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mt. 3on désavantage y tant près du Roi que dans le Béarn, et même parmi ceux de la Religion.
Et bien que mon dessein soit seulement de faire voir une partie de ce qui s'est passé dans la Basse* Ouyenne, et de rapporter en quelque façon ce qui regarde le particulier de la Maison de la Force,
Mtu depuis que monsieur de la Force fut arrivé à Bergerac^ après avoir été chassé du Béarn et contraint à se retirer, par monsieur d'Épernon; nous jugeons cependant ces derniers faits assez considérables pour n'être pas omis.
C'est que le Roi ou plutôt messieurs de Luynes, voulant mettre à exécution les projets qu^ils avoient résolus, ayant toujours avec cela ce but principal» la ruine de la Maison de la Force, dont monsieur de Montpouillan étoit la véritable cause, et ne croyant pas pouvoir empêcher autrement le rétablissement du sieur de Montpouillan auprès de sa Majesté I ces messieurs trouvoient également dans les troubles qu'ils vouloient susciter en France contre ceux de la Religion, un moyen puissant pour augmenter et affermir leur autorité ; Texpérience nous faisant voir que le trouble dans l'État a toujours été plus favorable aux ambitieux que la paix du Royaume.
11 est donc à estimer qu'y ayant eu dans le Béarn
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quelques prises d'armes de peu d'importance , occa- im. sionuéespar quelque dessein que les malveillants et envieux de monsieujdelaForceavoientëmu, tachant parla de choquer son autorité, ce qu'il n avoit pu souffrir et ce qui Tavoi t obligé à faire quelque levée de la Noblesse et milice du pays, avec l'assistance de laquelle il avoit rangé tout le monde à son devoir; mais à la Cour ses ennemis prenoient grand soin de lui rendre de mauvais offices , et de faire mal juger toutes ses actions, quoique de ce qui s'étoit passé, on ne pouvoit prendre sujet de le blâmer, car ce qu'il avoit fait regardoit même le service du Roi.
Néanmoins, monsieur d'Épernon eut comman- ^'"^^• dément de sa Majesté de venir en Béam avec beaucoup de troupes. Le sieur de la Force étant averti, lui envoie des principaux du Béam ', tant pour savoir à quel dessein il s'acheminoit, car de la Cour on ne lui en avoit donné nulle connoissance, que pour le supplier c^ussi de ne pas se hâter, et de lui donner le temps d'envoyer vers le Roi, déclarant être prêt à obéir en tout et partout à ses commandements, et que le Béarn étoit dans la même réso-
^ Entre tatres le Baron d'Arros, qui remit i M. d'Épernon une lettre écrite par M. de la Force, le 29 avril 1621. Voir les Mémoires de la Foret (tome II, p. 546).
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mi. lulion et volonté; que si sa Majesté vouloit qu'il quittât et lui remit ses charges et GouTernements, qu'il étoit prêt d'obéir et mémg de l'aller trouver, si elle le lui ordonnoit , ayant sa conscience nelte qu'il n'avoit rien fait contre son service, et n'ayant jamais eu d'autre dessein que de lui rendre ses obéissances.
Monsieur d'Épernon reçoit fort bien ces messieurs qui lui avoient été envoyés, fait semblant d'agréer ce que monsieur de la Force lui demande, et promet absolument qu'il ne s*avancera point, et donnera le temps à monsieur de la Force d'avoir des nou« velles du Roi. Mais ces messieurs ne sont pas partis d'auprès de lui qu'il s'avance à grandes journées; de quoi le sieur de la Force ayant eu avis, assemble avec le Conseil les principaux du pays, jugeant bien qu'il devoit se le tenir pour dit. Afin de savoir leurs intentions et volontés, il leur rend raison de ce qui s'est passé avec monsieur d'Épernon, leur représente comme quoi il contrevenoit entièrement à la parole qu'il avoit donnée à ceux qu'il avoit envoyés vers lui, et qu'il ne restoit que deux voies à prendre, ou d'obéir, ou de se mettre en état de s'opposer aux desseins que monsieur d'Épernon pouvoit avoir, et qu'il ne falloit pas douter que ce ne fût de se rendre maître du Béarn.