LIVRE TROISIÈME
Chap. XVI. Paix de Montpellier. — Le Maréchal de la Force se rend à la Cour. — Suspect aux Catholiques, il ne peut plus demeurer en Guyenne. — Il est employé aux négociations avec Soubise et Rohan. — Le Roi lui donne le commandement de l'armée de Picardie. — Il pourvoit à la défense de Calais et de toute la frontière. — S. M. lui confie l'armée pour secourir le Duc de Mantoue. — Le Marquis de la Force est rappelé de Hollande pour y servir de Maréchal de camj). — La Force passe le Mont-Cenis et assiège Pignerol. — La ville et le château capitulent à la vue du Duc de Savoie et de Spinola. — Le Maréchal de la Force chargé de fortifier Briqueras. — Prise de la ville et du château de Carignan. — M. de la Force et son fils se distinguent à l'attaque des retranchements et du pont de Carignan, qu'ils emportent à la barbe des Espagnols et des Impériaux. — Prise de Veillane. — Les Maréchaux de la Force, de Schomberg et de Marillac vont secourir Casai. — Au moment de livrer bataille arrive le signor Mazarini. — Ses offres sont acceptées des deux côtés. — La Force reçoit un Pouvoir pour traiter de la paix.— Ennuyé des retards qu'on y apporte, il demande un congé à S. M. — A peine revenu à la Cour, le Roi l'envoie commander en Champagne. — 11 dissipe certaines levées de Monsieur près de Saint-Loup. — Défait le régiment du colonel Jlars. — Se rend à Sedan et fait renouveler à la Duchesse de Bouillon, au nom de son fils, le serment de fidélité au Roi , ,. 3
1631-1633. Chap. XVII. Le Maréchal de la Force se retire vers Châlons. — Le Roi lui ordonne de favoriser une entreprise du Duc de la Valette sur Moyenvic. — Elle échoue. — La Force prend cette place en huit jours. — Le Roi arrive à l'armée. — Le Duc de Lorraine se rend auprès de lui. — Traité de Vie. — La Force chargé de protéger la neutralité desÉlecteurs de Mayence, de Trêves, de Cologne et de Bavière. — Ces Princes manquent à la foi promise. — Le Roi ordonne au Maréchal de se retirer dans les trois Évêchés.— La Force s'oppose à l'armée espagnole quivenoitde Flandre. — Il met garnison dansCoblentz et dans d'autres places de l'Électeur de Trêves. — Monsieur se dirige sur l'Auvergne. — Le Maréchal investit Nancy. — Traité de Liverdun. — Le Duc de Lorraine remet à S. M. Stenay, Clermont et Jametz. — La Force envoyé à la poursuite de Mo.NsiEUR. — M. de 3Iontmorency se déclare contre le Roi.
— La Force s'assure de Pont-Saint-Esprit, de Nismes et de Montpellier. — Il déjoue une entreprise de JIonsieur surBeaucaire — Défaite et prise du Vicomte de Lestrange. — Reddition de Monlfrin. — Capitulation du château de Beaucaire, de Baignols, d'Alais et de Lunel. — Siège du château de Saint-Félix par Schomberg. — Combat de Castelnaudary. — Montmorency blessé et pris. — Mort du Comte de Moret. — Monsieur se retire à Béziers. — Il fait son traité avec le Roi. — Jugement et exécution du Duc de IMontmorency. — Sa Majesté, satisfaite des services du Maréchal de la Force, lui donne la charge de Maître de sa garde-robe. — Monsieur s'échappe de Tours et
se retire une seconde fois à Bruxelles 25
1G33 1654. CH.iP. xviii. Le Roi s'achemine en Lorraine et donne au Maréchal de la Force le commandement de l'armée. — Nancy est investi. — Le Cardinal de Lorraine traite avec le Roi et promet de remettre celte ville entre ses mains. — Le Duc Charles ratifie le traité, mais y contrevient secrètement. — Le Roi commande au Maréchal de la Force de l'attaquer. — Le Duc, pressé par les troupes du Maréchal, vient trouver S. M. — Nancy remis au Roi. — Secours de Montbelliard. — Jonction des armées d'Aldringen et du Duc de Féria. — La Force chargé de couvrir la frontière du Comté de Montbelliard. — Il rompt les desseins des Espagnols et des Impériaux. — Situation du Maréchal de la Force, il commande sur ceux-là mêmes qui l'ont persécuté.
— Il occupe Coblentz, Hermanstein et le château de Blagdebourg. — Bamberg, Gouverneur de Philippsbourg, livre cette place aux Suédois. — Le Marquis de la Force contraint le Comte de Salm à lui remettre Haguenau et Saverne. — La République de Strasbourg envoie une députation au Maréchal. — Le Roi lui ordonne d'investir Lunéyille. — Le Cardinal de
Lorraine se marie subitement avec la Princesse Claude. — 1633-I63t
Cession du Duc Charles en faveur du Cardinal, son frère, qui rend Lunéville. — Le Cardinal et sa femme s'échappent déguisés de Nancy. — Le Maréchal de la Force investit la
Mothe. — Il assiège et prend Bitche 53
Chap. XIX. Siège de la Mothe, place réputée imprenable à cause 1034 103S
de son assiette.- Le Maréchal de la Force ordonne trois attaques. — Il gagne le haut de la contrescarpe. —Grande mine que fait jouer le Marquis de la Force. — Le Marquis de Tonneins, son frère, se loge sur la brèche. — Les assiégés battent la chamade après cinquante-deux jours de tranchée ouverte.
— Le Marquis de Castelmoron, fils du Maréchal de la Force, a la cuisse rompue d'une mousquelade. — Le Marquis de la Force porte au Roi la capitulation. — Dévouement de la Maréchale et de la Marquise de la Force, qui soignent les blessés pendant le siège. — Le Maréchal se porte sur le Rhin. — Le Marquis de la Force détaché vers la Jleuse. — Les Impériaux défont à Nordlingue le Duc de Weimar et le Maréchal Horn.
— La République de Strasbourg et le Duc de Wurtemberg appellent le Maréchal de la Force à leur secours. — - Il met garnison dans Philippsbourg. — Jette un pont de bateau sur le Rhin et fortifie Mannhcim. — Le Maréchal de Brézé partage le commandement avec la Force.— Tous deux vont au secours du château d'Heidelberg. — Le sieur de Feuquière les en dissuade. — Le bruit de leur approche fait lever le siège aux Impériaux. — Ils recommencent leur attaque. — Les Maréchaux marchent à eux et prennent leur artillerie. — La ville de Heidelberg se rend par capitulation.— Les ennemis s'emparent de Philipp>bourg et de Spire. — Les iMaréchaux de la Force et de Brézé repassent le Rhin. — Malgré la rigueur de
la saison, ils se décident à assiéger Spire 77
Chap. xx. Siège de Spire par les Maréchaux de la Force et de I63s.
Brézé, assistés du Duc de Weimar. — Ils s'emparent d'un fort sur le Rhin et détruisent le pont de bateaux des ennemis. — Les faubourgs sont emportés d'assaut. — La ville se rend, la garnison prisonnière et les habitants à discrétion. — Le Maréchal de Brézé est rappelé par le Roi. — .Motifs de cette décision. — La Force commande seul l'armée. — Il attaque et prend le château de Ma^debourg. — Les Espagnols surprennent Trêves et se saisissent de l'Électeur. — Entrevue des Maréchaux de Brézé, de la Force, de Cbàtillon et du Cardinal de la Valletle à Pont-à-Mousson.— Le Duc Charles de Lorraine passe le Rhin à Brisach avec une forte armée. — La Force rassemble ses troupes pour le combattre. — II le poursuit sans pouvoir l'atteindre. — La Vallette vient rejoindre par
ft70 TABLE DES MATIÈRES.
1635. ordre du Roi le Maréchal de la Force. — Le Marquis de la
Force atteint l'arrière-garde du Duc Charles. — Les deux
armées sont en présence. — Après force escarmouches, les
ennemis délogent pendant la nuit sans tambour ni trompette.
— Le Marquis de la Force défait à Mélisey quinze cents hommes de leur infanterie. — Témérité du Cardinal de la Valette. — Feuquière amène au Maréchal de la Force un renfort de troupes allemandes. — Prise du colonel de Saint- Balmont avec tout son régiment dans le château de Montjoye. 105
Chap. XXI. Siège et prise de Porentruy. — Le Maréchal de la Force se rapproche de la Lorraine. — Il apprend la mort de sa femme. — Fin touchante et chrétienne de la Maréchale de la Force. — Le Maréchal renvoie Feuquière avec ses troupes.
— Il fait donner la montre à l'armée et la met en garnison.
— Succès de Gallas et retraite du Duc Bernard. — Le Duc de Lorraine, fortifié de Jean de Werlh, prend plusieurs places en Alsace, — Sévérité de la Force envers deux Mestres de camp qui s'étoient rendus à Jean de Werth. — Le Duc Bernard prie la Force de l'assister. — Belle défense du régiment de Normandie dans Remiremont. — Le Maréchal rassemble son armée à Lunéville. — Il marche contre le Duc Charles. — Escarmouches auprès d'Épinal. — La Vallette va rejoindre le Duc de Weimar. — Le Baron de Boisse, petit-fils de la Force, est tué traîtreusement tandis qu'il parlementoit. — Le Marquis de Castelnaut, son père, court le venger. — Son infanterie défaite par Jean de Werlh. — Le Maréchal, âgé de soixantedix-sept ans, épuisé de fatigues, frappé de tant de pertes dans sa famille, sollicite son congé. — Le Roi le refuse et envoie pour le soulager le Duc d'Angoulême. — Ce Général fait perdre à la Force une occasion d'attaquer le Duc de Lorraine.
— Ils s'établissent autour de lui pour lui couper les vivres. — Progrès de Gallas. — La Vallette et Bernard de Weimar lui font lever le siège de Mayence. — Ils reçoivent quelque échec dans leur retraite et perdent leur artillerie et bagage. — Siège et prise de Saint-Mihiel par le Comte de Soissons. — La Force et d'Angoulême reçoivent l'arrière-ban de Normandie et de Champagne commandé par la Meilleraye. — Le Duc de Saint-Simon s'y trouve aussi.— La Vallette et le Duc Bernard se joignent à la Force et à d'Angoulême. — Le Duc Charles se réunit à Gallas — Tous deux se retranchent si bien que l'armée du Roi ne peut les attaquer. — Ils refusent la bataille qu'on leur offre. — Les Généraux du Roi se retirent faute de vivres.
— Gallas et le Duc Charles s'éloignent également. — Le Duc d'Angoulême rappelé. — Le Maréchal de la Force commande seul l'armée.— Il poursuit le Duc de Lorraine, passe la Moselle
et charge Gassion de ravitailler €haté et Epinal. — Gassion itss.
bat Jean de Werth, prend Charmes et Neufchâteau. — La Force prend Vaudémont et délivre toute la Lorraine jusqu'à l'Alsace. — Il mclses troupes en quartiers d'hiver.— Le Roi lui accorde enûn son congé et donne le commandement de l'armée au Marquis de la Force 135
Chap. xxii. Le Maréchal de la Force reçoit de grandes caresses 1636-1638.
du Roi et du Cardinal. — Il est le seul Général qui n'ait point essuyé de revers. — Le Roi lui fait don de cent mille livres et de cinquante mille au Marquis de la Force. — M. le Prince assiège Dôle. — 11 est contraint de lever le siège. — Une armée ennemie venue de Flandre, prend la Capelle et le Catelet. — Le Marquis de la Force envoyé en Champagne. — Le Comte de Soissons ne peut résister aux forces des ennemis. — Les Maréchaux de Brézé et de Chaulnes vont le joindre. — Leurs efforts réunis n'empêchent pas l'ennemi de passer la Somme. — Ils sont battus et se retirent vers Noyon. — Prise de Corbie. — Stupeur générale. — Le Comte de Soissons arrive à Compiègne.
— On rompt tous les ponts sur FOise. — L'effroi gagne Paris.
— Le Roi et Richelieu ont rc 'Ours à M. de la Force. — Le Maréchal rassure les Parisiens, dont il est l'idole, et qui exigent que toutes les levées se fassent en son nom. — Il met sur pied un régiment pour donner l'exemple. — Il se montre tous les jours à l'Hôtel de Ville. — Il entre en campagne avec les premières levées, et va à Pont-Sainte-Maxence. — Le Roi donne le commandement de l'armée à Monsieur, et le Maréchal de la Force pour conseil. — L'armée campe à Arson, au delà de l'Oise. — La Force fait une proposition hardie. — On préfère aller attaquer Roye. — Les ennemis repassent la Somme. — S. M. arrive à l'armée. — Expédition heureuse du Marquis de la Force. — Siège et reprise de Corbie. — Le Marquis de la Force envoyé contre Jean de Werth. — Brouillerie du Roi et du Comte de Sois:«ons. — Monsieur part pour Blois, et le Comte de Soissons pour Sedan. — S. M. montre au Maréchal de la Force les lettres qu'elle reçoit de ces Princes.
— Négociations pour leur accommodement. — Le Roi va à Orléans. — Monsieur vient l'y trouver. — Pénurie des finances.
— Emprunt aux villes du Royaume. — Hardiesse du Parlement de Rouen. — Le Roi piqué s'y achemine et reçoit en route sa soumission. — S. M. crée Duc le IMarèchal de la Force, et fait ériger en Duché Pairie la terre de son nom. — Le 3Iaréchal Duc de la Force est conduit au Parlement par M. le Prince de Condé. — Honorable réception qu'on lui fait. — Le commandement de l'armée est donné à d'autres.— Murmures des gens de guerre 169
1638. Chap. xxiii. On revient au Maréchal de la Force. — L'armée qu'il commande se réunit à Saint-Quentin. — Le Marquis de la Force nommé Lieutenant Général de l'armée de Condé en Guyenne et Languedoc. — Le Maréchal chargé de couvrir le siège de Saint-Omer. — Les ennemis interceptent un courrier du Maréchal de Châlillon et apprennent ce que lui et la Force avoient concerté. — Cet accident fait manquer l'attaque du château de Ruminghem. — Le Maréchal de la Force se retranche à Zouafques entre le Prince Thomas et Saint-Omer.
— L'armée des Espagnols renforcée de celle des Impériaux commandée par Piccolomini, Colloredo et le Comte Jean de Nassau. — Ces trois Généraux s'avancent contre les retranchements de la Force. — Le Maréchal sort au-devant d'eux et les contraint à accepter le combat. — Victoire qu'il remporte.
— Il met toute leur armée en déroute, tue ou prend deux mille hommes. — Mort de Colloredo. — Nassau se sauve à pied et en meurt de déplaisir.— Avantages du Prince Thomas sur Châlillon. — Prise de ses retranchements et du fort du Bac. — Châtillon se décide à lever le siège de Saint-Omer, — Mécontentements du Roi et du Cardinal.— S. M. commande de donner bataille. — On marche aux ennemis, qui se retirent. — Les Maréchaux assiègent et prennent Renty à la vue des Espagnols. — On en détruit les fortifications. — Siège du Catelet. — 11 est emporté d'assaut. — Disgrâce de Châtillon.
— La Force commande seul. — Après avoir fait vivre l'armée en pays ennemi, il la met en quartier d'hiver et vient retrouver
1638-1640. Chap. xxiv. Digression sur la famille du Maréchal de la Force.
— Conduite du Marquis de la Force à l'armée du Prince de Condé. — Attaque des Espagnols. — Panique des François. — Malheureuse issue du siège de Fontarabie. — Services des Marquis de Castelnaut, de Tonneins, de Castelmoron et du Baron d'Eymet, fils du Maréchal de la Force. —Mot de Louis XIII sur cette famille. — Le Maréchal quitte la Cour et va se reposer de ses fatigues au château de la Force. — Accueil qu'il reçoit en Guyenne. — Ses affaires le rappellent à Paris.
— Singulier message de M. de Soubise au Marquis de la Force, qui repousse ses ouvertures et en rend compte au Cardinal. — Réponse de Richelieu. — Le Maréchal de la Force, après avoir vu le Roi et son Éminence, retourne dans ses terres. 225