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s'il étoît encore là, c'est qu'il avoit cru une si «wi. grande assemblée et si importante devant se faire, que messieurs de la Rochelle pourroient le blâmer de ne l'avoir point attendue; que peut-être même ils seroient bien aises de pouvoir plus particulièrement savoir par lui le sentiment de toute la province, et que s'ils continuoient dans Iç dessein de porter cette proposition dans l'assemblée du Synode, c'est qu'il s'en alloit monter à cheval pour se rendre à la Rochelle, où il ne faisoitpas de doute qu'il ne fût le bien reçu, et quand il seroit là^ qu'il verroit venir celui qui y seroit député en sa place.
Après avoir ainsi parlé, le sieur de Gastelnaut se retira.
Il se rencontra que comme il avoit des amis et assez puissants dans ce Colloque, ces messieurs virent bien que nonobstant les brigues qu'ils avoient faites, ils ne pourroient empêcher que le sieur de Gastelnaut n'allât à la Rochelle, que cela seroit inutile et que la honte leur en demeureroit.
U est encore à propos de dire quelques particularités de ce qui se passa dans ladite assemblée du Synode; monsieur de Pardaillan ne manqua pas d'y travailler et briguer non-seulement afin que le sieur de Penchât pût être député à la Rochelle, (lequel Penchât se révolta bientôt après), ce dont
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mu il ne putvenirà bout, mais encore pour être nommé lui-même Général dans la province; ce qui étant découvert par messieurs les Marquis de la Force et de Gastelnaut, ils ne manquèrent pas à solliciter de leur côté et de représenter que monsieur de la Force ayant joui de cet honneur, il y avoit longues années, que ce seroit lui faire tort et lui donner sujet de plainte, s'il n'y étoit continué; ce que monsieur de Pardaillan ayant appris, s'en plaignit tout ouvertement à tout le monde pour le faire trouver mauvais, alléguant que monsieur de la Force auroit assez à faire en Béam sans qu'il voulût encore avoir le commandement en Guyenne; ce qui étant su aussi par messieurs les Marquis, ils représentèrent aussi de leur côté que le dessein de monsieur de la Force éloit de laisser en Béam son fils aîné qui avoit la survivance de ce Gouvernement, et qui étoit non-seulement agréé de tout le pays mais aussi fort aimé; qu'ainsi monsieur de la Force pouvoit être libre pour aller en Guyenne.
Mais monsieur de Pardaillan portoît tout cela si impatiemment qu'il en vint jusque-là que d'en faire parler à messieurs les Marquis de la Force et de Castelnaut par le sieur de Savignac, (qui est celui qui le tua quelque temps après ), et particulièrement pour se plaindre de monsieur de Castelnaut
CHÂPITEE L lis
de ce qu'il soUicitoit contre lui; comme si les inté- tm. rets de monsieur de la Force son père ne dévoient pas lui être plus chers que ceux de monsieur de Pardaillan *, ce qu'il dit à monsieur de Savignac, trouvant bien étrange qu'il s'en formalisât; mais pensant de le contenter et pour l'obliger, ils lui ofifrirent, autant que cela pouvoit dépendre d'eux, de le faire nommer Lieutenant Général , ( quoiqu'il y en eût d'autres qui prétendoient à cette même charge ), et ils éloient en assez grande considération et avoient assez de crédit et d'amis pour pouvoir faire réussir la chose. Mais monsieur de Pardaillan plein de présomption, rejeta cette proposition, se promettant toujours qu'il pourroit venir à bout de ses espérances. Gela causa quelque trouble dans le Synode, et fit que quelques-uns des principaux, pour éviter les désordres que cette nomination pourroit causer, proposèrent qu'on la remit à l'Assemblée générale, comme bien connoissante des personnes qui pourroient être employées dans cette charge; à quoi messieurs les Marquis de la Force eC de Gastelnaut ne s'opposèrent pas, ne faisant nulle difficulté de croire que monsieur de la Force n'y fût préféré. Ainsi la chose fut ré-
* M. de Boisie-Pardalllan se (rouyaii Fonde par alliance de M. de Caitelnaat.
1031. solue dans le Synodei et tous les mémoires dressés pour être envoyés à la Rochelle et domiés au sieur deCastelnaut, qui partit quelques jours après pour y aller ; et cependant monsieur le Marquis de la Force voulut bien prendre le soin et la peine d'aller demeurer à Bergerac, tant pour y veiller à la sûreté d'icelie pendant Tabsence de monsieur de Gaa» telnauty que pour faire avancer le travail des fortiûcations.
Monsieur de Casteloaut s'achemine à la Rochelle sans nulle mauvaise rencontre; or il est encore à savoir que Tordre que ces messieurs de l'Assemblée avoient pris, c'est que tous les mois on changeoit celui qui y devoit présider , et trois jours après Varrivée de monsieur de Gastelnaut, le temps expira qu'on en devoit nommer un autre^ et on lui fit cet honneur de l'élire Président.
Durant presque tout ce mois^ il ne se passa rien de fort considérable, bien que les bruits de guerre augmentoient toujours. Il arriva que monsieur de Villarnoul, gendre de monsieur du Plessis-Momay, qui avoit été ci-devant Député généi^l à la Gour^ fut envoyé de Paris à la Rochelle de la part de monsieur d'Esdiguières pour faire des propositions à VAssemblée, les assurer des bonnes volontés du Roi, et pour les exhorler d'empêcher par leur mo-
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dération que les choses ne se portassent aux extré* iiti. mités. Il fut bien reçu de l'Assemblée, non sans le soupçon de quelques-uns, qu'il n'y eût été aussi envoyé à d'autres desseins, de quoi le peuple de la Rochelle fut bien plus fort persuadé; et comme c'est leur ordinaire de s'émouvoir facilement, lors*» 'qu'ils croient qu'il se trame quelque chose à leur préjudice ou contre leur intention, ils se soulèvent et s'en vont au logis de monsieur de Yillarnoul à dessein de le prendre et pôiir lui faire du déplaisir ; ce dont l'Assemblée étant avertie, ces mes-» sieurs vont eu Corps trouver cette populace» pour leur représenter combien ces émotions étoient dangereuses et nuisibles, et pour empêcher que mon» sieur de Villamoul ne tombât entre leurs mains; mais elle ne les vit pas sitôt apprgcher que soudain ils se retirèrent, et il demeura en liberté. Quelques jours après il s'en retourna, non avec le succès qu'il s*en étoit pu promettre.
Il est encore nécessaire de représenter ici que monsieur de Favas qui étoit Député général à la Cour, au lieu de travailler aux affaires de ceux de la Religion, et de se contenter des offres raisonnables qu'on leur faisoit, se montrant difficile et pensant par là faire sa condition meilleure, n'en agréoit pas une, faisant plusieurs demandes avan-
tm. tageuses pour lui mais irraisoimables^ comme d'être fait Maréchal de France, et après encore plusieurs autres. Ce que ne pouvant obtenir^ il refusoit tout ce qu'on vouloit accorder en faveur de ceux de la Religion, croyant qu'on aimeroit mieux le contenter que de porter les choses dans les extrémités ; et finalement par son obstination et mau-' vaise conduite, il fut contraint de se retirer à la Rochelle.
Or avant de passer ôutre^ il faut que je die quelques particularités touchant monsieur de Gastelnaut dont Tune est bien remarquable : c'est que durant le mois qu'il présida en l'Assemblée, il y arriva deux choses : l'une du temps qu'on célébroit la Cène, qu'il fut averti par le Consistoire d'être le premier à se j)résenter à la table, et ne songeant pas que c'étoit à l'occasion de ce qu'il présidoit, et ne voulant pas être des premiers, il attendit que d'autres eussent passé; sur cela le Président de la ville de la Rochelle, comme c'étoit sa coutume, s'avançant pour venir à la table, le ministre l'envoya arrêter par un Ancien, et quand et quand en envoya un autre à monsieur de Castelnaut pour le faire venir. C'est parce qu'il disoit qu'il y avoit une grande difiérence entre le Corps des Églises de France assemblées en un et le Présidial de la Ro-