‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 62 sur 114 · PASSE-PORT DU ROI A LA MARÉCHALE DE LA FORCE · texte numérisé non relu

PASSE-PORT DU ROI A LA MARÉCHALE DE LA FORCE

DE PAB LE KOI :

ao juin. Tous nos Lieutenants-Généraux, Gouverneurs de nos Provinces et villes, Baillifs, Sénéchaux, Vice-Sénéchaux, Prévôts, Juges ou Lieutenants- Colonels, Mestres de camp, Capitaines, Chefs et Conducteurs de nos gens de guerre, tant de cheval que de pied, de quelque langue et nation qu'ils soient; Maires, Consuls, -Jurats, Capitouls et Echevms de nosdites villes, Capitaines et Gardes des portes d'i celles, ponts, ports, péages, passages, juridictions et détroits, et à tous auxquels il appartiendra et auxquels ces présentes seront montrées, salut Ayant permis à la Dame Maréchale de la Force d'aller en ses maisons, non» vous mandonf et trti-

expressément enjoignons par ces présentes, que vous ayez à la laisser passer, aller, venir, tourner et retourner par chacun de vos pouvoirs et juridictions, avec ses gens, train et équipages, sans lui faire ni souffrir et n'y être fait, mis ou donné aucun trouble ni empêchement, ains toute la faveur et assistance dont elle aura besoin et vous requerra, car tel est notre plaisir. Donné à Toulouse, le dernier jour de juin. Signé : Louis. Et j>lu$ bas : De Loméhib.

LE ROI AU MARECHAL DE LA FORCE

U ehuge m . de TbémJnei a'accsmmoder le différend de MM. de la Force et de

Mon Cousin, j'ai appris qu'il s'est mu quelque différend entre vous et mou cousin le Comte de Gurson, à l'occasion des choses qui se sont ci-devant passées , ce qui tous pourront porter à quelque ressentiment, et donner sujet d'entreprendre par voie de fait l'un contre l'autre au préjudice de mes Editset déclarations, et du bien de mon service. Ce que désirant prévenir, j'écris à mon cousin le Maréchal de Thémines, que j'aurai à plaisir qu'il s'entremette del'accpmmodetnent de vosdits différends; sur quoi je vous ai voulu faire celle-ci, ainsi que je la fais semblable à mondit cousin le Comte de Gurson,'pour vous y exhorter de ma part, et d'oublier & mon exemple les choses qui se sont passées entre vous et mondit cousin le Comte de Gurson, et de vivre désormais en bonne paix et amitié comme mes serviteurs; et me témoignant en cela le respect que vous devez à mes commandements, vous ferez chose qui me sera fort agréable. Sur ce, je prie Dieu, mon Cousin» etc. Ecrit à Béziers , le 7' jour d'août. Signé : Louis. Et plus bai : PuELYPEAtrx.

»ti«i*

Entrée du Roi à Montpellier. - Plainte de M. le .Prince. - Réponse de S. M. — Gondé et Scbomberg se retirent mécontents. — Discrédit des Jéssites et de fetoPrlflce.

Je reçus hier votre lettre par laquelle ne mandiez point s novembre, que Monsieur se trouvât mal, ce que pourtant dUoit le mes*

i«92. sager q U i l'apportoit ; cela m'a fait croire que ce n'est pas s novembre •g ran( j> c hose. Je vis hier M. de Monbaron, qui avoit vu un gentilhomme catholique qu'il nomma, que mon frère de Castelnaut connolt, et qui est de ce pays , lequel venoit de la Cour et y étoit quand le Roi entra dans Montpellier. Il dit que deux mille hommes de la ville en sortirent en armes au devant du Roi, lequel y entra avec autres deux mille hommes, et après qu'il fut entré, les autres deux mille, qui étoient allés au devant, le suivirent; et un peu de temps après que S. M. fut arrivée, il fit sortir les deux mille hommes qui étoient entrés avec lui, et n'en garda que deux cents pour sa garde* Ce. même gentilhomme dit que Mgr le Prince se plaignant au Roi de cette paix, S. M. lui répondit : Que puisqu'il voyoit qu'ils'opiniâtroità ne la vouloir pas, que s'il ne l'avait pas faite, que plutôt que ne la faire pas f il la leur feroit encore beaucoup plus avantageuse. Il dit que mondit Seigneur et M. de Schomberg, qui ne la vouloit pas aussi, s'en sont allés fort malcontents ; et qu'on ne parle plus de Jésuites à la Cour, n'y ayant plus de vogue, et la raison étoit, à ce qu'il dit, que M. le Connétable avoit fait voir au Roi que Mgr le Prince et eux sont pensionnaires d'Espagne. Dieu vous garde de mal et vous "bénisse, et à tous ses enfants. A. de Caumont. Ce jeudi matin 3° novembre, à Cugnac.

P. S. J'oublioisdevous dire comme nous ouïmes tout hier tirer le canon ; mais depuis que le vent a changé, nous ne Voyons plus. Mon frère vient de recevoir une lettre deM. d'Oradour, qui lui mande que les deux armées, de mer se battent fort.

Le Duc d'Epernon insiste auprès du Parlement de Bordeaux pour la démolition de Caumont et de Fronsac. — Dédommagement offert a la Comtesse de Saint-Paul. - Combat i la RocbeUe.

Je vous fais ce mot pour vous dire que nous sommes arrivés en ce lieu; Dieu merci, nous y avons reçu assez bon accueil. J'y ai appris, comme M. d'Epernon demeura hier plus de trois heures au Palais; on m'a assuré que c'est pour la démolition de Caumont et de Fronsac, et qu'ils nommèrent des députés pour cela, n alla voir madame h Comtesse de Saint-

Paul, à laquelle on donne deux cent mille écus, se dit-on; je i* 22 * crois qu'il en faudroit promptement donner avis à Monsieur (de la Force). Il s'est passé quelque chose à la Rochelle; je ne sais si vous l'aurez appris : ceux de la ville se sont saisis . d'un navire qui apportait des provisions à ceux du port, et entre autres choses, grande quantité de bois et de pieux ; cela a obligé le petit Arnaut à faire des prisonniers, et a mis garnison à Surgères et Tonnay-Charente. Vous aviserez quand devrez faire votre voyage. Je demeurerai le moins que je pourrai ici , afin de vous voir bientôt. Dieu vous conduise et adresse, etc. A. de Caumont. A Bordeaux, ce dimanche matin, à six heures.

Accueil qu'il reçoit à la Cour. — Difficultés pour le maintien de la paix avec les Prolestants. — Mort de M. de Caumartin. — Disgrâce de Scbomberg. — Arrivée de MM. de Lorraine. — Froideur du Comte d Orrai. — Mort de madame de Saint- Germain. — Licence des garnisons de Guyenne. — Calomnies répandues contre M. de la Force. — Affaire de Caumont.— Changements s le Conseil.

Nous avons, Dieu merci, parachevé notre voyage heureu- ira. sèment, et vous puis assurer que j'ai eu l'honneur d'être 23 junior, très-bien reçu du Roi, avec beaucoup de témoignages de bienveillance, et de même des Reines. Je n'eusse osé me promettre la centième partie du contentement que j'ai reçu généralement de toute la Cour et des principaux Ministres de l'Etat. Quant au général des affaires, et pour ce qui regarde la paix, je vous avertirai que ce qui concerne Montpellier et le fort de la Rochelle, que cela n'est pas encore bien et donne sujet à plusieurs d'appréhender encore du mal; néanmoins, à ce que j'ai pu recueillir des plus clairvoyants et même de ceux qui ont part aux affaires, ils tiennent la paix être de durée, et assurent que la volonté de S. M. y est entièrement portée. A ma venue, j'ai vu arriver deux coups bien notables : l'un , la mort de M. de Caumartin, le Garde des sceaux, et l'autre, la disgrâce de M. le Comte de Schomberg, auquel le Roi fit commandement de se retirer chez lui, et sortit le même soir que j'arrivai, à une heure de nuit. Tout cela a fort donné sujet à toute la Cour de discourir, comme de deux grands changements arrivés fort inopinément. Le bruit commun est que l'on n'agréoit pas ses conseils violents, tendants au trouble, et que tout ce qui a le plus de part à la conduite des affaires, désirent le repos. A ce que je puis apprendre, les Reines s'y portent du tout. L'on donne aussi cette louange à MM. le Chancelier et de Puysieux, et hors les ecclésiastiques, on ne remarque aucun des Princes et Grands delà Cour, qui n'aient cette même inclination. Jamais le Roi

SI janvier.

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ne rendit plus d'honneur à la Reine, sa mère» qu'à présent : je ne l'ai encore pu voir qu'une fois, mais j'en demeure grandement satisfait. Je n'ai pu encore faire la moitié de mes visites. La Cour est fort grande; tous les Princes y sont, hormis M. de Vendôme. M. de Vaudémont et le Prince de Lorraine y sont arrivés cejourd'hui. Leurs Majestés ont tous les soirs les comédiens; mais hier, Mojfsnscn dansa un ballet fort beau, à ce que l'on dit, car je n'y fus point ; je m'en remets à nos enfants. Je ne sors point l'après-soupée; mais nous soupons fort tard : aussi l'on dîne à une heure après midi. M. le Duc d'Elbœuf a voulu que j'aille dîner chez lui ; il m'a fait l'honneur, et madame sa femme, de me donner tous les témoignages d'amitié qui se peuvent dire au monde : elle prenoit un grand plaisir de m'entretenir du passé et du temps du feu Roi. Le Comte d'Orval ne m'a aucunement fait savoir de ses nouvelles; au contraire» notre fille» sa femme» a fait prier son frère d'Eymet» qui la vouloit aller voir, de n'y aller pas. Je l'ai vu deux ou trois fois chez le Roi; mais il n'a jamais fait semblant de me regarder, et voyoit force gens d'honneur me caresser : je lui trouve la façon tout étonnée, Notre fils d'Eymet a vu sa sœur à Charenton; mais elle témoigne que le changement de son mari ne la sauroit ébranler. m janvier. J'écrivis hier soir ce-dessus. J'ai reçu vos lettres par CoU )inet» et vu l'affliction que notre fille la Marquise a reçue de la perte de sa mère, j'avois grande appréhension que cela loi nuisit, et loue Dieu de ce que me mandez qu'elle se port* bien. Elle a toujours témoigné avoir tant la crainte de Dieu, qu'il faut qu'à cette occasion elle le fasse paraître plus que jamais, et qu'elle considère l'offense qu'elle feroit de se préjudicier en l'état qu'elle est» et le regret perpétuel qui lui en resteroit, et à nous tous. Je suis bien aise qu'elle envoie La« vallade en ses maisons pour remédier à ses affaires autant qu'il se pourra; possible retirera-t-elle quelque chose de bon de celui qui lui veut faire entendre quelque chose d'important. J'ai ici la promesse faite k feu madame de $aint~Ger« main. Je suis bien marri des grands désordres qui continuent vers la Garonne, même par la garnison de Clairac» ainsi que M. de Gaillart vous a rapporté; M. le Connétable m'a dit de son mouvement que le Roi ayoit eu de grandes

US MAfiÊC. DE LA FOftCR A U MAHÉC. DELA FORGE.! 371

plainte» de ce côté-là, et des licences de ces garnison», et t * 3 ' qu'il y vouloit pourvoir. Je ue puis à mon arrivée que me ** ** nT,er ' conduire pour encore à ces affaires que fort retenu ment; mai» je prendrai le temps et les occasions pour y servir le plus utilement qu'il me sera possible. Je suis offensé que ceux de Tonneins ne se veulent autrement njder, et qu'ils , n'ont eu recours à la Chambre. J'ai appris ici que l'on a été si malicieux de par delà, que de mander ici tous les mauvais bruits que Ton y faisoit courre de moi, et que je faÎ3ois toujours le factieux. Je vous assure que je tiens à grande assistance de Pieu d'être venu ici pour remédier à tous ces méchants artifices. J'ai peu parlé de l'affaire de Caumont , mais j'espère qu'il ira bien ; c'est un grand point s'il est en l'état que me mandez. J'avois envoyé M. du Fraisse versM. le Comte de Saint-Paul, savoir s'il avoit agréable que je l'aliasse voir. Il lui a dit qu'il enseroit fort aise, et témoigne force bonne volonté, toujours les larmes aux yeux sur la souvenance de son fils. Depuis cette après-dlnée, M. de Longueville m'a envoyé un gentilhomme pour me parler de cet affaire; sur quoi je le suis allé trouver, et m'a dit mille belles paroles, et que M. le Comte de Saint-Paul avoit la même affection pour moi qu'il avoit toujours eue, et désiroit que madame la Comtesse en fit de même ; à quoi il vouloit travailler, et jusques alors il seroit bien aise que je n'allasse point chez lui, mais qu'il me verroit au Louvre et m'en entretiendrait là. On tient que M. et madame de Sully se sont faits catholiques, et doivent arriver en cette ville dans deux ou trois jours. On parloit de lui remettre les finances; l'on en avoit quelque opinion f mais cejourd'hui elles ont été baillées, à ce qu'on m'a assuré* à M. de la Yieuville, Capitaine des Gardes. 11 aura un bon aide que M. de Beaumarchais, son beau-père. L'on ôte aussi le contrôle à M. de Castille, gendre de M. le Président Jeannin, et le baille-t-on à M. de Champigny, Conseiller d'Etat, Les sceaux ont été remis entre les mains de M. le Chance» lier. Je vous assure que ce changement fait 'dire à tout le monde que la paix demeurera ferme, et vous assure que c'est le jugement que j'en fais. J'apprends bien que la haine dure toujours contre nous ; mais Ton trouve plus de difficultés et d'inconvénients à nous ruiner par les armes que non pal

1623. à nous souffrir, et véritablement je trouve les cœurs gran- «4 janvier. d emen t adoucis et désireux delà paix. Je prie Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde et à toute votre compagnie avec la continuation de ses saintes bénédictions. Ce 24 e janvier, à Paris.

* P. S. J'aijété averti que M. de Théobon étoit résolu de faire parler à notre fils le Marquis, et qu'il disoit n'attendre que mon partement des Millandes; il y faut prendre garde et en avertir notre fils. J'aurois grand déplaisir que, sans sujet et par un caprice, cet homme nous allât faire une boutade mal à propos : nous ne devons pas rentrer en de nouveaux malheurs.

Nouvelles de la Cour. — Nomination des Commissaires pour l'exécution de la paix. — Menaces du Roi d'Espagne. — Conversation avec la Duchesse de Roban. — Achat d'un carrosse. — La Force présente au Roi Je Comte de Roucy. — S. M. lui fait présent d'un faucon.

a février. Par celle que je vous écrivois par le trompette, je vous donnois connoissance bien au long de ce que j'avois pu recueillir de la disposition des affaires, et comme je jugeois toutes choses portées à la paix : depuis cela, ce que j'ai pu voir et apprendre m'y confirme bien davantage. Je vous puis dire qu'il m'a été grandement assuré par tous ceux qui ont le plus de part aux affaires, et qui gouvernent. Et en effet» tous les Commissaires pour toutes les provinces sont nommés pour faire exécuter la Déclaration du Roi sur la paix et recevoir les plaintes d'un chacun pour la Guyenne. Ont été nommés : M. Dobry, Maître des Requêtes, qui a épousé une sœur de la femme de M. de Pompadour, et le Vicomte de Pardaillan-Ûroze; mais sur le bruit qu'il s'est fait catholique, on y pourroitbien mettre M. de Vivans. L'on retranche fort de toutes les garnisons. Je n'apprends rien qui ne me fortifie en la créance de la paix , qui est la meilleure nouvelle que je vous puisse mander. Toute la Cour a été ces jours ici tous réjouis et échauffés sur ce que l'on tient que le Roi d'Espagne ne veut rien faire pour la Yalteline, au contraire qu'il est résolu, si le Roi s'en mêle, de s'y rendre lui-même avec qua-

rante mille hommes, et en envoyer autant sur la frontière pour nous attaquer par la Picardie. Il y a plus de six jours que M. le Connétable m'a dit cela lui-même, et cejourd'hui, un de mes amis m'a assuré que la délibération avoit été prise d'envoyer visiter toutes les places de Picardie pour y apporter Tordre qu'il faut. J'ai aussi appris que l'on fournit des sommes notables à MM. des Etats sur les entretenements que S. M. leur a toujours baillés; ce qui témoigne aussi qu'il y a quelque chose qui s'aigrit contre l'Espagnol. Je crois que toute la Noblesse de France accourt ici, car je n'ai jamais vu la Cour si grande. L'on parle de M. le Prince diversement : aucuns croient qu'il viendra; d'autres, qu'il ne viendra point; ce que j'en écrivois à notre fils est véritable. Je n'ai point vu M. le Comte de Saint-Paul chez lui, mais souvent au Louvre, et me fait toujours bon visage. Le Comte d'Orval se gouverne à l'accoutumée, plusieurs le trouvent mauvais et le blâment. J'entretins un de ces soirs assez longtemps la Duchesse de Rohan chez la Reine-Mère; je la trouvai fort aigrie au commencement, mais à la fin fort adoucie. On parle diversement de M. de Sully, et l'on dit astheure qu'il ne vient point. J'attends toujours s'il entreprendra quelque poursuite; plusieurs de qualité m'ont dit qu'ils le vouloient presser de s'accommoder, et même d'en parler au Roi pour lui en faire commandement; je verrai ce qui se passera. Plus je vais en avant, plus je reçois de contentement de l'honneur et bon visage que je reçois de Leurs Majestés et de toute la Cour. L'exercice est aussi libre àCharenton que jamais; j'y vis dimanche une fort belle assemblée, et ouïs un gentil personnage que le jeune ministre. J'ai acheté un carrosse de velours cramoisi en broderie fort beau, qui ne me coûte que six cent cinquante livres. Je vous assure que je crois que nous ne saurions mieux faire,après les couches de notre fille, de nous remuer tous de deçà, et nos principaux amis me le conseillent fort. Il semble que l'affaire de Caumont pour la démolition, demeure là. J'allai trouver madame la Princesse de Conty pour prendre son avis sur le deuil de notre fille; elle se chargea d'en parler à la Reine; depuis, madame la Duchesse de Chevreuse m'envoya ici le mémoire que j'ai baillé à notre fils «TEymet pour lui faire tenir. Il faut qu'elle mande ce qu'elle . m. 18

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P. 5. Dites à notre fils qu'à unecagéede feueooff de passage qu'on a portée au Roi, il n'y avoît que deux iawers de passage. & M. m'a fait l'honneur de n'en donner un, cl ML. d'Àtambureaa'a pronw éem'eft faire recouvrer un attire; je les y entrerra , si je trouve- le noyé» de les y faire

M. le Graa&eat arrivé cejouré'hBi, qui m'a kit un

de caresses*,

LB JCÀRQU1S DE LA.VOBGB À. Uk SABQBISB DA *À I6tt£E.

Tisite à M. d'Épernon. — Affaire de Caumont et de Fronsac. — Inquiétudes sur la durée de la paix. — Crédit de la Reine Hf ère et chi Chancelier. — Lettrr A Spiflola inteicaptée parle Princs d'Orange.

te féwier. Je viens d'arriver de mon voyage que nous avons fait, Dieu merci, fort heureusement. JTai été assez bien reçu de M. d'Epernon ; il n'est pas homme de fort grande caresse. Je vous écrivis dès que je fus arrivé à Bordeaux, et vous mandoïs ce que j'avois appris de l'affaire de Caumont et Fronsac, et que le fissiez savoir à Monsieur en diligence. Je lui en ai écrit trois lettres; je crois qu'il en recevra quelqu'une, et lui mandois fort au long ce que j'avois appris de cet affaire,, et les moyens d'y remédier; et quand il n'y auroit que celui-là qui est de s'opposer à ce que madame la Comtesse de Saint-Paul ne touche point cet argent, et demander qu'il soit mis en main tierce, cela est capable de Tarrêter, car elle n'y consentirait point (et c'est elle qui presse tout cet affaire), qu'en touchant l'argent. Selon ce que j'ai pu apprendre., on est résolu de ne démolir point le fort de la Rochelle , et crois.qull n'y a que cela qui nous puisse troubler la paix ; et peut-être changera t-on d'avis, car nous avons appris fort assurément <|ue la Reine-Mère gouverne fort, et que le Roi a une grande.créanceâ M. le Chancelier et suit ses avis, -et croit-on qu'il est grau-

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