MÉMOIRE POUR LE MARÉCHAL DE LA PORCR A
et de Donawert, l'entrée qu'elles ont faite dans la Franco- *«*• nie, et les avis qu'on lui donne de tous côtés du dessein *° "*'' qu'a le Cardinal Infant de passer en Flandre par l'Alsace ou par Cologne, comme aussi la foiblesse des armées commandées par le Maréchal Horn et le Duc de Weimar pour s'opposer aux desseins de leurs ennemis, et le mauvais état où se rencontreroient ses alliés si sadite Majesté ne témoignoit vouloir prendre soin de leurs affaires, elle a jugé à propos de donner ordre audit sieur Maréchal de la Force d'assembler son armée en diligence suivant le projet qui lui en est envoyé, laissant l'autre partie dans les lieux les plus commodes de la Lorraine, sous la conduite du sieur Marquis de la Force, à qui le Roi a commandé de partir dans deux jours.
Le sieur Maréchal saura que le dessein du Roi est qu'il se tienne prêt pour s'opposer au passage du Cardinal Infant selon les ordres qu'il en recevra plus précis, et cependant qu'il avance ladite armée à deux ou trois petites journées du Rhin, au lieu qu'il jugera le plus commode pour la faire subsister entre Brisach et Coblentz, s'approchant de l'une ou de l'autre ville, selon les avis qui lui viendront de la route que prendra l'armée du Cardinal Infant, dont il aura soin d'être bien informé , et mandera souvent des nouvelles à S. M. de tout ce qui viendra de plus important à sa connoissance pour recevoir ses ordres selon les occurrences.
Ledit sieur Maréchal peut bien juger que celui que le Roi lui donne d'assembler son armée, est pour donner chaleur à nos alliés et jalousie aux Impériaux et Espagnols, de sorte qu'il ne se déclarera point de la charge que S. M. lui donne, mais il laissera à penser qu'il n'est pas là inutilement; que si les Suédois envoient devers lui pour savoir ce que S. M. lui a commandé de faire, il leur répondra généralement qu'ils doivent s'assurer de sa bonne volonté et dû désir qu'elle a de procurer, en tout ce qu'il lui sera possible, l'avantage de ses alliés ; que sa marche vers ces quartiers-là n'est que pour cet effet, et que de jour en jour il attend les commandements de S. M. plus précis, laquelle attend des nouvelles du sieur de Feuquiére sur les résolutions qui se prendront par delà.
Cependant dès cette heure on mande audit sieur Mare-
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chai que si le Cardinal Infant passe dans l'JUs^ee, et que Jea m août. Suédois lui envoient trois mille chevaux et trois ntUefeommai de pied, il prenne un poste avantageux pour les conbaOro et le fasse actuellemeièt «î l'occasion s'en présente. Si les Suédois refusent ce secours, ce dont ledit sieur de Fouquièse kû donnera avis, ledit sieur Maréchal en avertira prompte** ment S. M. pour savoir ee qu'il aura à faire*
Pour faire cennottre audit sieur Maréchal la confianoe qu'on a en lui, et plus particulièrement les intentions de & M., on lui envoie la copte du Mémoire qui a été dressé à AL de Feuquière sur les occasions présentes, ce qu'il tiendra fort secret.
S'il arrivoit que le Cardinal Infant, ou autre chef de su part, envoie lui demander passage, il ne répondra autre chose, sinon qu'il n'a point d'ordre pour cela, et qu'il se faut adresser au Roi, et cependant tiendra ses troupes en boa état pour ne se laisser surprendre, et être plus prompt pour exécuter ce que S. M. lui commandera. Fait à Chantilly, le 30 e jour d'août. Signé: Louis. Et plus bas : Bouthillibm.
UÉMOIRE POUR K. LE ViAÉCHAL M LA FORCE.
25 septembre. Sur l'avis qu'on a reçu que le Cardin^ Infant vient passer à Brisach avec dix-huit mille hommes, tant d'infanterie que de cavalerie, le Roi fait savoir audit sieur Maréchal que 1# dessein qu'il doit avoir en cette occasion est de s'opposer au passage dudit Cardinal autant qu'il le pourra faire avec] sft» reté; mais parce que si en l'état où sont les Allemands. main» tenant, la France avoit perdu un grand combat, les af&iscs seroientjen mauvais état, l'intention du Roi est qu'au cas que ledit sieur Maréchal apprenne que ledit Cardinal passe à Brisach, il prenne un poste avantageux, où les vivres lia soient assurés, et où il ne puisse être contraint à combattre pi bon ne lui semble, et qu'il ne vit une évidence manifesta d'avantage ; en quoi le but dudit sieur Maréchal doit aussi être de conserver tout ce qui est en la protection du ftoi, at empêcher le passage de la Moselle sans s'exposer à une a»*» table perte. Que sj, en ce faisant, ledit sieur Maréchal peut
LOUIS Xin AU UAAfiGBAI DE LA FORCE. Ht
pmdie quelque avantage sur le» ennemis et leur donner un échec, ce sereît beaucoup pour la gloire dos armes du ftaî at pour l'état présent des affaires.
On donne «vis au sieur de Feuquière de ce qu'on mande présentement audit sieur Maréchal, avec ordre d'avertir les Confedénés de l'approche que les forces du Roi font du Rhin» Ce sera au sieur de Feuquière et aux Confédérés de faire la guerre* à l'œil et voir si les troupes du Roi de Hongrie ou de Bavière se joignent si fortement à celles du Cardinal Infant, que les Confédérés n'aient rien à craindre au delà du Rhin, auquel cas ils pourroient envoyer quelque cavalerie audit sieur Maréchal de la Force s'il jugeoit en avoir besoin, ce dont il en avertira de son côté le sieur de Feuquière. Fait à Monceaux, le 25 e jour de septembre. Signé : Louis. Et plue
iê$Z ROUTIHLLIES.
hB ROI AtT KARÉCBAL M LA FORCE.
Ordre de correspondre avec le Marquis de la Force pour agir de concert.
Mon Cousin, j'envoie présentement ordre au Marquis dottieptembra. la Force, votre fils, de faire acheminer dans la Lorraine les troupes qu'il commande sur les frontières de Champagne, sans attendre plus longtemps les deux régiments liégeois qui restent à lever, au cas que dans huit jours il n'ait pas de leurs nouvelles, et ne se soient pas mis en état de le joindre an lieu où il a voit eu ordre de s'avancer pour favoriser leur passage. Je lui ai ordonné en même temps de tenir toutes les troupes en corps et de choisir pour les loger quelques lieux dans la Lorraine qu'il estimera les plus commodes pour les faire facilement subsister, en sorte néanmoins qu'il ne soit pas éloigné du lieu où vous serez de plus de trois journées, afin qu'au premier avis qui tous arriveroit que l'armée du Cardinal d'Espagne, ou quelque autre, s'avance vers voua eu vers lui, vous ayez le loisir de vous joindre ensemble quel» que temps avant qu'elle se puisse approcher ni de l'un ni de l'autre. Ce sera à vous à le tenir averti des nouvelles que vous recevrez et de lui faire savoir comme il aura à se conduire. Cela étant, je ne fais point de doute que vous ne soyei en état de combattre quelque puissance qui se présente à
***• vous, ayant sous votre commandement pins de vingt-cinq * f v Mb "* mille ^mmeg d e pj^ effectifs et plus de quatre mille chevaux. Je me repose aussi entièrement sur votre prudence et bonne conduite accoutumée, et me promets que vous ne hasarderez rien mal à propos et que vous ne voyiez un avantage apparent, en sorte que vous soyez assuré que l'honneur de ce que vous pourrez entreprendre, en demeure à mes armes. Sur ce, je prie Dieu, etc. Écrit au Plessis-les-Bois, le 28° jour de septembre. Signé : Louis. Et plus bas : Servies.
Mouvements de Monsieur el des armées impériales.
Fin de sept. Votre courrier m'a déjà trouvé bien avant ; il arriva hier matin à Montfaucon comme je voulois partir pour venir en cette ville, où je séjourne cejourd'hui pour laisser rafraîchir les troupes, mais principalement pour attendre des nouvelles, afin de satisfaire à ce qui m'est commandé et ne rien faire maladroitement, ayant envoyé pour ce sujet pour reconnottre tant la ville de Virton que les gens qui sont dedans et èsvillages voisins; j'ai mandé au sieur Manon de me venir trouver, qui, n'en étant qu'à trois lieues, sera informé de ce qui est sur sa frontière, et saurai, tant par lui que par ceux que j'ai envoyés, quelles troupes il y a dans le Luxembourg. Par les avis que j'ai, les plus avancées sont celles du Mansfeld que je n'ai point apprises être deçà Bastoigne, mais celles-là ne sont pa9 plus fortes que nous et leurs hommes beaucoup moindres. Je crois que à ce soir ou au moins demain à Estain, où je fais état d'aller coucher, je serai bien informé de tout; s'il y a des gens àLonguyon et aux environs, je crois que par le chemin que je prends, ils auront moins le vent de nous que>i je fusse allé par le côté de Sedan, ou par Stenay, ou par Montfaucon, car de ces lieux-là il falloit presque toujours aller par leur pays et même y loger, qui leur eût bien donné l'alarme ; car dès qu'ils voient une troupe, ils font des feux partout. M. de Villette, à qui M. de Coussy a donné une des Commissions pour faire une compagnie de carabins, m'a envoyé un homme qu'il avoit envoyé à Bruxelles, qui en partit le 4, pour apprendre des nouvelles et débaucher des personnes
de sa connoissance, et a déjà près de quarante hommes; ce» tm. lui-ci assure que Monsieur y est, qu'il a Commission pour Fin de «?* faire dix compagnies de cavalerie et six mille hommes de pied françois, mais qu'il n'a point encore d'argent ni d'hom-* mes ; que M. de Fargis avoit acheté vingt-cinq ou trente chevaux ; que M. de Fontaine a douze ou quinze mattres ; il dit même que Monsieur étoit allé jusqu'à Anvers pour recouvrer l'argent qu'on lui a promis, mais n'en avoit su avoir; et que le Marquis d'Aytonne est toujours à Namur, et ses troupes entre la Sambre et la Meuse. Ceux qui viennent du Liège, m'ont porté une lettre de M. de Mousson que je vous envoie; M. de Bandevilleme l'a faite tenir et a appris d'eux que les troupes du Mansfeld , qui étoient ès-environs de Marche en Famène et de Bastoigne, semblent vouloir tirer du côté de Trêves, et qu'on tenoit qu'on tiroit de la cavalerie de l'armée espagnole pour se joindre à eux avec les nouvelles levées faites dans le Luxembourg. Il me mande qu'il a vu un marchand de Liège, qui venoit de Bruxelles, qui lui a dit devoir fournir à Monsieur des armes pour six mille hommes de pied et douze cents chevaux. Comme j'étois en cet endroit, le sieur Marion est arrivé, lequel assure n'y avoir plus dans Yirton qu'une compagnie ou deux du régiment de Brons, et que le reste est fort écarté dans le Luxembourg, et qu'ils n'ont point logé dans Longuyon ni autres villages de la Lorraine, mais une compagnie [d'un côté et une de l'autre, et la plupart vers Bastoigne. Il s'en y retourne pour en être mieux informé. J'ai vu le sieur Chalandre, un des capitaines de M. de Turenne, qui a sa maison assez près de Damville, qui m'a dit que l'on donne au Mansfeld de l'armée espagnole quatre régiments d'infanterie et douze ou quinze cents chevaux, et que Mark tourne tête vers Trêves, où il attendra que ses troupes l'aient joint, et doit aller vers le Rhin, et, diton, que c'est pour aller au-devant de l'Infant Cardinal. Il m'a donné un mémoire d'une innovation qui se fait par les Espagnols sur les terres de neutralité, rompant l'accord qui en avoit été fait par la feue Archiduchesse et M. de Lorraine, M. de 1$ Luzerne, qui a logé à Villone, dit avoir appris par les paysans qu'il a repassé sur leur pont, depuis peu, plus de cent cinquante soldats qui s'en revenoient du Luxembourg.
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GALLAS AU MARÉCHAL DE LA FORCE
UIiidanandfttoMtif dtsAflMretamstesttmBfe l'Eapio^
*••*• Je sais commandé de par sa Majesté Impériale de ne* rien, is octobre. ^ ^^ entreprendre contre les gens eu les pays du Roi * France, pour ne vous donner ombrage d'aucune mauvaise pensée, comme jusques astheure j'ai toujours suivi cet ordre en due obéissance et dorénavant continuerai ; mais combien que j'entends que votre Excellence , avec l'armée du Roi , s'avance sur les terres de l'Empire, j'ai jugé être de mon devoir d'entendre de votre Excellence de quoi j'aurai à me garder, demeurant au reste, etc. Mathias Gallas. D'Elbron, ce 18* octobre.
s'est waiwé pour appuyer les 9rioee9 qui se sont mis sous lu protection 4»
Roi. •
24 octobre. Monsieur, sur la connoissance que m'avez voulu donner par votre lettre, de la bonne intention de sa Majesté fmpé» riale , je vous dirai aussi que jusques à présent je n'ai pas reconnu que celle du Roi mon maître fût éloignée de là; qm si son armée s'est avancée de deçà, c'a été peur appuyereewr qui se sont mis sous la protection de sa Majesté. Et n'étant en moi de vous en donner autre éclaircissement, je me contenterai de vous dire que je suis, etc. Cagmont la Forge. De Landau, ce 9b e d'octobre.
LE ROI AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Il lui. défend de se eonfocmer an traité signé par le sieur de liste.
tt novemir. ** 01ï C 015 ™ , ayant trouvé mauvais, ettrés-désavantageus te traité que de ffele a fait touchant les place» de Colmar, Schélestadt et autres avec le sieur Mockel , Résident de la Couronne- de Suéde à Strasbourg, comme ne lui en ayant jamais donné aucun ordre, j'ai fait entendre aux Ambassades» extraordinaires des Etats confédérés d'Allemagne qui tont ici, que mon intention a'étoit point d'accepter ledit traite, «I que je désirois tirer des susdites places les garnisons que von*
ACCORD DE MIL Ml S809I VT ME SENECTERRE. 4f 5
y avîet mwuk. Sur quoi je v«u» ordonne qu'incontinent que tm tarôite Ceottdérés auront doané ordre à leurs gens pour les l-r WTeBlbr ' sepreadre, voua tas leur remettiez entre mains, et en fassiez sortir me» gène de guerre que vous y ayez établie en garnison ; à quoi m' assurant que tous satisferez, je prie Dieu, etc. Ecrit à Sainfc-Çennaia en Laye, le 1 er jourde novembre. St^tré : Louis. Etpbi* bm : Bocthujli*».