LE MARÉCHAL DE LA FORGE A MADAME DE CASTELNAUT
Le Roi lui accorde ton congé. — Félicitations de se revoir bientôt. — Groateane de la Comtesse de Lauzuo. — Envoi d'orangers et de citronniers an château de la Force.
Ma chère fille, je me servirai de l'occasion de ces deux hommes que j'envoie à la Force, pour vous donner de nos nouvelles, et vous assurer que je suis, Dieu merci, en bonne santé, et deux de vos frères qui sont ici, et vous dirai aussi comme le Roi m'a fait l'honneur de me permettre mon retour, et de m'aller un peu rafraîchir. S. M. me mande qu'elle envoie M. le Maréchal de Toiras pour me relever, et avoir le commandement de son armée. Je n'attends que son arrivée, que j'espère être dans sept ou huit jours, pour partir incontinent. Je reçus hier des nouvelles de ton mari, qui est à Paris; il se porte bien, et me mande qu'il croit faire encore là du séjour pour un mois ou cinq semaines, pour pourvoir aux affaires qui l'y ont mené, de sorte que j'espère de l'y voir, de quoi je me réjouis fort. Il m'écrit aussi que s'il croyait que j'y dusse bientôt aller, qu'il m'y attendroit, et il aura sa depuis sa lettre la permission que j'en ai eu de S. M. Ma femme et votre frère le Marquis (de la Force) m'écrivent aussi ; ils sont tous en bonne santé, Dieu merci, et m'attendent avec grande dévotion. D commençoit d'être temps ; il y a plus de quatorze ou quinze mois que je suis par deçà, et vous assure que nous y avons passé de bien mauvais temps, surtout dans les périls de la peste. Ce sera nous faire trouver le repos plus doux quand Dieu nous fera la grâce d'en pouvoir jouir; je prétends surtout que ce sera en nos quartiers, où j'ai si grande envie d'aller, que je t'assure, ma fille* que je n'en perdrai point de temps. Je vois bien qu'à mon retour en France, je serai obligé de demeurer quelque temps auprès du Roi , et qu'il nous faudra aussi pourvoir à plusieurs affaires, ce qui malaisément se pourra faire avant les grandes chaleurs, et je ne voudrois lors, à un si long voyage, mettre
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ma femme en chemin, à cause aussi des petites. Mats , Dieu .**• aidant, j'espère que nous partirons tous au mois de septembre, ^ mn ' car j'ai un grand désir que nous puissions nous voir tous ensemble, et nous réjouir en reconnoissant les grâces de Dieu, et yous prie de considérer ses merveilles envers nous, et les assistances qu'il lui a plu nous départir; on ne peut se représenter les ehoses qui se sont passées, sans admiration , son saint nom soit loué 1 J'ai été infiniment aise d'apprendre par votre frère de Tonneins votre bon état, il m'a assuré qu'il ne tous avoit jamais vu mieux porter ; je prie le Tout-Puissant tpi'il vous augmente de plus en plus ses saintes grâces , et vous maintienne en bonne prospérité et santé , avec toute la famille. Je me suis fort réjoui de la grossesse de notre fille, la Comtesse de Lauzun, et me tarde bien que je puisse voir le mari et la femme; Dieu les veuille conserver. Ce 1 er de mars, au camp de Rivolle.
P. S. Ma fille, jugez si j'ai bien envie d'aller à la Force, je tie songe qu'à prendre les moyen» de m'y réjouir. J'ai fait de deçà une emplette d'orangers et de citronniers, que j'envoie h la Force, presque tous portant fruits ; je vous prie envoyer à la Force pour douze ou quinze jours votre jardinier, pour -aider aies accommoder comme il faut. J'envoie un mémoire 4e ce qu'ils ont à faire , j'aurois très-grand déplaisir qu'ils me les laissassent perdre; il y en a bonne quantité , je vous en -ferai part, et à M. le Comte de Lauzun, s'il en veut. J'ai aussi envoyé des hommes pour les vers à soie.
LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Ordre de venir le trouver.
Mon Cousin, ayant toute satisfaction du fidèle service que u anu. vous m'avez rendu dans les occasions importantes où je vous ai employé, et dont vous vous êtes très-dignement acquitté, je vous ai voulu faire cette lettre pour vous faire connoltre le bon gré que je vous en sais, et vous dire que j'aurai à plaisir que vous me veniez trouver, assuré que je vous verrai de bon œil, et vous témoignerai encore de vive voix l'estime que je fais de votre personne et du mérite de vosdits *er-
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'*!• de troupes qui se doit rendre en mon pays de Champagne, d'envoyer quelqu'un près de vous pour y servir en qualité de Maréchal de camp, j'ai cru ne pouvoir faire un plus. digne choïi que du sieur Marquis de la Force, votre fils, tant pour leô preuves qu'il a ci-devant rendues de sa valeur et expérience en pareille charge, que pour la parfaite union et correspondance qui sera entre vous et lui, pour faire valoir mes intentions au bien et avantage démon service, et rendre vains et inutiles les desseins de ceux qui voudroient entreprendre au préjudice de mon autorité. A quoi m'assurant que par votre sage conduite, secondée du soin et de la vigilance de votredi t fils, vous saurez très-bien pourvoir , je prieraiDieu, etc. Ecrit à Monceaux, le 20 e jour d'août. Signé : Louis. Et plus bas : Phélypeaux.
Ordre de tailler en pièces les troupes de Monsieur.
) septembre. Mon Cousin, ayant été averti par le sieur de Bourbonne, l'un de mes Lieutenants en Champagne , que mon frère, le Duc d'Orléans, a logé quelques troupes dans les terres de surséance, lesquelles il seroit facile de charger, je vous fais cette lettre pour vous dire, qu'estimant que comme ce seroit chose avantageuse à mon service , je désire qu'incontinent icelle reçue , vous ayez (si vous le jugez nécessaire) à vous acheminer en personne en ces quartiers-là, avec tel nombre do gens de guerre que vous aviserez, pour attaquer lesdites troupes et les tailler en pièces , sinon vous donnerez ce commandement audit sieur de Bourbonne, pour l'exécuter promptement. Ce que je remets à votre choix et prudence, sur laquelle je me reposerai de cette action, pour la faire réussir ainsi que je le dois désirer , me faisant savoir quel en aura été le succès. Ce qu'attendant, je prieraiDieu, etc. Ecrit à Cornpiègne , le 9 e de septembre. Signé : Louis. Et plus bas : Phélypeaux.
Même sujet. — Demande d'une carte do pays. — Discipline à maintenir en passant sur les terres de Lorraine.
iTieptembre. Mon Cousin , sur ce qui m'a été ci-devant mandé que quelques troupes de mon frère, le Duc d'Orléans , étoient
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logées dans les terres de surséance, je vous ai fait savoir que »*• mon intention étoit qu'elles fussent attaquées par celles que 1, "* t « Bbre vous commandez, et vous ai envoyé , pour cet effet , et au sieur Marquis de Bourbonne, les ordres que j'ai estimés nécessaires, tant pour l'exécution de la chose , que pour la décharge que vous en eussiez pu désirer. Maintenant que ce même aVis m'a été confirmé, et que je juge que vous pouvez entreprendre avec facilité la défaite desdites troupes, je vous fais encore cette lettre pour vous ordonner de n'en perdre point le temps , et de suivre ce que je vous ai déjà prescrit être de ma volonté sur ce sujet, de quoi j'attends désormais des nouvelles et de celles dudit sieur Marquis de Bourbonne, auquel vous en avez communiqué. Cependant je désire que pour me donner plus particulièrement connoissance de la situation dudit pays de surséance, des lieux aux environs et des logements qu'on y pourroit faire, que vous m'en envoyez une carte, la plus exacte qu'il se pourra, afin que sur icelle je puisse être mieux informé des choses que vous me mandez, et des desseins que l'on pourroit faire en ces quartiers-là. De quoi me remettant sur votre soin et affection accoutumée, je prie Dieu, etc. Ecrit à Paris, le 17 e septembre. Signé : Louis.
P. S. Mon Cousin, depuis ma lettre écrite , j'ai reçu par Dindau la dépêche que vous m'avez faite du dix* huitième de ce mois, et vu le lieu et le mauvais état où sont à présent les troupes de mon frère, le Duc d'Orléans; j'ai bien consi*déré aussi que pour les attaquer, il faut passer trois ou quatre heures de chemin sur les terres de Lorraine et du Comté, ce qui n'empêche pas que je ne continue en Tordre que je vous ai donné de charger lesdites troupes dans les terres do surséance, si vous jugez le pouvoir faire. Par cette action, je ne donnerai aucun sujet de rupture, ni au Roi d'Espagne ni au Duc de Lorraine, comme il n'en est point arrivé entre nous quand ils reçurent la Reine, madame ma mère, et mon frère, en leurs Etats , et qu'ils donnent liberté aux troupes qu'ils amassent de passer et repasser en leursdites terres. En exécutant ce que je vous commande, je serai bien aise que vous ne fassiez point, s'il se peut, aucun logement dans ce qui appartient au Roi d'Espagne ni au Duc de Lorraine, mais que
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vous y passiez seulement, et viviez atee telle dfeeifiBne, que lesdits gens de guerre ne commettent aucun désordre. J'écris au sieur de Feuquièrc de vous aller trouver pour vous assister en cette occasion» avec le Marquis de la Force, votre fils, vous laissant la conduite de toute cette affaire , où vous n'entreprendrez rien qu'avec sûreté , de ne perdre aucune chose si vous ne pouvez défaire les ennemis , ce qui fait que vous y songerez , et assurerez votre retraite avec toutes les précautions qui se peuvent prendre et se pratiquent en teUes actions.
Si vous pouvez exécuter cette entreprise, je vous enverrai un Pouvoir tfntidaté, en la forme que vous le pouvez désirer , encore que celui que vous avez, et les lettres que je vous ai écrites , soient suffisantes pour votredite décharge. Signé: Louis. Et plu* bas ! Phélypeaux.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Il le remercie des avis qu'il loi a donnés et le prie de continuer sa correspondance.
28 ociohre. Monsieur, tant s'en faut que vos lettres me soient ennuyeuses pour leur longueur, comme vous me témoignez l'appréhender, qu'au contraire elles me sont très-agréables, puisque le plus grand plaisir que vous me puissiez faire, est de me donner part de ce qui vient à votre connoissance concernant le service du Roi. Je vous rends mille grâces. des avis qu'il vous a plu me donner, et vous conjure de continuer à faire le même de tout ce que vous jugerez important au bien du service de S. M. , vous assurant que je ne manque point à lui faire valoir le soin et F affection avec laquelle vous la servez, et que je ne perdrai aucune occasion de vous faire paroître par effets où j'en aurai le moyen* qu'il n'y a personne flui vous estime et soit plus véritablement, etc. Le Gabmnal de Richelieu. De Château-Tliierry, ce 28 e octobre.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Satisfaction du Roi de la défaite du régiment du cotonel Mars.
s novembre. Monsieur* il m'est impossible de vous exprimer le con-
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tentemedt que le Roi a tefu de l'heuneux anecè» dont vous loi avez donné avis, et de la façon ayeo laquelle vous vous êtes porté peur le bien de son service en cette occasion. £» M. se promet «pie oe commencement sera airivi d'effets aussi avantageux, et ce d'autant plus que Dieu a toujours béai jusqu'ici la justice de ses armes. Je l'en conjure de tout «ton cœur, et qu'il me donne le moyen de vous faire veir qu'il a' y a personne qui vous estime et soit plus véritablei#ent que je sut», etc. Ljb CajubInal de Richelieu. De Châ* teaù-Thierry, ce 5 e novembre.
LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FOBCE
MéoM sujet» ^Eovoi do sieur de ViHantmée. ~ ArgASt à distribuer au
cavaliers démontés.
Mon Cousin, j'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite par 6 novembre. le sieur de Belsunce, par laquelle et par le récit qu'il m'a fait de vive voix, j'ai su bien particulièrement le succès que vous avez remporté sur le régiment du colonel Mars. Ce que j'ai appris avec contentement, louant la diligence et bonne conduite dont vous avez usé pour vous prévaloir de cette action, de laquelle il me demeure grande satisfaction, et de ce que vous y avez contribué en votre particulier, comme aussi de ce que mes serviteurs qui sont auprès de vous,, y ont té* moigné de leur courage, fidélité et affection ; ce que je désire que vous leur fassiez connottre de ma part. Cependant je vous dirai que quand bien vous n'aure* pas attrapé les troupe* 4e TrouiUet pour leur faire recevoir le même traitement, leur fuite, faite sans doute avec désordre, ne peut apporter que beaucoup d'avantages à mon service. J'attendrai que vous me mandiez de vos nouvelles dur ce sujet, et la- facilité que vous aurez trouvée en l'exécution des ordres que je vous ai ci-devant en voyés, afin de vous fake savoir ensuite ce qui sera de mes volontés*
Quant aux prisonniers que vous avez pris dans le combat, le sieur de Villemontée, Maître des Requêtes ordinaire de mon Hôtel, que je vous ai envoyé , vous dira ce qui est de mes intentions, tant pour ce qui regardé la Corn» mission qui loi a été donnée, que de la sorte que je désire que les soldats et les officiers soient traités. Et pour donner
tàtoabre.
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plus d'éclaircissement en l'exécution de la Commission dndif sieur de Villemontée, je crois qu'il est à propos qu'il entende sur ce sujet le sieur de Nuise, qui est bien particulièrement informé de toutes les levées et pratiques qui ont été faites dans le Liège.
Je trouve bon au surplus que sur les deniers de l'année vous preniez jusqu'à quinze cents livres pour les distribuer à ceux qui auront perdu leurs chevaux en cette occasion , quoique le butin qui a été fait, dût en quelque sorte tenir lieu de récompense pour ceux qui ont eu part dans l'action.
J'ai fait venir ici Lapointe pour faire la charge de Commissaire des vivres avec cinq ou six autres officiers, que je ferai partir dès demain pour servir près de vous. J'estime qu'il ne leur sera pas difficile 'de trouver des bleds , quoique vous mandiez que le plat pays soit ruiné, puisque vous tenez le dessus et le dessous de la rivière. Je vous ai aussi envoyé les officiers de l'artillerie que vous avez demandés : ainsi vous aurez dorénavant la plupart des choses qui vous étoient nécessaires.
Encore que je vous aie ci-devant donné ordre de prendre des pics et autres outils dont vous aurez besoin, je vous dirai néanmoins que vous pouvez vous servir de ceux qui sont dans les magasins de Châlons ou de Verdun , qui en sont bien fournis, comme aussi de toutes autres munitions de guerre.
Pour le regard du fonds que vous demandez pour les travaux, ne s'en faisant point d'autres que des retranchements de camp, auxquels les soldats ont toujours été obligés de travailler pour rien, je n'estime pas qu'il faille grand argent pour cela ; néanmoins, s'il convient faire quelque dépense pour ce regard, vous la ferez avancer avec assurance que je vous en ferai rembourser. Je n'ai rien à ajouter ici davan— tage, me remettant sur ledit sieur de Belsunce de vous dire de mes nouvelles, et de vous assurer que comme il me demeure une entière satisfaction de vos fidèles services, je conserve aussi la bonne volonté que j'ai toujours eue en votre endroit. Sur ce, je prie Dieu, etc. Ecrit à Château-Thierry, le 6» jour de novembre. Signé: Louis. Et plus bas : Pmfr-
OTEAUX,
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LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE
du régiment de Trooillet. — Approbation de la lettre écrite au Gouverneur de Luxembourg. — Ordres relatifs à Sedan. j
Mon Cousin, je n'ai pas eu moins de contentement delà îeai.
poursuite du régiment de Trouillet, et du débandement qui en est arrivé, que de la défaite de celui de Mars, tenant l'un rendu aussi inutile, étant dissipé comme il est, que l'autre qui* a été du tout rompu. Je sais et reconnois combien en ces bons succès vous avez apporté de vigilance et de bonne conduite, dont je ne saurois assez me louer, approuvant les termes de la lettre que vous avez écrite au Lieutenant du Gouverneur de Luxembourg , et que vous publiez partout que mon intention n'est pas de rien entreprendre qui puisse altérer l'amitié et bonne intelligence que je veux entretenir avec le Roi d'Espagne, mon beau-frère, mais de châtier ceux qui s'approchent en armes des frontières de mon Royaume, pour faire des entreprises sur mes places. Vous continuerez de faire le même traitement à ceux qui se présenterorft ; et pour ce qui regarde Sedan, vous suivrez les ordres qui vous ont été portés par le Marquis de Saint-Chamond, me faisant savoir ce que le sieur d' Argencourt, que vous deviez envoyer vers ma cousine la Duchesse douairière de Bouillon, en aura rapporté. Cependant je vous témoignerai encore pour fin de cette lettre la grande satisfaction que j'ai de vos services , comme aussi des officiers qui sont sous votre charge , auxquels je désire que vous fassiez connoître le bon gré que je leur sais, attendant qu'ils en reçoivent les effets. Sur ce, je prie Dieu, etc. Écrit à Château-Thierry, le T jour de novembre. Signé : Louis. Et plus bas : Bouthillier.
7 novembre.
LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Ordre relatif à la protection accordée au Duché de Bouillon.
Mon Cousin, j'ai été bien aise de voir par les lettres que u novemire.
ma cousine la Duchesse douairière de Bouillon m'a écrites,
les assurances qu'elle m'a données de sa fidélité et affection
à mon service, tant pour sa personne et celle de mon cousin
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le Doc de Bouillon, que pour ce qui regarde la ville, château et Principauté de Sedan; et d'autant qu'ensuite de ce devoir je désire mettre les choses aux termes de la confiance qu'il est nécessaire que j'aie en leur obéissance et en leur service, et la leur donner semblable de ma bonne volonté et protection, tant pour leurs personnes que pour la place et Principauté de Sedan , je vous envoie un mémoire semblable à celui que j'ai fait bailler au secrétaire Justel lorsque je l'ai renvoyé vers madite cousine, par lequel vous verrez ce que je désire d'elle et du Duc, son fils, qui sont conditions ai raisonnables et si nécessaires en la conjoncture présente, que madite cousine jugera sans doute ne pouvoir désirer en mot une meilleure disposition que celle qui s'y rencontre; et pour en donner une preuve toute assurée, mon intention est, et je vous donne par cette lettre ordre exprès sans que vous soyez obligé d'attendre un nouveau commandement, qu'au même temps que ma cousine la Duchesse douairière de Bouillon vous aura donné assurance valable de faire accomplir et exécuter de point en point le contenu audit mémoire, vous ayez à faire déloger les troupes qui sont à présent dans ladite Principauté, et les retirer en mon Royaume. Je vous envoie une Commission scellée de mon grand sceau, pour, suivant les conditions de la protection de l'an mil six cent six 9 entrer dans la place avec tel nombre de gens de guerre que vous aviserez, et pour y recevoir de madite cousine, du Gouverneur de.Sedan, des officiers et gens de guerre, le renouvellement du serment qu'ils me doivent à cause de la protection. Vous aurez à faire cet office en la forme que vous verrez être plus convenable pour mon autorité et dignité, et retirerez actes desdits serments, que vous m'enverrez ; donnant aussi en mon nom à madite cousine, aux habitants et gens de guerre, toutes assurances de la continuation de ma protection, et que je leur en ferai jouir comme par le passé. Sur ce, je prie Dieu, etc. Écrit à Château-Thierry, le 11 e jour de novembre. Signe : Louis. Et plus bas : Bouthillier.