‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 37 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XX

tion fut prise de retourner vers Montbelliard et de isss. donner jusqu'à Porentruy, afin de dépouiller ledit Duc Charles de toutes ses conquêtes, et selon les nouvelles que l'on apprendroit de lui, continuer à le poursuivre.

Étant au delà de Montbelliard, ils eurent avis qu'un de ses régiments étoit à quatre ou cinq lieues de là, logé à un village nommé Vaufrey, commandé par le colonel Saint-Balmont, qui avoit bien de six à sept cents hommes ; soudain la résolution est prise de l'aller attaquer. Les Maréchaux de camps agissoient par tour , c etoit celui du colonel Hébron, la commission lui fut donnée; ledit sieur Maréchal lui ordonna de prendre quatre cents chevaux, cent carabins et six cents hommes de pied. Ayant rallié ces troupes, il part et marche toute la nuit; il ne peut faire si bonne diligence qu'il ne fût une heure de jour, et que ledit colonel n'en eùl avis, ce qui le fit partir soudain de là pour aller gagner un château nommé Mon tjoye, distant d'un quart de lieue. Ledit colonel Hébron jugea que malaisément auroit-il trouvé des provisions dans ledit château, et que dans peu de jours on en pourroit venir à bout; il donne avis audit Maréchal de tout , et demande qu'il lui fasse savoir s'il trouve bon qu'il Finvestisse; il lui mande que oui, et qu'il s'en va à lui promptcment.

Les approches faites, on se loge le plus avantageusement qu'il se peut et le plus prés. Soudain tout le bourg fut pris ; mais l'assiette de ce château se trouve sur un rocher fort haut de tous les côtés, dont l'accès étoit bien difficile , et y eut-on assez de peine à bien loger les canons, étant ce lieu-là tout entouré de montagnes de rochers. Pour être sommés, ceux de dedans ne s'étonnent pas et font une réponse fière; l'on trouve l'entreprise plus difficile qu'on ne l'avoit crue. Au bout de cinq ou six volées de canon, il s'en trouva deux d'éventés, aussi fut-il résolu de changer cette batterie; cela fit couler quatre ou cinq jours, au bout desquels la batterie nouvelle réussit si bien qu'elle emporta tout un canton du corps de logis; outre ce, il avoit été tiré plusieurs coups en ruines en divers endroits , qui les avoient fort endommages. Ils s'étonnent et demandent à capituler. Le colonel Saint - Balmont demande qu'on lui donne moyen de parler au sieur de Nettancourt, son parent, colonel aussi d'un régiment françoisen l'armée du Roi; cela lui est accordé; il veut des conditions si avantageuses que l'on rompt le traité, et fait-on de nouveau tirer le canon. Ils demandent à parler encore, le Maréchal déclare qu'il les recevra, leur accordant la vie sauve, demeurant tous prisonniers de guerre,

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