‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 41 sur 101 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

ajouter à eed, qu^ils n*étoieiit pas tous si bien d*ao ^^« cord que lors même qu'ils se fussent rendus mai-* très de Bergerac, qu'ils en voulussent laisser le pouvoir et le commandement à monsieur de Théo-« bon, mais ils avoient résolu de le conserver pour ceux de la Maison dont le. Gouvernement avoit dépendu de longue main; et comme c'étoit prin* cipalement les. gentilshommes qui avoient les premiers , à la persuasion de la Marquise de Cas*tdnaut, fiût ce dessein et pris cette résolution , la plupart aussi de ceux qui étoient employés dépendant de ladite dame, avoient cette créance aussi qu'après cela ils eussent eu ceux de la TiUa de leur côté, et qu'ainsi il leur eût été facile d'f réussir; mais comme bien souvent on s'accompagne de personnes qui sous un beau semblant ne laissent pas d'avoir de mauvaises intentions, ainsi un de cette troupe qui par soupçon avoit déjà donné quelque avis à Bergerac, ne manqua pas soudain dès qu'il se vit assez proche du lieu^ pour pouvoir être entendu, à tirer un wup de pistolet qui jeta l'alarme, fit prendre les armes à toute la garnison, les obligea à se saisir des portes et à lever le pont^ levis; si bi^i que quand ces messieurs l'eurent abordé, ils le trouvèrent levé et gardé, et par ainsi leur entreprise manquée, et cefutàeux de'se retirer*

813 IIÉMOIRES DD MARQUIS m CASTELlUirr.

<Ai* Après cela le masque étant tout à fait jeté, monsieur de Rambures qui commandoità Bei^erac, ne fit que se tenir sur ses gardes sans pouvoir les attaquer, car le Roi n*avoit pas laissé de troupes en Guyenne, se reposant sur l'assurance que monsieur de Pardaillan lui donnoit que rien ne bougeroit, ayant mis Sainte-Foi entre les mains de son gendre *, et n'y ayant plus nulle autre ville de considération dans toute la Guyenne qui fût en état de rien entreprendre, •

Cependant monsieur de Théobon et tous ces messieurs qui avoient levé le masque, bien empêchés de ce qu'ils avoient à faire et se trouvant sans chef pour les conduire, monsieur de Théobon ne s'en sentant pas même capable; à la sollicitation de madame la Marquise de là Force, il propose d'eiH voyer à la Rochelle vers messieurs les Marquis de la Force et de Montpouillan, pour les supplier de les vouloir assister et commander.

Tout ceci étoit arrivé avant que le siège de Montauban ne fût levé, ce qui fit bien juger à ceux qui conduisoient les affaires de l'État, qu'il n'y avoit pas besogne achevée; le Roi s'achemina donc du côté de Toulouse, et prit sa route le long de la

> Le Marquif de Théobon.

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