LES GENS DE LA ROCHELLE A M, DE LA FORGE
de cette ville; ains nous envoyâmes aussitôt des députés en * Cour pour protester à S. M. de notre fidélité, subjection et ttl obéissance , la suppliant très-humblement nous octroyer par sa justice, en exécutant ses promesses, ladite démolition. Le Roi nous dit par celle qu'il lui plut nous écrire le vingtdeuxième dudit mois , qu'il veut et entend que nous soyons traités comme ses bons et loyaux sujets ; mais c'est lorsqu'on publie par affiches es bourgs de ce Gouvernement, défenses d'apporter bleds ni farines en cette ville, qui ne sont point levées quelque instance que nous en ayons faite, et quoiqu'on veuille dire, c'est à même temps qu'on travaille à grand' puissance de construire tout autour dudit fort de nouvelles fortifications; c'est encore alors qu'on triple la garnison d'icelui, qu'on le remplit de quantité d'armes et munitions de guerre suffisantes pour un siège; bref, c'est alors qu'on grossit tous les jours des troupes de gens de pied et de cheval. Nous envoyons courriers sur courriers pour nous plaindre à S. M. de telles procédures, nous nous contentons de presser par nos très-humbles supplications la démolition dudit fort; on pense nous fermer la bouche en disant que le Roi ne peut nous l'accorder en ce temps, d'autant que ce seroit contre sa dignité; comme si c'étoit contre sa dignité que d'accomplir ses promesses ; comme si les exécuter lorsque Mgr de Soubise proteste qu'il n'est armé que pour faire obéir le Roi contre ceux qui empêchent l'exécution de ce qu'il a si solennellement et si souvent promis, étoit contre la dignité royale; comme si rendre justice à ses sujets prosternés en toute humilité à ses pieds, ne requérant autre chose que l'exécution de ses promesses, c'étoit contre sa dignité que de les en faire jouir. C'est pourtant jusque-là où la malice artificieuse de nos ennemis se porte , et ainsi nous sommes réduits en grande perplexité, vu même que les accommodements naguère proposés par M. de Montmartin, Député général, nous éloignent la démolition du fort et la jouissance de nos privilèges , et généralement la sûreté des autres Eglises. Yoilà pourquoi, vu ce que dessus, nous sommes assurés, Monseigneur, que puisque nous sommes nécessités d'apporter tout ce qui est de nous et de nos amis pour résister vigoureusement à telles gens qui machinent notre ruine , vous
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•vouerez nos procédures, et même nous vous supplions trèshumMement de les appu j er et soutenir puissamment , selon les grands moyens que Dieu vous en a donnés. Cependant «011s supplions ardemment le Tout-Puissant qu'il vous comble 4e ses plus rares faveurs et bénédictions, et tâcherons à vous témoigner en toutes occurrences que nous sommes véritablement, Monseigneur, vos très-humbles et très-affectionnés serviteurs , les bourgeois et habitants de la ville de la Rochelle, et au nom de tous les Syndics d'iceHe, T. Goyer; M. d'Harriette ; Pierre d'Arriette ; Begaud. à la Rochelle , ce 18 e mars.