‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 63 sur 101 · CHAPITRE XJI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XJI

SOMMAIRE

Pratiqoei de M. de Thtfobon pour litrer Sainte-Foi aa Prince de Condé. — La Force empêche les habitants de lui faire un mauvais parti. — Ils le chassent de leur ville. — Le sieur de la Viile-aux- Clercs arrive de la part du Roi. — Négociations entamées. — Il cherche à intimider M. delà Force, et lui offre seulement de traiter pour lui et les siens. — La Force repousse cette proposition. — Il invite M. de Thépbon à assister aux conférences. — Il traite pour - Sàinte-Foi et toute la Basse-Guyenne , sans vouloir rien stipuler pour ses intérêts. — La paix conclue sur ces bases, le Koi fait son entrée dans Sainte-Foi. — M. de la Force reçoit le bftton de Maréchal de France. — Promesse de deux cent mille écus pour l'indemniser des charges dont il avoit été dépouillé. — Il ne touche qu'une partie de cette somme. -* Le Marquis de la Force part pour Cadenac. — Il combat pendant son voyage jusqu'à dix-huit fois en un jour. — Il se saisit de la ville et y rançonne le Duc de Sully.

— Théobon se retire yers Monflanquin dans l'espoir de s'en emparer. — Castelnaut en défend l'entrée k ses troupes, mais lui donne à dtner. — Il le loge aux environs de la ville. — M. de Montferrand offre k Castelnaut de lui acheter Monflanquin. — Ce dernier le refuse , et y reçoit les troupes du Roi. — Maladie du Maréchal de la Force. — n se retire à Cugnac, — Une lettre du Roi lui est apportée au milieu d'un accès de délire. — Réponse qu'il y fait.— Ler Marquis de la Force remet Cadenac à S. M. — Théobon vent ayoir sa part des deux cent mille écus promis au Maréchal de la Force. — Mauvaise querelle qu'il lui faiL — Le Prince de Coudé se charge de la réconciliation. — Difficultés qui s'y rencontrent

— Condé donne raison à la Force, et réussit à lui ûdre revoir M. àë Théobon.

En ces entrefaites) il arriva des choses qu'il est tm.

458 MÉIIOISES DU MARQUIS M GASTEUfAOT.

tm» nécessaire de représenter^ c'est que monsieur de Théobon donne de l'ombrage à ceux de Sainte-Foi, lesquels ont connoissahce qu'il avoit toujours des gens à lui auprès de monsieur d'Elbœuf^ et même qu'il avoit envoyé vers monsieur le Prince, et en quelque façon découvert que son intention étoit de mettre la ville entre les mains du Roi ou de lui faciliter les moyens de s'en rendre le maître. Ainsi ceux de Sainte-Foi avoient donc envie de faire un mauvais parti à monsieur de Théobon, ce qu'ils eussent exécuté sans Tempéchement que monsieur de la Force y apporta; il fut contraint néanmoins de sortir de la ville, de quoi il ne témoigna pas être fort marri; car ayant d^à fait un traité à Clairac avec monsieur de Lusignan, il en avoit commencé un autre avec monsieur le Prince, et étant sorti de Clairac, il tenoit la campagne, ayant avec lui quelque petit nombre tant de cavalerie que d'infanterie, et un gentilhomme et un garde de monsieur le Prince, sur la parole duquel il étoit.

On donna avis en même temps à monsieur le Marquis de la Force que s'il pouvoit se rmdre à Cadenac avec quelque petit nombre de ses amis, qu'on le mettroit dans Cadenac, nonobstant que monsieur de Sully y fût déjà ; comme cette place étoit tks meilleures et peu éloignée de Montauban,

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da possession pouvoît beaucoup fortifier le parti de ceux de la Religion; aussi monsieur de la Force nonobstant le dessein qu*il pouyoit avoir pour le Marquis de la Force, jugea à propos qu'il s'y en allât. Monsieur d'Eymet avoit été également obligé de s'en retourner à Saint-Ântonin dont il étoit Gouverneur, avec ceux qu'il avoit amenés de là.

Voici que de nouveau monsieur de la Force est sollicité d'entendre à un accommodement et traité de paix; pour cet efiTet, monsieur de la Ville-aux*- Clercs, Secrétaire d'État, et ancien ami de la Maison de Caumont, s'étoit avancé jusqu'à la Beuze, et l'engage d'y vouloir aller avec les sûretés requises. Monsieur de la Força s'y achemine donc. Je ne vous dirai point les artifices dont on se servit pour l'intimider et lui faire voir qu'il n'y avoit plus de ressources pour lui, qu'il ne pouvoit éviter de tomber entre les mains du Roi, et d'un autre côté, les avantages qui lui en pourroient revenir, et les récompenses qu'il en pouvoit espérer. D'abord, comme je l'ai dit, on lui proposoit de traiter pour lui et sa Maison, mais c'est ce qu'il rejeta avec tant de hardiesse et de résolution que monsieur de la Ville-aux-Clercs vit bien que de ce côté-là, il n'y gagneroit rien; si bien qu'ensuiCe il lui proposa de traiter pour lui et pour Sainte-Foi seulement, mais

&M MÉIIOIIES DU MAEQDIS DE GASISLIUUT.

d'abandonner tout le reste; or c'est à quoi il le trouva encore plus ferme et plus résolu, monsieur de la Force disant qu'il ne vouloit traiter que conjointement avec le parti de la Religion, proposant pour cet effet d'envoyer vers l'Assemblée de la Rochelle, vers monsieur de Rohan et vers les principaux de la Religion. Vous devez croire aussi que du côté de la Cour on rejetoit bien loin ces propositions, et qu'on ne manquoit pas de raisons à y opposer, ainsi durant trois jours que monsieur de la Force alloit et venoit, ib furent en contestation, néanmoins sans rompre le traité.

Or, avant de passer outre, il est nécessaire de dire encore que monsieur de la Force, nonobstant toute la connoissance qu'il avoit des menées de monsieur de Théobon, ne laissa pas d'envoyer vers lui pour le convier à vouloir être du traité qu'il faisoit avec monsieur de la Ville-aux-Clercs, et lui écrivit qu'il ne vouloit rien conclure sans sa participation et assistance, ensuite il lui dépécha encore un gentil-homme pour l'y engager. Monsieur de Théobon se moqua toujours de tout cela et n'y voulut pas venir, croyant que seul et avec monsieur le Prince il feroit mieux sa condition que non pas avec monsieur de la Force; et il est important dé- Représenter ces particularités pour la justification de

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