CHAPITRE IX
qu'ils ne fussent pas plus de douze ou quinze), son ««• cheval eut un coup dans les reins, et lui fiit tué après.
Mais chose étrange que tout le reste de la troupe qui étoit avec Miremont , laquelle assurément se composoit de plus de soixante chevaux, demeurèrent arrêtés à vingt pas de là , et sans s'émouvoir laissèrent tuer ledit Miremont ainsi que les autres^ tandis que s'ils eussent fait leur devoir et eussent chargé^ ils étoient capables de tuer où de prendre prisonnier monsieur de la Force et ibùt ce qui étoit avec lui, car il n'y a pas d'apparence que ceux qui à son commandement , n'avoient pas voulu tourner visage^ revinssent pour le secourir et désengager.
Après cela on fit un peu halte, environ à cinquante pas les uns des autres, et se regardant, mais ils ne s'avancèrent pas plus outre. Monsieur de Gastêlnaut continua à faire la retraite avec cinq où six seulement, et il arriva en ce lieu-là qu'un gentilhomme nommé Fressinet, son cheval s'étant abattu sous lui dans un fossé le long du chemin ,> sans que personne s'en fût aperçu, ne se pouvant désengager, y fut pris prisonnier, mais comme le nombre de ces ennemis grossissoit toujours, monsieur de la Force se retira du côté de Clairac.
Cependant monsieur le Harédial de Thémineft avec le gros de la cayalerie^ poursuivit ceux qui avoient pris la route du grand chemin d'Unet^ • croyant, TU que c'étoit là le plus fort de la troupe, que monsieur de la Force étoit passé'de ce côté4à t iK^nmoins presque tous ceux qui avoient pris ce chemin sa sauvèrent, mais tout ce qui fat trouvé dans les maisons ou à la campagne, fareat tués, tant hommes que femmes et petits enfanti.
Mobsieur de Castelnaut en se retirant au petit pas et n'étant suivi de perscmne, voyoit d'en haut du chemin, les troupes qui étoient avec monsieur de Thémînes, et n'avoit qu'à prendre gardequ'elles lui coupassent le passage; lorsque de ce côté4à même, il vît venir sept à huit cavaliers à lui, qui étant à quelque cinquante pas et découvrant quelque nombre de gens arrêtés au haut de la montagne, iui crïè« rent ; Sont<$ dei nôtreêf-^Ouij wil leur cria monsieur de Castelnaut , et ite impartirent, qu'ils' n'en dévoient pas être. Il leur cria encore : Si êwt^ sisani, offrochM, jfue cruigM%^imi ? et eux répondant toujours le contraire et ne voulant pas s'avancer, le Baron de Boisse plein d'impatience fait sauter le fossé à son cheval et pousse droit à eux, ce qui obUgea monsieur de Castelnaut à en faire autant; mais ils s'en allèrent si vite qu'il fut impossible de les abor-
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dei*! et il ne les 00a poursuiTre^ crainte de s'enga- ><>** ger, car le gros de leur cavalerie n'étoit pas fort ^ éloigné; ainsi voilà tout ce qui se passa dans cette occasion, et les uns et les autres sç retirèrent ensuite.