‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 32 sur 101 · CHAPITRE YL · texte numérisé non relu

CHAPITRE YL

<m ne saanquoit pas d'y tirer^ et ainsi on étoit con- tmt. traint de les en ôter* Mais un jour, ayant remarqué que dans une place qui étoit à un des faubourg]^ de Ville-Bourbon, on y disoit la messe, parce que plus de gens y pouvoient assister, ce qui étoit vu facilement de dessus le demi-bastion deMontmirat, on y met quelques pièces en batterie; les principaux qui commandoient en ce quartier assistant à la messe, on leur tira quelques coups qui les écartèrent bien et les firent retirer fort vite, entre autres, de ceux qui y furent tués, il y eut quelques moines, et le prêtre obligé à abandonner son sacrifice commencé.

Et avec cela il y avoit toujours des entremetteurs et des solliciteurs, et comme avant la fin du si^, monsieur de Gaslelnaut leur permettoit souvent de monter sur le terrain pour s'entretenir, croyant n avoir plus rien à craindre, il arrivoit que souvent à lui ou à ceux qui étoient avec lui, leur parlant à Toreille, ils faisoient des propositions tant pour la paix que pour obliger ceux de Montauban à recevoir le Roi, avec toutes les promesses et conditions avantageuses qu'ils eussent pu dés^irer , le Roi ne demandant qu'obéissance et de pouvoir seulement entrer dans la ville sans y rien innover, et

pour monsieur de la Force et les siens, promettant IV. 18

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iM. de les remettre en leurs diarge», pemions et goit- Temementfl; mais ils ne purent obliger ceux à qui ils parloient, de leur donner la satisfaction qu'ils demandoient, quoiqu'ils eussent souvent offerte monsieur de Castelnaut de lui donner la carte blanche, laquelle ayant refusée plusieurs fois^ ils la lui laissèrent sur le terrain et se retirèrent; si bien qu'il fut contraint de la prendre de peur qu'dle ne tomb&t entre les mains de ceux de Montauban à qui on vouloit toujours ôter toute sorte de méfiance, car naturellement ils sont un peu sujets d'en prendre.

Il arriva aussi que le sieur de Yeyrières conti** nua toujours son entremise par Tordre du Roi, lequd avoit agréé que ceux de Montauban nommeroient des députés pour envoyer vers monsieur de Rohan, pour qu'étant là, ils pussent traiter des conditions de la paix.

Mais j'ai plutôt à dire qu'environ vers le milieu du siège, on fit proposer une entrevue entre monsieur de la Force et monsieur de Chaulnes, ce qui fut agréé , non que monsieur de la Force le voulût faire autrement qu'assisté de messieurs de Montauban et en leur présence, même que les autres demandant qu'il voulût aller jusqu'au quar^ tier du Roi, il le refusa absolument, disant que

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cela ne se devoit pas , et qu'il ne sortiroit point hors 4es cornes de Ville-Nouyelle; mais enfin il fut tant pressé et sollicité qu'il promit qu'il sortiroit jusque sur la contrescarpe, mais non pas pour aller plus ayant. Voilà donc, un jour pris pour cette en* trevue, néanmoins monsieur le Maréchal de Ghaul* nés ne se put jamais résoudre à venir jusque-là, ce qui fut cause que monsieur de Bassompierre prit sa place avec monsieur de Brantes, frère de mon* sieur de Ghaulnes, et plusieurs gentilshommes de la Ciour avec eux.

Monsieur de Gastelnaut sortit aussi, qui parlant à ses connoissanceSi leur représenta le peu d'espérance qu'il y aToit que le Roi pût yenir à bout de oe siège; et comme il savoit qu'il y avoit encore une mine à jouer, il les prioit de ne s'y présenter pas, car assurément il n'y feroit pas bon pour eux. L'entretien qu'on eut ayec monsieur de la Force fut toujours la même chose que ci*devant, tant pour lui que pour ce qui regardoit ceux de Montauban qui comme à l'accoutumée, renvoyèrent toujours le tout à messieurs de l'Assemblée de la Rochelle et à monsiefir de Rohan. Après cela ils voulurent commencer à intimider monsieur de la Force et à user de menaces, lui représentant qu'il pouvoit faire sa fortune et celle des siens en rentrant aux

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bonnes grâces du Roi, et d*aiUeurs aussi ce qu'il avoit à craindre, comme de ne point douter que toutes ses maisons ne seroient rasées et ses biens confisqués, et surtout sa belle maison de la Force. Sur quoi il répondit : Quoi! cela n'a^t-il pas encore été fait? Hé l ce ne $ont ifue des pierres et des mu^ railles, cette considération n'empêchera jamais que je ne fasse ce que je dois. Sur cela il fut aussi proposé de faire une députation vers monsieur de Rohan, ce qui fut continué et exécuté ensuite, quoiqu'il se passât beaucoup de choses entre deux , ptiis ils se séparèrent ; et comme on jHressoit toujours cette députation, il se fit une assemblée à Montauban pour résoudre ce qu'il y avoit à faire. Cette proposition fut approuvée , il fut question de dresser les mémoires et nommer les députés; monsieur de Castelnaut fut élu pour le cbef de la députation , et poiH* ceux de Montauban, le premier Consul Dupuy , Noaillan et quelques autres ; et pour monsieur de la Force, le sieur du Fraische; pour le Comte d'Orval, son capitaine ^ des gardes; un autre, pour les volontaires ; et un autre, pour le secours qui étoit entré. Le Roi devoit donner des passe-ports, et monsieur d'Esplan les devoit conduire et aller

I 11 le Dommait avHi Dvpuy.

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avec eux à Castres, comme envoyé de la part de sa Majesté.

Mais en attendant que le jour vint qui avoit été arrêté pour sortir, on fit une attaque au bastion de Paillas et fit-on jouer encore quelques mines, ca qui piqua ceux de Montauban; ils se résolurent d*«i ayoir raison avant d'aller vers monsieur de Rohan, car ils avoient eu tant de bons succès que cela les rendoit un peu fiers , quoique du côté du Moustier leurs affaires étoient en mauvais état.

JEnfin dans cette situation, monsieur de la Force jugea qu'il étoit nécessaire de faire un effort pour repousser les assiégeants et les chasser du poste qu'ils avoient pris proche le bastion de Paillas et de la muraille de la ville, et qu'il étoit trop dangereux de les y souffiîr plus longtemps, de peur qu'aprés avoir augmenté leurs corps de garde, ils ne fussent en état de venir à bout dans leurs desseins.

n assemble donc le Conseil et propose de faire une grande sortie de ce côté-là, ce qui fut jugé à propos, et que pour faire une diversion, on donneroit du côté du Moustier contre quelques dehors que 'les assaillants tenoient , et par même moyen, dans leurs tranchées; monsieur d'Eymet devoit commander cette diversion, tandis que de l'autre

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côte, qui étoit le principal sujet et là où ils faisoient leurs corps de garde , monsieur de Yignoles qui oommandoit en ce quartier (jeune homme qui n'a- ▼oit pas beaucoup d'expérience, mais qu'on avoit mis là parée qu'il étoit le neveu du Comte de Bourgfranc), donneroit de ce c6té4à pour ruiner et brûler letdits corps de garde, et tâcher de se lo-« ger dans ce poste pour les empêcher de le pouvoir plus occuper après.

Monsieur d'Eymet fit tout ce qu'il pouToit £ûre, quoiqu'il trouvât grande résistance, et nommément il y eut un capitaine qui défendit de sa parsanne valeureusement son poste, et s'y fit tuer. L'efiroi et l'alarme furent très-grands partout, si luien que cela donnoit beau jeu au sieur de Yignoles d'exécuter son entreprise, mais je ne sais par quel malheur, il ne donna pas. Il en accusoit ceux qui avoient été commandés avec lui, et eux disoient que c'étoit lui qui devoit les conduire, et que s'il eût donné, iia l'eussmt suivi.

Tellement que voilà une sortie , quoiqu'dle ne laissât pas de faire un grand effist , qui fut néan-* moins inutile à l'occasion pour laquelle on l'avoit entreprise. Et comme monsieur de la Force ne manquoit pas de se trouver partout où sa présence et sa bonne conduite pouvoient être nécessaires^ et

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qa'il ne s'expoaoit que trop souvait dans le» périls d'où ceux qui étoieot auprès de lui , ne l'eu pou** Toieut retirer, il eut sou manteau percé de divera coups de mousquet) quoique ce né fût pas la pre^ miëre fois, car presque par tous les quartiers, il ne se contentoit pas du rapport qu'on lui faisoit du travail qu'avoient fait les assi^;eants; et surtout à Montmirat où il ne se bomoit pas à regarder par les canonnières, il falloit encore qu'il se montrât aurdessus du terrain pour mieux voir tout sans qu'on l'en pût empêcher, ce qui mettoit quelque^ Cm monsieur de Castelnaut au désespoir : car en ee cpiartier ils ét(»ent si proches les uns des autres^ chacmi de son côté occupant un même terrain^ qoe bien souvent on arrachott les piques aux aasié'* géants ou on les leur coupoit avec des fiiulx atta« criées au bout d'une perche, qui étinrat les armes dont les femmes se tervoient.

Ces sorties mettoient bien en peine monsieur de Gastelnant, vu le petit nombre de soldats qu'on «rmt, attendu que pour icelles, on prenoit jusqu'à <fix hommes de diaque corps de garde, et que pres^t que tous les vokmtaires qui se voqloient trouver en ces oocasioDS, l'abandonnoient aussi, même plusieors de ceux qui n'étoient pas commandés ou qui pour un autie sujet se troufoîent ahsents, si bmm

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MU que les gens da Roi avoient toute la facilité qu'ils eussent pu souhaiter^ s'ils en eussent eu la volonté, ou s'ik eussent eu connoissance de notre foiblesse; et c'est sans doute que s'ils se fussent préparés à cela et qu'ils eussent donné» que malaisément leur auroit*on pu résister, car on n'étoit pas assez pour pouvoir garder le circuit des cornes qui étoit grand, et quand et quand tous les travaux et retranche^ ments qu'on avoit faits derrière icelui, si bien que sans difficulté on eût été obligé d'abandonner le devant pour conserver le derrière; et c'est sans doute que le nombre dbommes qui fussent venus de divers côtés, l'eût emporté. Vous pouvez donc bien imaginer l'inquiétude en laquelle devoit être monsieur de Castelnaut dans ces rencontres, m qu'il ne se pouvoit dispenser de fournir de son quartier le nombre d'hommes dont on avoit besoin. Quelques jours après, le Comte d'Qrval jaloux de n'avoir rien entrepris de soi, et poussé à cela par te sieur de Saint-Orse (qui n'avoit aussi rien fait de son côté, ayant toujours demeuré dans les OMides de Ville-Nouvelle, hormis qu'il sortoit quelquefois avec des gens de son quartier pour amener du secours à ceux qui étoient attaqués); voulut faire une sortie du côté du Tescou et où étoit cette grande batterie. 11 ordonne donc des gens pour cek^ et lui

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