CHAPITRE Xn. Vn
core dans la même volonté, le priant aussi de vou- im, loir vivre avec lui, comme il avoit fait par le passé, et qu'en toutes occasions où il lui pourroit rendre service, qu'il s'y emploieroit avec toute sorte d'affections, et il l'embrassa. Mais monsieiur de Théobon n'en fit pas de même, se tenant, comme on dit, sur le quant à moi , et il ne répondit pas un seul mot à toutes les civilités et paroles obligeantes que monsieur de la Force lui avoit adressées. Pour monsieur de Gastelnaut, il alla l'embrasser bras dessus bras dessous.
Après cela, ils demeurèrent encore un fort long temps sans se voir; enfin il se rencontra ime occasion où monsieur de Gastelnaut les fit se trouver ensemble; il s'étoit auparavant entremis pour ce sujet, et entendu avec monsieur de Théobon ou avec ceux qui se méloient pour lui de cette entrevue; mais monsieur de Théobon de mauvaise grâce et d'une façon assez désobligeante, ne voulut pas se prêter à ce qui avoit été arrêté, et monsieur de Gastelnaut qui avoit fait au-delà de tout ce qu'on eût pu désirer de lui, se tenant piqué du mauvais procédé de monsieur de Théobon, dit à ces messieurs, qui par son ordre avoient négocié les moyens de cette entrevue, qu'après n'avoir que trop témoigné le désir qu'ils avoient de se remettre bien ensemble
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avec monsieur de Théobon et de rechercher son amitié, que lui et sa famille lui domieroient le loisir d'en faire aulaot pour rechercher la leur.
Mais quelque temps après, le Marquis de Théobon ayant eu querelle avec monsieur de Fermy, un ami de monsieur de Théobon employa monsieur de Castelnaut qui étoit alors chez lui, le conjurant de se vouloir entremettre de leur accommodement, ne voyant pas qu'il y eut d'autre personne qm lui qui y pût réussir; et bien que monsieur de Castelnaut trouvât un peu étrange ce choix qu'on faîsoit de lui, d'autant plus que les personnes qui l'emfdoyoient, savoient bien qu'ik ne se voyoient point, et même que monsieur de Castelnaut n'étoit pas satisfait de monsieur de Théobon,* néanmoins il ne laissa pas de monter à cheval, de les all^ trouver, et de leur demander leur parole, ce que messieurs de Théobon père et fils firent de fort bonne grâce, et même ensuite ils le firent prier de vouloir bien que ce fut monsieur le Duc de la Forcfè qui se chargeât de leur accommodement, en lui donnant à connoitre que ce seroit un moyen de les faire se voir et se réconcilier ensemble; monsieur de Castelnaut y.consentit volontiers et les Conduist â la Force*.
> Cette réeonefliation fat cimeDtée en 1674 par le mariage deCharlet
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On pourroit trouver étrange que dans raccommodement que fit monsieur le Prince de monsieur le Duc de la Force avec monsieur de Théobon, je ne rapporte pas les raisons de monsieur de la Force sur les difficultés qu'il fit d'acquiescer à ce que monsieur le Prince désiroit de lui. Ces raisons sent d'abord, que monsieur de Théobon s'étoit comme tout à fait détaché de monsieur de la Force et du parti de ceux de la Religion, étant sorti et ayant abandonné Sainte-Foi, et s'étant comme jeté entre les bras de monsieur le Prince, ayant auparavant envoyé de ses gens vers lui, et ensuite en ayant reçu de monsieur le Prince avec de fort belles promesses; et bien que monsieur de la Force eût connoissance de tout, il ne laissa pas de lui écrire et d'envoyer même un gentilhomme vers lui pour le convier d'assister au traité auquel il étoit sollicité par monsieur de la Ville-aux-Clercs, ce que monsieur de Théobon refusa sous la créance qu'il avoit, ou que ce traité ne réussiroit point, ou qu'il feroit mieux sa condition tout seul avec monsieur le Prince que non pas avec monsieur de la Force; et finalement monsieur de la Force n'ayant jamais
de Bordeaux de Rochefort, Marquis de Théobon, avee Marie de Canmont, fille du Marquis de Castelmoron, huitième fils du Maréchal Due de la Force.
tM MÉMOIRES DU MARQHS DE GASTELNACT.
voulu traiter ni pour lui ni pour sa Maison, mais se remettant toujours pour ce qui le touchoit lui et les siensy à la discrétion et à la volonté du Roi, il s'ensuivoit que le bienfait ou récompense que le Roi lui avoit voulu faire, n*avoit été donné qu'après que le traité fut conclu et le Roi reçu dans Sainte-Foi, ainsi donc monsieur de Théobon ne pouvoit pas prétendre y avoir nulle part^ attendu qu'il n'avoit tenu qu'à lui d'assister au traité, et que cela même eût obligé monsieur de la Force de tâcher de faire quelque chose pour lui , ce qu'il n'avoit cependant pas voulu faire ni pour lui ni pour ceux de sa Maison, n'ayant été assisté de personne au traité , voire même il s'étoit trouvé tellement abandonné que pour lors, il n'avoit nulle personne de condition auprès de- lui, et qu'il pouvoit bien dire qu'il avoit porté le fardeau tout seul sur ses épaules. Et pourquoi donc les autres gentilshommes qui Vavoient assisté en portant les armes avec lui, ne pourroientils pas montrer les mêmes prétentions que monsieur de Théobon qui d'ailleurs avoit déjà fait son traité sans en avoir donné connoissance à monsieur de la Force, outre celui qu'alors il négocioit encore avec monsieur le Prince ?
TABLE DES MATIÈRES