‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 92 sur 114 · LES MARÉCHAUX DE LA FORCE ET DE BRÉZÉ. M · texte numérisé non relu

LES MARÉCHAUX DE LA FORCE ET DE BRÉZÉ. M

nous venons de renvoyer présentement l'agent du Chancelier, ift*par lequel il nous avoit écrit, pour le convier à une affaire où Dëccmbre le bien commun est si apparent; et ce qui nous a fait avoir davantage de hâte, outre la crainte que la place pendant leurs longues remises ne se perde, est que la campagne des environs d'ici est tellement ruinée , qu'il est impossible que la cavalerie de votre Majesté, que nous avons rapprochée pour ce secours, puisse rester ici longtemps sans y périr, ce qu'il faut tâcher d'éviter par tous moyens.

Les difficultés que messieurs de l'Assemblée ont apportées, soit à la ratification du traité, soit à toutes les autres choses que M. de Feuquière a désirées de votre part, sont cause que nous ne leur avons pas délivré plus tôt les six mille hommes, M. de Feuquière espérant par la nécessité qu'ils en ont, les porter à se diligenter davantage aux choses qui regardent votre Majesté.

Ne pouvant plus subsister de ce côté ici , nous supplions très-humblement votre Majesté de nous commander lequel elle a agréable que nous prenions, et s'il seroit bien nécessaire en cas de rupture que votre Majesté choisît une place au deçà du Rhin qu'elle s'assureroit, dont la grandeur seroit considérable, tant pour donner assistance à Philippsbourg et Manheim, que pour pouvoir contribuer à maintenir un corps d'armée.

Landau, Haguenau et Worms seroient fort à propos, mais Spire surtout à cause que sa situation est entre ces deux belles places que votre Majesté tient au delà du Rhin. Quant à ce qui est de Manheim, on travaille autant qu'il se peut à la réparer; mais en cela, on ne fait pas tout ce qu'on voudroit bien; nous avons envoyé pour cet effet jusqu'en Lorraine couper des bleds.

Pour ce qui est du rapport des places auxquelles votre Majesté nous fait l'honneur de demander nos avis , nous lui dirons que dès à présent Schélestadt et Saverne lui sont entièrement inutiles; Colmar le seroit si nous avions Benfeld, et Haguenau le deviendroit si votre Majesté tenoit plus près du Rhin de deçà quelque autre place considérable.

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