‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 87 sur 114 · MÉMOIRE POUR LE MARÉCHAL DE LA FORGE. &A · texte numérisé non relu

MÉMOIRE POUR LE MARÉCHAL DE LA FORGE. &A

réchal qu'il fasse mettre un ordre bien exact dans Haguenau

et Hobard , et Saverne quand cette ville sera en l'obéissance ********

de S. M., à ce que la discipline entre les gens de guerre

soit bien observée» et que l'on donne sujet aux Catholiques

voisins de se louer de ses troupes par le bon traitement qu'ils

en recevront. Il faut aussi acquérir la bienveillance de la

Noblesse proche desdits lieux, et leur donner assurance que

S. M. ne désire que leur conservation» et ne prétend accroître

ses Etats, mais se joindre avec eux pour les maintenir en la

possession de leurs biens et franchises, et principalement en

ce qui regarde la Religion catholique, en quoi il faut éviter

que les Protestants n'aient fondement de se plaindre que

S. M. préfère les Catholiques à eux, même en ce qui regarde

les intérêts temporels, étant à propos de leur faire connoître

que l'on ne le fait que pour garder la capitulation qu'elle a

faite en recevant lesdites villes, et les retirer de la dépendance

d'Espagne.

Il ne faut pas aussi manquer à prendre garde que les troupes qui seront dans lesdits lieux de Haguenau, Saverne ou autres, n'apportent point de dommage aux terres et biens des habitants de Strasbourg, et autres villes et châteaux appartenant à la Noblesse protestante , quand même il seroît besoin de mettre garnison en quelques lieux pour la sûreté des passages et des avenues.

Ledit sieur Maréchal tiendra correspondance, et fera que les commandants dans lesdites places, de la part du Roi, Paient aussi avec le sieur de l'Isle, Résident pour S. M. dans Strasbourg, auquel S. M. écrit pour ce sujet , afin qu'il s'y comporte selon que requerra son service.

Ledit sienr Maréchal saura que ledit sieur de l'Isle a un accès particulier avec le Comte de Salm et le Chancelier de FEvêché de Strasbourg, et qu'il pourra servir pour ménager avec eux ladite affaire, si ledit sieur Maréchal n'a en main des personnes plus propres pour cette entremise. Il faut témoigner de la part du Roi grande confiance auxdits sieurs Comte et Chancelier, et les assurer de pensions s'ils en veulent prendre.

Si les Impériaux veulent remettre auRoiRouffach,Thann et Béfort, ledit sieur Mar^hpl les pourra accepter, s'il juge

10 «trier.

*«H. que ces lieux-là puissent être conservés contre de médiocres troupes, et qu'ils puissent servir à couvrir les autres places principales, et à élargir l'armée du Roi sans l'étendre par trop ; et sur les doutes qu'il en pourroit avoir, il informera pleinement S. M. de l'état des susdites choses, afin qu'elle prenne ses résolutions plus mûrement; en sorte toutefois que ce délai ne puisse faire perdre quelque occasion considérable, si ledit sieur Maréchal le juge ainsi. Fait à Chantilly, le 10 e jour de février. Signé : Louis. Et plus bas : Bouthillier.

H. DE BRASSAC AU MARÉCHAL DE LA FORCE

Négociations secrètes pour retirer la Duchesse de Lorraine des mains du Cardinal François.

ii février. Monsieur, je viens de recevoir celle qu'il vous a plu m'écrireen date du treizième du courant ; vous aurez maintenant vu M. d'Espenan, et su par lui ce que la Duchesse * (Nicole) amande il y a longtemps auRoi; hier elle me manda qu'elle étoit tellement éclairée, qu'il n'y avoit point moyen qu'elle pût aller vers moi. Je me doutois toujours bien de cela; c'est pourquoi, ayant appris par ledit sieur d'Espenan que vous aviez charge de mettre garnison en tous les lieux de Lorraine, je jugeai que cela donneroit appréhension au Cardinal, et qu'il pourroit peut-être faire conduire la Duchesse ou à la Mothe, ou à Thionville, ou vers Luxembourg, et par ainsi, j'estimai que vous trouveriez à propos , vu ledit ordre , de mettre quelques troupes sur ces chemins, éloignées néanmoins de Lunéville pour ne donner aucun soupçon , et avec tel secret que le Cardinal n'en pût avoir aucun avantage, de peur même, non-seulement qu'on ne la transporte; mais de sa vie, delàquelle quelquefois l'on a eu appréhension. Je fais tout ce que je peux pour faire que la Duchesse puisse sortir de Lunéville sous quelque prétexte, et la faire venir à Nancy, suivant l'intention du Roi. J'ai mandé à S. M. ce que je vous avois écrit touchant cela , et je vous supplie encore d'éviter tout soupçon et garder le secret.

J'appris hier au soir que M. de Lorraine est à Thann, ou

1 Tous les noms de lieux ou de personnes étaient en chiffres.

LOUIS Xm AU MARÉCHAL DE LA FORCE. $97

du moins y étoit vendredi. Je crois qu'ayant Lure à son coin- *«* mandement, il espère de tourner quand il lui plaira vers 1T fctriir * Besançon ou continuer son voyage en Bavière; pour ses troupes, elles sont toujours aux lieux où je vous ai mandé. Voilà, Monsieur, ce que je vous dirai maintenant, outre que je me suis extrêmement réjoui de Saverne et de Haguenau; je crois que le Roi et Mgr le Cardinal en auront reçu beaucoup de contentement. Je ne faudrai point de vous faire savoir ce qu'on me mandera touchant l'affaire ci-dessus. Je demeure sans cesse, après vous avoir baisé très - humblement les mains, etc. Brassac. A Nancy, ce 17 e février.

jP. S. Monsieur, si vous revenez à Metz et rameniez l'armée de ce côté-là, il ne seroit pas bon d'envoyer des troupes sur les chemins que je vous écris, car ce seroit donner soupçon trop visible comme vous jugerez bien; mais si vous vous épandez partout ce pays, c'est en ce cas , car lors on ne sauroit rien soupçonner, ou bien que vous ayiez ordre de mettre garnison en tous les lieux de Lorraine.

Depuis tout ceci écrit, j'ai appris que M. de Lorraine est à Busan, dernier village de la Lorraine.

LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE

M. Isaac de Saint-Simon Gouverneur de Saverne.

Mon Cousin , j'ai fait expédier mes lettres patentes en t mm. forme de Commission, au sieur Isaac de Saint-Simon, gentilhomme ordinaire de ma chambre, pour commander dans la ville et fort de Saverne, et dans le château d'Hobard proche ladite ville , dont j'ai voulu vous donner avis par la présente, afin que vous donniez ordre au sieur de Perigart, lieutenantcolonel du régiment de Navarre, qui y commande à présent, de mettre lesdits lieux entre les mains dudit sieur de Saint- Simon, auquel mes gens de guerre, qui sont à présent en garnison en iceux, auront à obéir suivant mesdites lettres de Commission. La présente n'étant à autre fin, je prie Dieu, etc. Ecrit à Sentis, le 3 e jour de mars. Signé : Louis. Et plus bas :

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