MÉMOIRE POUR M. LE MARÉCHAL DE LA FORCE
Ledit sieur Maréchal saura que le Roi aura bien agréable toférrur. qu'ensuite du succès arrivé par sa bonne conduite en la réduction de la ville de Haguenau et du château deHobard, il tâche de lui rendre le même service pour la ville de Brisach.
S. M. se remet aux moyens que ledit sieur Maréchal estimera plus convenables pour arriver à cette fin , comme étant
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*•*• plus proche de ces quartiers-là, at ayant plus de connoia* sauce de ceux qui peuvent y avoir des habitudes.
S M. estime qu'il seroit bien à propos de faire entendre au Comte de Salin, par quelque homme capable, et auquel il paisse prendre confiance, qu'il ne faut pas douter et que Ion est bien averti que les Suédois mettront dans peu de temps 1* siège devant cette place, maintenant qu'ils ne voient plus d'apparence qu'elle puisse être secourue après la mort du Duc de Feria et la dissipation de son armée; et dans le déclin où sont les affaires de l'Empereur, que quand le siège y sera mis une fois, ils ne pourront éviter à la longue l'accident de Philippsbourg, et qu'ils feront beaucoup mieux de prévenir cet inconvénient en remettant cette place au dépôt du Roi, ainsi que Haguenau, sous les mêmes conditions de la rendre à l'Empereur par un traité de paix, préservant par ce moyen tous les pays voisins dudit Brisach, de l'un et de l'autre côté du Rhin, d'être exposés au péril que la Religion catholique et l'autorité de l'Empereur en soient bannies pour toujours. Pour faciliter ce dessein, ledit sieur Maréchal peut assurer que S. M. fera bailler comptant, soit audit Comte de Salm ou à celui qui commande dans Brisacb, et à ceux que ledit Comte jugera mériter récompense pour ce sujet, une notable somme d'argent jusques à cinquante ou soixante mille écus, et plus s'il le falloit; ce que ledit sieur Maréchal ménagera en telle sorte , qu'il se réservera à lui seul la connoissance de cette somme, de peur que les entremetteurs ne s'engagent à plus qu'il ne seroit besoin, sans avoir égard à la disposition des esprits et à la juste nécessité. Toutefois ledit sieur Maréchal pourra faire donner parole audit Comte et ses autres adhé* rents, de ladite somme ou de plus grande, si ledit sieur Maréchal juge qu'il le faille ainsi , et qu'il y ait sujet de croire que ledit Comte et ses amis marchent sincèrement, et aient la volonté et le pouvoir de remettre ladite place.
Ledit sieur Maréchal aura aussi égard que cet affaire soit conduit avec telle prudence et secret, que lçs Suédois on antres Protestants n'aient connoissance que le Roi ait a* dessein, ou m moins qu'on le puisse nier sans prouva m£* fiaanfte.
& ML recommande fort particulièrement audit sieur Ma*