CHAPITRE TIL 3C
de s'exposer et de se mettre au hasard de mille *•**• dangers, s'achemine au bourg de Bren dans la terre de la Force et à une lieue de Bei^érac^ où elle donne rendez-vous à plusieurs particuliers; lesquels étant venus, s'il faut ainsi dire^ elle leur dessilla les yeux et leur fit comprendre dans quelle extrémité ils se verroient bientôt réduits pour le re^;ard de la Religion, si par une prompte résolution^ ils ne travailloient aux moyens de l'empêcher et se pouvoir conserver, en évitant la ruine d'euxmêmes et de tout le parti ; et qu'ils ne dévoient rien appréhender puisqu'il s'agissoit de la gloire de Dieu et du maintien et conservation de ses Églises; si bien que plusieurs qui s'étoient laissés allés au torrent des belles espérances et promesses par lesquelles on les avoit entraînés , jugèrent qu'enfin on les alloit conduire dans le précipice oii leur perte étoit assurée, à moins que par une vigoureuse résolution ils ne travaillassent aux moyens de tâcher à l'éviter.
Voilà le sujet qui causa les premiers bruits de la rumem» en Guyenne; ceux qui s'y trouvent néanmoins manquent de chef et de conduite, et se voyent bien empêchés de l'ordre qu'ils doivent tenir et par où ils doivent commencer; enfin la personne qui les avoit émus, leur propose, ayant
SIO IIÉIIOIBES DU MARQUIS DE CASTELNIOT.
i|M« aussi attiré monsieur de Théobon ^ qui pour \o9ê étoit le personnage le plus considérable parmi eux, de faire une entreprise sur Bergerac, se promettant qu'avec l'assistance des halûtants et de quel*^ ques-uns de ceux du lieu qui étoient dehors, comme Belrieu, Dangouoet et Larquay, d'en pouvoir TOdir à bout^ et que nonobstant la garnison qui s'y trouvait, que ceux de la ville en faciliteroioit l'entrée par les faubourgs où il n'y avoit point de soldats; et que se saisissant du pont et une fois entrés dans la ville, ils se rendroient aisément maîtres de la citadelle, proposant même de faire égorger les soldats qui n'étant point de garde, logeoient chez les bourgeois. Parmi les entrepreneurs étoient les sieurs d'Àuripech, Boudou, Pedelmas et Richomme^ a^sea repentants de ce qui s'étoit passé à Clairtc.
Voilà donc la résolution prise, ils se mettent en chemin avec quelque nombre de caval^e et d'infanterie sous lopinion que rien ne pouvoit empêcher l'exécution de leur dessein. Il faut encore
> Fontenay-Mareuil prétend que ce fut la Marquise de la Force qui gagna TMobon et amifa Saint«-Foi tu parU t cM. io HMobon ayial receu, despuis sa ré?olte> M. de la Perce dans Sainte-Foy» ftist encore sy mal avisé que de deyenir amoureux de la Marquise de la FiDm ; laquelle, bien q«'«Ue s'en macqult, bé lé loy tesMoigna poor» tant pas; mais, en usant comme une habile femme, s'en serrist pour gagner un tel crédit sur la garnison, qu'elle en rendist M. de la Force la nalMre. » {Fontmap-Mareua, fom. i^, pa§. im.)