LIVRE III, CHAPITRE XXffl
principaux officiers y furent appelés, entre autres, isss. les sieurs du Hallier, Lieutenant Général en l'armée, et de même le sieur d'Arpaj on. 11 fut résolu que le Maréchal de la Force s'iroit placer avec son armée à Eperlecques ! , qui est un petit village à une lieue» de Saint-Omer, sur le chemin d'Ardres, d'où venoient tous les vivres nécessaires pour la subsistance des armées, afin d'en assurer les convois; et à un quart de lieue de là, il y a un château nommé Rtiminghem, sur k rivière qui va de Saint- Omer à Gravelines, que les ennemis tenoient, et situé fort avantageusement^ ayant d'un côté une petite rivière fort marécageuse, et de l'autre un grand bois fort épais, et auprès dudit château une grande place fort spacieuse. La résolution avoit ^été prise de l'aller attaquer, pour l'importance du lieu à cause de la rivière eu il y avoit un grand pont,
* fi Le 25 juin, le Mareschafde la Force, qui avoit son quartier à Esperlèque, eut avis que les ennemis avoient paru entre Chaumontou et Iota vire, ce qui l'ayant fait résoudre d'aller à eux, il' commanda deux cents hommes tirés de* régiments des Gardes, de Piémon, de la Marine çt de Bourdonné, qu'il fit soutenir par le reste desdits corps, avec ordre de les attaquer, Ce qui fut exécuté si hardiment et avec tant d'heur, que plusieurs des ennemis écartez de leur gros furent tuez sur la plaça ou noyez dans un gros ruisseau voisin. S'étant toutefois ralliez d*là l'agu, ils revinrent aux nostres, lesquels, soutenus de leurs corps, combattirent près de quatre heures, et obligèrent les ennemis à repasser l'eau avec confusion, de sorte qu'il y en eut encore plusieurs de tuez et d'autres noyez. » {Mercure Françoi$> tome SSII, P*B* *W.)
il arrive un accident qui l'empêche. Le Maréchal de Châtillon avoit fait une dépèche au Roi pour l'avertir de l'arrivée du Maréchal de la Force avec son armée et des résolutions qu'ils avoient prises ensemble, mais surtout afin que sa Majesté laifit commandement de se joindre ensemble pour attaquer au siège, après qu'il auroit pris ledit Ruminghem, où il alloit préparer toutes- choses pour cet effet; le malheur arrive que son courrier est pris et toutes ses dépêches que l'on porta soudain au Prince Thomas, qui étoit campé avec son armée au delà delà rivière, entre Ruminghem et Bourbourg, qui ne perd pas temps. Soudain il passe l'eau sur le pont dudit Ruminghem avec la plus grande partie de son armée et fait un grand travail audit lieu, et de bons retranchements à toutes les avenues, de sorte qu'il étoit très-difficile de le pouvoir attaquer.
Ledit Prince Thomas, qui cherchoit tous les moyens pour se pouvoir placer sur ladite rivière en lieu commode d'où il pût couper nos vivres, alla de nuit attaquer une redouté que le Gouverneur d'Ardres avait faite sur une digue, entre des marais assez difficiles à aborder; il y mena six ou sept pièces de canon, et les pressa si vivement qu'il les eut forcés à huit heures du matin. Ledit Gouver-