‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 5 sur 101 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SOMMAIRE

Dmmûb de l'aiiUiur de oei Mteoirei. -« Eiprit dMM.lequd.iU «ont écrits. — On a commencé à attaquer ceux de la Religion par M. de la Force. — Le Marqnii de Monlponillan protège les frères Lnynes. — ▲ la mort du Marquis d'Ancre, il €ède> Fatné la chtrge de premier Gentilhomme de la. chambre.— Ingratitude du sieur de Luy* nes.^n se sert du prétexte de la Religion pour éloigner Montpouillan ei proeortt la disgrâce de la Maison delà Foffce*-*-Le Due d'JSpernon a ordre d'entrer en Béam avec une armée. — M. de la Force lui enrôle des députés pour] s'enquérir des motlfii de son voyage. «•D^pvson les anose. — U fait Biareher ses troupes à grandes ioornées sur Pau.— M. de la Force» abandonné de ses partisans» se Toit réduit à quitter le Béarn. — Il passe en Guyenne à traten aille dangoes. —Assemblée de Loudun. -*- RééleetioB des députés pour la Rochelle. — Le Marquis de Castelnaut élu à la place de FaTas, suspect aux Réformés.— Une maladie Tempêchedese rendre è TAseenblée générale. — Boisse-Pardaillaa et Luilgnan cssayeal de foire nommer un antre député.— Castelnaut d^'oue leur dessein. —Efforts de Fardalllan pour être éhi Général du Gerdede laBasse- ^ CuMMttilti Qllkv ta fihiiMmwi «• ImiÊm

93 IIÛI0IIŒ6 DU MA&QDIS DE GA6TELNAUT.

a« Synode à cefujet.— Go arrête de fomnettre kf noniiiitioiità rAsfemblée de la RodieHe. — Gaitelnaut j Ta porter let résolatioDf prises à Sainte-Foi.— Il est éla Président de rAssemblée générale. — Il sauf e des mains de la populaee le sieur de YiUarnon], gendre de du Plessis-Momaj et porteur des lettres de Lesdigniéres. — Prétentions de Payas à la Cour. »I1 est contraint de se retirer. — Honneurs rendus à Cutelnaut par ses eoreligloonaires. — La nomination du Maire de la Rochelle lui est déférée* — Il choisit M. de Sorbiers. — Pavas arrive et porte les esprits à la guerre. — Retour de Montpouillan à la Cour.— Les Luynes l'en font chasser une seconde fols.— Il revient à Bergerac trouver M. de la Force. — Rohan et la Trémollle à la Rochelle. — Castelnaut obtient un congé pour rejoindre son père et pourvoir à son Gouvernement. <*Pardaillan et Théobon s'emparent de Sainte-Foi.

U seroit trop long de déduire ici toutes les causes et toutes les raisons de nos malheurs, aussi n'est-ce notre but ni notre intention; et ce que nous en faisons, est plutôt pour nous divertir que pour nul autre dessein; avouant avec cela que ce travail ne peut être que fort imparfait^ tant à cause du long temps que ces choses se sont passées qu'à cause de notre mauvaise mémoire, ne commençant ce traité qu'à la fin de l'année 1 666.

Que si par le passé nous avions eu le soin de mettre par écrit ce que nous estimions être de plus considérable, pour nous en faire ressouvenir et nous en servir à l'avenir selon l'occasion^ il est arrivé aussi qu'une partie des mémoires que nous

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&ï ayons faits, se sont perdus^ ayant ëtë mis dans des tablettes ou sur des agenda. Ce n'est donc que pour occuper nos loisirs et pour contenter notre humeur que nous écrivons aujourd'hui. Notre dessein n'est d'offenser personne, ni leur réputation, ni leur mémoire, mais seulement de représenter les choses selon la vérité et la connoissance que nous en avons eue; que si nous nous étendons davantage sur le sujet de quelques particuliers, ou sur quelques particularités des choses qui se sont passées quoiqu'il pût y en avoir qui seroient estimées autant ou plus importantes, c'est parce que nous avons eu plus de connoissance des unes que des autres et que notre désir est que ce recueil ne sorte point de notre cahinet.

U seroit à désirer que nous eussions coté les temps où ces choses sont arrivées , mais comme les histoires qui rendent compte de ces événements, en marquent les époques, il sera facile d'y recourir, d'autant plus qu'à présent ce travail serôit long, qu'il nous donneroit beaucoup de peine, et qu'enfin il nous ennuieroit plutôt que de nous divertir.

Aussi me contenterai-je de vous dii-e qu'on a commencé d'attaquer ouvertement ceux de la Religion et le Béarn par monsieur de la Force; d'autant que les personnes qui tenoient lors le gouver-

9( MÉMOIRES DU MAEQTM DE GASTSLlf AUT.

nement de TÊtat et qui abusoient de Tautorité da Roi y étoient le sieur de Luynes et $es frères qui avoient l'entière obligation de leur aTancement et de la faveur à laquelle ils étoient parvenus^à monsieur de Montpouillan qui les avoit introduits et protégés auprès de sa Majesté. J'ajouterai même cette particularité, que monsieur de Souvré, Gouverneur du Roi , entrant en jalousie de les voir si bien vus de sa Majesté, et craignant que la faveur qu'ils avoient , n'éloignât ses enfants des bonnes grâces du Roi, ou ne préjudiciât à leur fortune, les voulut chasser de la Cour et leur fît défendre de ne plus suivre sa Majesté.

Eux sans appui ni protection quelconque que du sieur de Montpouillan, ont recours à lui, lequel s'adresse au sieur de la Force, son père, qui, à sa sollicitation, parle à la Reine-Mère Régente et même au sieur de Souvré, et obtient d'eux qu'ils continueroient à suivre le Roi et à demeurer auprès de sa personne.

Par ceux qui ont décrit l'histoire, vous aurer pu apprendre la mort du Marquis d'Ancre, bien que non peut-être toutes les particularités de sa fin , et les causes et moyens qui ont été employés et dont on s'est servi pour en venir là.

Nous dirons seulement qu'après icelle , le sieur

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de Lnynes dësirtiit tout avoir, et le Roi ayant déjà accordé à monsieur de Montpouillan la charge de premier Gentilhomme de sa chambre, monsieur de Luynesla Touloit ; sa Majesté témoignant y donner son consentement, monsieur de Montpouillan la lui céda, sur les espérances et assurances qu'il lui donnoit non-seulement pour lui ,' mais aussi pour monsieur de la Force de procurer en tout et partout leur avancement, et particulièrement de donner la charge de Maréchal de France à monsieur de la Force, son père.

Néanmoins le sieur de Luynes , et sans avoir égard que le sieur de Montpouillan étoit le seul instrument et la cause de sa fortune, commença bientôt après à rechercher les moyens de procurer sa disgrâce et à le vouloir éloigner d'auprès de la personne de sa Majesté; d'autant que le sieur de Montpouillan possédoit entièrement les bonnes grâces du Roi auxquelles le sieur de Luynes tâchoità n'avoir plus de compagnon ; j'oserai même dire qu'il redoutoit l'esprit et le courage du sieur de Montpouillan , beaucoup plus fort et plus puissant que le sien.

Les moyens dont il se servit pour mettre ses desseins à exécution furent : que comme ceux du Réarn ne vouloient pas recevoir la main-levée des

M 1IÉ1I0IBB8 DU MA&OtnS DB GASTBLMAUT.

biesis ecclésiastiques, on fut bien aise d'en attribuer la cause et d'en donner le blâme au sieur de la Force quoique innocent.

Monsieur de Luynes s'avisa de faire en sorte que le sieur de Montpouillan fût envoyé vers ledit sieur de la Force, son père, pour le disposer à rexécution des commandements et volontés du Roi. On employa le Père Arnoux% confesseur de sa Majesté, pour le persuader au Roi, et on se servit du prétexte de la Religion pour chasser et éloigner monsieur de Montpouillan.

Néanmoins le Roi ne pouvoit agréer, ni consentir que le sieur de Montpouillan bougeât d'auprès de sa personne, car il l'affectionnoit fort et y avoit grande créance. Mais le dessein en étoit si fortement pris que déguisant leur principal but» finalement messieurs de Luynes le firent agréer au Roi, ou l'y contraignirent par les raisons et artifices qu'ils y apportèrent. On pourra voir par un discours* qui

< Layoes Toolant troir quelqu'un à lui auprès du Roi, fit cougédier en 1617 le père Gotton, jésuite, confesseur de Louis mi, qui rayait été de Henri IV, et l'éUit aussi de la Reine-mère; il choisit pour le remplacer le père Amoux, autre jésuite. Fontenay HareuU assure que ce bon père fit faire yœu i Luynes de traYailler i la ruine des Huguenots autant qu'il le pourrait, et jusqu'à leur faire la guerre, s'il en trouvait l'occasion.

^ Ce discours est publié au commencement de ce folumCt sous U titre de Mémaêr9$ iu Mar^uU de MinUpouilkm.

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