M. DE BRASSAC AV KABÉCHAL DE LA FORCE
SiégedelaMothe.1
mi - Monsieur, nous avons reçu ici avec une extrême joie la ^ eL nouvelle que nous a apportée un enseigne de notre garnison, lequel est arrivé en cette ville il y a quelques heures, venant du camp devant la Mothe; il m'a dit l'effet du fourneau que vous aviez fait jouer, et comme ensuite on avoit vu en votre logis des députés pour traiter. 11 me seroit impossible, Monsieur , de vous pouvoir témoigner ma joie et le contentement que cela me donne. J'attends la confirmation de ce que ledit enseigne nous a dit, avec les particularités, par ce qu'il vous plaira de m'en mander; cependant je loue Dieu de tout mon cœur, et le prie qu'il vous bénisse et augmente votre gloire en toutes les occasions qui s'en présenteront jamais.
Je vous envoie le mémoire expliqué, ainsi que vous l'avei désiré, par lequel vous verrez ce que le Duc de Lorraine se promettoit, qui sont pures baies, lesquelles maintenant sont fort hors de saison, et de la moutarde après dîner. Je vous baise mille et mille fois très-humblement les mains et suis, etc. Brassac. A Nancy, ce soir 27 juillet.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AIT MARÉCHAL DE LA FORCE
Même sujet que la précédente.
3 «*t. Monsieur, vous me donnez la vie quand vous vous réservez de pousser vertement l'attaque du bastion qui prendra la citadelle assurément; je vous supplie d'y faire l'impossible car de là dépend le tout, et avançant ce travail extraordioa**r ornent, je ne suis pas sans espérance que nous puissions avoir la place dans votre semaine au plus tard; je vous assuré que j'en voudrois avoir donné beaucoup et pour l'amour de vous et du service du Roi. Je vous envoie trois cents outils et m'en vais à la Péjousse ; M. le Marquis de la Force ausa soin, s'il vous plait, delà garde que la cavalerie doit faire a» camp, car M. d'Âuriac vient à la Péjousse avec mot Je vous prie que je sache ce soir le travail que vous pensez faire cette
LOUIS XIU AD MAMtQUAÏ, OL LA FORGE. WT
suit et quand vous serai attaché au bartioa» car cala m§ **> console, et je me promets qu'il voua réussira quelque choM * mt de bon si l'on y eat bientôt. Cependant croyez* Monnet** que je suis, etc* Le Cardinal de RiChslibu. Ge 2 e août* à six heures du matin , temps auquel j'ai reçu la lettre.
LE ROI AtJ MARÉCHAL DE LA ÏORCE.
Prise de la M othe. — Le Roi lai exprime sa satisfaction.
Mon Cousin, j'ai été bien aise d'apprendre par le Marquis de la Force, votre fils, les particularités de ce qui s'est passé au siège de la Mothe et à la réduction de cette ville sous mon obéissance, dont on m'avoit bien donné quelque avis un peu avant son arrivée, mais je n'y avois point voulu ajouter foi, et n'ai point voulu en publier la nouvelle que je n'en aie été assuré de votre part. Cependant je ne veux pas demeurer plus longtemps sans vous témoigner, comme je fais par cette lettre, l'entière satisfaction qui me demeure des soins, dite* gence et prévoyance que vous avez apportés en tout ce siège, et que je sais bien avoir extrêmement contribué à avancer beaucoup la prise de cette place. J'avois toujours bien espéré un pareil succès de mes armes sous votre conduite, sachant l'affection avec laquelle vous me servez, et l'expérience 41 suffisance que vous avez pour le faire avantageusement, dort voua venez de rendre des preuves si signalées eu cette de** nière occasion, de laquelle je reconnois fort bien la grandeur et l'importance; aussi veux-je vous assurer que j'aurai à grand plaisir de reconuoitre ce service, et de vous témoigne» par effets mon ressentiment et mon affection en toutes Ici occasions qui se présenteront pour votre avantage on pour eetai des vôtres. C'est le sujet de cette lettre, que je finis, priant Dieu, etc. Ecrit k Chantilly, le 4 e jour d'août. Signé : Louis. Et plus bas : Servien.
Même «ijet que la précédente.
Mon Cousin, le contentement que j'ai reçu du prompt et heureux succès du siège de la Mothe m'est trop sensible pour demeurer plus longtemps sans vous le faire coraoitre et vous
«août.
témoigner la satisfaction très-entière que j'ai de votre bonne conduite, qui a ajouté cette occasion à tant d'autres dans lesquelles vous m'avez donné de si véritables preuves de votre fidélité et affection au bien de mes affaires. Vous pouvez vous assurer que j'en veux conserver la mémoire, et que lorsque je pourrai vous faire ressentir ce qui est de ma bienveillance en votre endroit, je le ferai de très-bon cœur, tant envers vous que les vôtres. Sur ce, je prie Dieu, etc. Ecrit à Chantilly, le 4 e jour d'août. Signé : Louis. Et plus bas : Bou-
THILLIER.
LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE
Même sujet.
«août. Monsieur, il m'est impossible de vous représenter le contentement que le Roi a reçu de la prise de la Motlie ; il est d'autant plus grand que cette place n'est pas, comme vous pouvez juger, de petite considération entre ses mains, ni peu utile au bien et avantage de ses affaires, et que S. M. avoit besoin, pour faire réussir une entreprise pareille à celle-là, d'une prudence et d'une conduite comme la vôtre. Elle vous témoigne si particulièrement par la lettre qu'elle vous écrit sur ce sujet, le gré qu'elle vous en sait et la satisfaction qu'elle a du soin et de la diligence que vous y avez apportée, qu'il seroit inutile d'y ajouter aucune chose ; aussi ne prendsje pas la plume à cette fin, mais bien pour vous faire connottre en mon particulier, ainsi que je fais par ces lignes, la joie que je ressens de cet heureux succès et de la gloire que vous avez acquise en cette occasion ; vous assurant que personne du monde ne sauroit prendre plus départ à ce qui vous touche que moi, ni qui soit avec plus de vérité que je suis et serai toujours, etc. Le Cardinal de Richelieu. De Royaumont, ce 9 e août.
MÉMOIRE A ST. LE MARÉCHAL DE LA FORCE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DE l' ARMÉE DU ROI.
30 août. l e r oi> a y an t considéré l'état des affaires d'Allemagne, le progrès des armées impériales par la prise de Ratisbonne