LE ROI AU COMTE DE SAINT-PAUL
BftUflftiur torowilede Komtect. - Justification de I» cendoit» de 8. II — KxildelaReioe Hère.
i6$i. Hon Cousin, cornue je croyots avoir sujet d'espérer qne si ttvriar. t^ ^ travaM que j'ai depuis quelques années continuent ment supportés pour le bien de cet Etat que Dieu a saisis à ma conduite, seroient approuvés et secondés par ions cens qui sont auprès de moi, j'ai été bien étonné lorsqm'apÉts avoir abattu la rébellion de la Rochelle et de toutes les viMas qui hii adhéraient, rétabli la Religion catholique en tontes Isa provinces de mon Royaume, secouru par deux lois mes aWès en Italie, et remporté des avantages qui me mettent en état de ne devoir porter envie à mes prédécessenrs, quelques *irisions domestiques qui ont été méditées par de mauvais esprits et quelques particuliers, pendant que j'étoi*du<toutaoeu pé aux grandes affaires dont on a vu le succès, m'*at empêché de jouir de la tranquillité que je me devois jm* mettre avec raison, et de procurer dans icelle le aoulaptnent que je désirois à mes sujets. Reconnossant oe mal, qui tn'a été d'autant plus sensible qu'il m'a privé pour >le présent du fruit de mes soins et de mes peines, qui n'ont atffee Un que la décharge de mon peuple, «que j'ai toujours eue en l'esprit comme le but de toutes mes actions, je n'ai rien afr- Mié de tout ce qui m'a été possible pour y apporter gremèie; •et parce qu'on avoit aigri la Reine, madame ma mère» «notre mon cousin le Cardinal de Richelieu, il n'y a instante que je n'aie faites-prière ni supplication que je n'aÎBemployô», ni considérations publiques et particulières que je n'aie unes en avant pour adoucir son esprit. Momht cousin recoanoissni ee qu'il lui doit par toutes sortes de considérations, <a ffakiaut ce qu'il a pu pour «a satisfaction, se soumettant, avec toute l'humilité possible et tous les respects imaginables, àtelfes flois qu'elle aurait agréable de lui prescrire; ce que je dut «à offert plusieurs foie de ma propre bouche. La révéreneeqn?a a pour elle, la môme porté jusque» à ce point «de uneuBjk pliera presser diverses fois de trouver bon qn'il«e vetôit •*i maniement de mes affaires; ee que l'utilité de seB services passés et rintérôldemonaotorité, n&m'a pa* seulement par-
LOUIS XIH At5 COMTE DE SAINT-PAUL. ft&S
\ ûq penser à lui accorder. Je n'ai d'autre part rien omis i$i« peur contenter l'esprit de mon frère, le Duc d'Orléans, jus*- a ques à donner à ceux qui ont le principal pouvoir auprès dé lui, selon son désir, plus de biens que l'état de mes finances ne pouvoit porter, et des honneurs au delà de ce qu'ils de»voient raisonnablement se promettre; mais tout cela n'a pas «npèehé qu'ils ne l'aient fait sortir de la Cour, estimant qu'une personne de sa naissance étant éloignée de moi, au même temps que madite dame et mère y demeuroit témoignant du mécontentement, il seroit difficile que je pusse, quelque adresse qu'on y pût apporter, conduire mes affaires aux bonnes fins que je me propose pour la prospérité de ce Royaume, sa grandeur, et le bien de mes sujets, vu principalement les affaires que j'ai encore au dehors. Pour cette raison, étant après une longue patience venu en cette viHe de Compiègne, afm que la Reine bien intentionnée de soimême, éloignée par ce moyen de beaucoup de mauvais esprits, conspirât plus facilement avec moi aux moyens juste? ft raisonnables pour arrêter le cours des factions qui se fornaeient en mon Etat, ce dont je l'ai fait supplier par de mes principaux Ministres sans qu'elle ait voulu y entendre; j'aî enfin, à mon grand regret, été contraint de tenter un remède ■plus puissant à ce mal, que j'ai jusques à présent éprouvé si rebelle aux plus bénins que j'y ai apportés ; et reconnoissant qu'aucuns îles auteurs de ces divisions continuoient à les entretenir, je n'ai pu éviter d'en éloigner quelques-uns de ma 'Cour, ni même, quoique avec une indicible peine, de me «épater pour quelque temps d'elle, pendant lequel son esprit -puisse s'adoucir et se remettre en état de concourir, avec k «hwérité qu'elle a faite par le passé, aux conseils que f aura» à prendre à l'avenir pour garantir ce Royaume des maujc qpn" le menacent, lorsqu'il devroit recueillir le fruit de mes <hbeurs. J'espère que la bonté de son nature* ramènera son esprit et la réunira bientôt à moi ; je le demande à Dieu de tout mon cœur, et qu*il ^bénisse les bonnes intentions que faî pour cet État, ainsi qu'il a fait par 1e passé. Cependant "Je désire que vous informiez de cette nouvelle mes principaux serviteurs, et ceux dans détendue de votre éharge auxquels 'vous jugerez à propos d'en donne* connolssance. Sur
M* COltBESNMraANGES.
«e, je prie Dieu qu'il vous ait, mon Cousin, etc. Écrit à Cou*» *ffcitar. piègn^ le 28 e jour de février. Signé : Louis. Et plut ba* : Phélypeaux.