‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 15 sur 101 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

passant par Bergerac pour s'y en aller, fut dans i«i. l'assemblée du Synode, et ils conférèrent de toutes choses, mais particulièrement avec monsieur de la Force; jugeant bien ainsi que lui, combien cette division et mésintelligence que monsieur de Pardaillan causoit, porteroient un grand désavantage et beaucoup de désordre parmi ceux de la Religion , monsieur de Rohan voulut encore tacher de le ramener et de l'engager à une réunion et bonne intelUgence; et monsieur de la Force qui a toujours préféré le bien public à ses intérêts, pensant obliger monsieur de Pardaillan et le convier par là à re« venir, lui fit offrir par monsieur de Rohan, qu'il lui laisseroit la province du Bas-Agenois pour y com« mander en chef.

Mais comme monsieur de Pardaillan apprit que monsieur de Rohan le vehoit trouver, il s'absenta de Sainte-Foi , ce qui n'empêcha pas monsieur de Rohan de faire assembler la Jurade dudit lieu, pour les exhorter de se mettre en bon devoir et être bien unis et de bonne intelligence avec leurs voisins; le sieur de Montpouillan étant allé avec lui , voulut dire que c'étoit le seul moyen de pouvoir subsister et se conserver : sur quoi monsieur de Théobon (qui étoit présent, et qui avec monsieur de Par-

daillan, tenoit en quelque façon les habitants assu- IV. 9

itO MÉMOIRES DU MARQUIS K GASTBLNAUT.

A«u. jettb, cedontils témoignoieat ne pas être contents), apprôhendant que leur Tenue et leurs discours n'apportassent quelque changement à l'autorHé que lui et son beau-père avoient usurpée, prit la parole, et n'osant s'attaquer à monsieur de Rohaa, se piqua mal à propos contre monsieur de Mont* pouillan; mais le sieur de Rohan apaisa le tout, bien qu'il n'eût pas fallu presser ceux de Sainte- Foi pour dire à monsieur de Théobon de se retirer, trouvant mauvais ce qu'il avoit fait.

Ainsi monsieur de Rohan s'en retourna sans avoir rien fait et fort mal édifié; cependant avec monsieur de la Force^ ils vont faire un tour à Glairac, où ayant encore assemblé beaucoup de monde et des principaux, ils envoyèrent de nouveau prier le sieur de Pardaillan, et par quelques gentilshommes de ses parents, de s'y vouloir rendre pour tacher encore à le ramener et le disposer à une bonne union; mais il leur fut impossible de le lui persuader, et n'y gagnèrent rien; c'étoit une humeur qui ne (léchissoit pas aisément, et de plus les puissants et mauvais esprits qu'il avoit près de lui,n'étoient pas pour lui conseiller quelque chose de bon, et selon que son devoir et sa conscience l'y obligeoient' ^

* Kom avoni loppriroé ici la reocontre de M. de Vignolei par

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Il est eacore qéc^saire da repréientâP m que ^f«t« tandis que le Roi teooit assiégé Saint^Jean^le siepr de Hautçfoataine ^ y fut tué} c'étoit celui qui prin» cipalemeot agiasoit et ordonuoit de toutes oboses, et monsieur de Soubise ainsi que tous les autres Seigneurs qui étoient dedans la place , se reposant entièrement à sa bonne conduite, et il est à croire que s'il eût vécu, le Roi ne fût pas si facilement venu à bout de ce siège que de ceux qui étoient les prin^ eipaux en icelui, et qui ayoient le commandement à un quartier^ et qui tous les jours étoient sollicités à se vouloir rendre avec mille belles promesses* Enfin Us Umis surent persuader, et ils commfflicèrent à traiter même au déçu de monsieur de Soubise; les choses en vinrent si avant que n'y voyant plus de remède, il fut contraint lui'^méme à ^ ^•'■* consentir»

Rafcta ei U Force; là prUe de Ciamont, par la Force, eilo siège do cette Tille, par le Duc de Mayenne. M. de Caitelntu^, qui n'arail assisté à aucun de ces éyénements, reproduisait presque textuelle- Biot le récit qu'eu fiiit sou père. Voir les Mémoitu de la Fofe$, tome II, depub la page 133 jusqu'à la page 14S*

t Tallemant des Kéaux dit qu'il était fils d'un bourgeois de Paris, HngoeDot, Bommé Purand, qui s'éuit retiré k Genève h aauie de U persécution. Hautefontaine arait étudié les lettres, et ayant disputé i Leyde une chaire de philosophie^» du Moulin, célèbre pasteur, Tainca par lui, U la battit. Il a? ait été gouTeraenr da Rohan ot de Sonbiaa, qui ne juraient que par lui. « Cestoit leitr Jupiter Hamon, kuf OraeU de Delphes, en un mot, ils n'entreprennoient rien uxo iifcoifsoiTO. » (JfaroMra Jfanfo^, tome Vil, p. SttS.)

MM. Et soudain après le Roi part et s'en va à Pons, lequel le Marquis de la Gaze qui en étoît Gouverneur, avoit quitté, pour n'avoir pas pu obtenir le commandement qu'il avoit désiré de ceux de l'Assemblée générale, qui y envoyèrent le Marquis de Chàteauneuf.

Celui-ci y étant, et ne trouvant pas la place en état de pouvoir se défendre et de résister au Roi Mj«ia. qui venoit l'attaquer, fit aussi son traité et la rendit. Le bruit se répandit alors que sa Majesté s'en venoit droit en Guyenpe avec toute son armée et sans s'arrêter; cela alarma beaucoup de monde. Il est à savoir encore que pendant ce temps-là monsieur de Boisse-Pardaillan avoit aussi envoyé le sieur de Malleret vers le Roi pour faire sa condition , et particulièrement pour l'obliger de venir en Guyenne et s'assurer qu'il n'y trouveroit pas de résistance , ayant gagné les principaux de la province et même des villes, en détournant les uns d'aller trouver monsieur de la Force, et les autres de le recevoir. Le sieur de Pardaillan faisoit encore dire à sa Majesté qu'elle ne devoit pas douter que ceux de Bergerac, les voyant approcher, ne se réunissent même sous son obéissance , car pour cet effet il y avoit pratiqué et disposé beaucoup de monde, et qu'aussi tous les principaux de la No-

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