'il venoit de recevoir de sa Majesté, par lesquelles elle lui commandoit de ne s'engager^point au siège 2 , qu'elle vouloit que son armée demeurât libre, mais qu'il pouvoit se placer aux lieux qui seroient jugés les plus avantageux, afin d'appuyer ledit siège et de combattre les ennemis s'ils venoient pour secourir les assiégés, ce que ledit Maréchal lui offrit, et qu'il étoit là exprès pour l'assister de tout ce qu'il auroit besoin. Le Maréchal de Châtillon lui demanda quelque infanterie pour tenir un quartier, ce qu'il fit par trois régiments qu'il lui envoya, et le lendemain il l'alla voir à son siège, et visita tous ses travaux, et reconnut toute l'assiette de la place, où ledit Maréchal de Châtillon le mena lui-même; après ils tinrent conseil; tous les

1 Leur entrevue fut dans la vallée de Houle, où ils eurent «ne briève conférence et s'en retournèrent chacun en aon camp, ^tercure François, tome XXII, page 189.) »•

2 La conduite a> Maréchal fut approuvée par le Roi {Cmeipondances, }i, 24 et 27 juin 1688.)

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