CHAPITRE a ISS
blesse qui avoient fait d'abord tant les échauffés, ^^* s'étoient refroidis, et au lieu démettre en campagne des gens de pied comme ils Tavoient promis , chacun se tenoit dans sa maison sans rien faire.
Et comme le Roi ne manquoit pas d'avoir des gens de tous côtés pour gagner tout le monde et les persuader, en ayant même envoyé vers monsieur de la Force, et tachant à leur faire accroire qu'il n'en vouloit pas à la Religion, et qu'il ne détroit rien innover parmi eux, mais qu'il vouloit les maintenir et faire jouir delà liberté des Édits; qu'il ne demandoit qu'obéissance, et que les villes seroient conservées dans leurs libertés et privilèges, cela fut cause en partie du refroidissement de plusieurs, et que presque toutes les villes députèrent vers sa Majesté, pour l'assurer que moyennant les conditions qui leur étoient offertes de sa part, qu'ils mettroient les armes bas, et seroient toujours prêts à le reconnoitre et à lui obéir.
C'est ce qui avoit obligé monsieur de la Force, se voyant abandonné de la plupart, de faire solliciter le sieur de Panissault de se vouloir ranger auprès de lui; et pour l'y obliger lui fit oflrir la Lieutenance Génàrade de la Basse-Guyenne. Lui qui étoit ambitieux, et jugeant même que cela ne lui pouvoit être qu'avantageux pour mieux venir à bout de ses
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desseins et lui en faciliter les moyens y ne manque pas d'accepter cette condition et d'aller trouver à Tonneins le sieur de la Force.
Et tandis que oeluinû étoit occupé vers la Ga^ ronne à cause du siège de Nérao » travaillant toujours à leur donner toute l'assistance qu'il lui seroit possible^ ceux de Bergerac envoient vers lui pour le supplier de vouloir venir en toute diligence ^ lui donnant avis comihe quoi la ville de Saint-Jean s'ëtoit rendue^ et comme quoi le Roi y éloit entrée et que ceUx de Pons faisoient aussi leur traité. Ce qui donna un grand étonnetnent partout, et obligea monsieur de la Force de s'en venir à Bergerac qui £ûsoit lors la tète» car les villes de Gastillon et de Sainte-Foi avoient d^à fléchi aux persuasions du sieur de Pardaillan, et par les menées et divers voyages qu'avoient foiCs sur cesijyet^ delà partdudit sieur de Pardaillan, les sieurs de Malleret et de Penchât, continuant toujours de donner les mêmes assurances au Roi, et qu'il ne trouveroit pas de ré- «istance^ et particulièrement de l'obéissance de tout le Bas-Agénoi8%
Cependant le travail des fortifications de Berge* rac se redouble à la vue de monsieur de la Force» U demande aux personnes de qualité et à nombre de capiiakies particuliers qui lui avoient promis
GflAPinusiL us
asBistance et à qui il avoit donné de Target pour léii. faire des troupes^ d'avoir à se rendre à Bergerac; et par le rôle qu'il en avoit fait , cela se montoit à dx mille h(»nme8, et faisoit état qu'au moins il en auroit quatre mille. Tout cela lui manqua, rëpon-» dant que la prompte reddition de Saint^lean et de Fons et Tacheminement du Roi avoient donné telle épouvante , qu'ils ne pouvoient faire marcher les soldats.
Ceux de la Garonne et Haut-Âgénois , où €it le plus grand nombre d'hommes^ diacun vouloit gai> der ses places y ils s'occupoiait même à celles qui n'étoient de nulle considération ni importais» ; et cetncqni s'^2 ëtoient attribué le commandement, n'avoi^dt d'autre dessein que de pilloter et lever qndqaes contributiotts durant la guerre. Les afibi^ ves n'étotent pas si bien établies que ceux qui avoient l'autorité dans la province, pussent remédier }i tous ces inconvénients et désordres , et tout le Bas-Agéoois ^ étoit si fort pratiqué par monsieur de Pardailbn, et ceux d'entre eux qui se trouvoirat encore de bonne volonté, étoient t^ement mou* oés qu'on ne put avoir personne. Le sieur de Par**
1 Dans UM avtre c«pif,. au lieu du Bas-ÀseooîB il se trouve : SainU-Foi^ CaitilUmf Montrcnel «f Gemao étoimt tellement pra-
ISO MtlIOIEES DU MAKQHS IHS GASIELNAOT.
tttu daillan continuant ses pratiques ^ ne laissa nulle ville de Guyenne vers laquelle il n'envoyât et surtout aux Gouverneurs de Monflanquin , Tonneinsdessous, Tournon, Puymirol et Glairac, donnant assurance à tous que le Roi ne demandoît qu'obéissance et n'en vouloit nullement à la Religion , mais à monsieur de la Force et à sa Maison; leur promettant encore de la part de sa Majesté de les faire jouir de toutes les offices qui leur avoient été ' faites.
Le sieur de Panissault qui de longue main étoit gagné et de la cabale de monsieur de Fardaillan, et qui voyoit la chance tournée , ne bougeoit cependant d'auprès de monsieur de la Force , faisant le bon valet et ayant par ce moyen plus de commodité de le trahir. Il avoit beaucoup d'amis dans Bergerac, ayant demeuré toute sa vie parmi eux, et qui déféroient beaucoup à ses opinions y il étoit en outre assisté des amis du lieutenant-général Gharon, cette maison d'ancienneté ayant toujours été ennemie de monsieur de la Force, et qui avoit une puissante et forte cabale à cause d'une continuelle division que de tout temps il y avoit eu entre lui et les Baillifs de Bergerac, particulièrement avec l'un d'eux nommé Gast, au sujet de leurs charges et de l'élection des Maires et Consuls qui étoient à