‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 113 sur 168 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

SOMMAIRE

Prise du sieur de Méritcin. — Affaires du Béarn. — Synode de la Rochelle. — Le Roi défend l'union des Églises du Béarn à celles de France. — Entrevue mystérieuse du sieur de la Force. — Poursuite de l'héritière de Saveille par le Baron de la Force. — Après beaucoup de difficultés, ce mariage se fait par l'intervention du Roi. — Affaires de Religion. — Le Roi, ennuyé de ces disputes, défend aux Évêques du Béarn de venir à la Cour. — Différends des habitants des vallées d'Aspe et d'Anço. — Querelles en Navarre pour les pâturages de l'AIdude. — Attaques et représailles. —Accord de part et d'autre. — Mort du Duc de Juliers. — Le Prince de Condé emmène sa femme à Bruxelles. — Le Roi réunit deux armées. — Négociations avec les Morisques d'Espagne.— Ils proposent de fournir quatre-vingt mille hommes, cent vingt mille ducats, et de livrer trois places fortes, dont un port de mer. — Le Roi charge la Force de cette entreprise, et veut lui faire prêter serment de Maréchal de France. — Il est tué par Ravaillac. — La Force soutient dans ses bras le corps de son maître et le ramène au Louvre. — Il conduit le Dauphin chez la Reine. — Il cherche à faire parler Ravaillac, qui l'accuse. — Eclaircissements à ce sujet. — La Force est envoyé pour faire reconnoître le Roi et la Régente en Guyenne. — Singuliers pronostics de la mort du Roi à Pau.

Le Roi avoit envoyé l'ordre à monsieur de Salles,

Gouverneur de Navarrenx, de se saisir du sieur

de Méritein, qui, comme nous avons déjà dit, s'é-

toit fortifié dans la maison d' Apathe, d'où il entrei. 13

1607. tenoit des intelligences avec Don Pedro de Cardonna, Vice-Roi de la haute Navarre, et menoit des intrigues en faveur des Espagnols. Le sieur de Salles lit investir ce lieu et approcher le canon, ce que voyant Méritein, et connoissant hien qu'il n'avoit aucun moyen d'être secouru, et que s'il résistoit jusqu'à la fin , il rendrait sa situation plus mauvaise, il se remit entre les mains de monsieur deSalles; mais comme plusieurs du Conseil et même des principaux le favorisoient secrètement, peu après qu'il eut été pris il parvint à s'échapper, ce qui délivra du moins le pays de ce fâcheux voisinage.

Les députés des Ëvêques et des États ne laissoient pas de poursuivre leurs affaires devant le Roi et son Conseil , où monsieur de la Force étoit toujours admis; mais ils n'obtinrent pas encore cette année ce qu'ils désiroient.

Le sieur de la Force, retournant dans son Gouvernement, emporta avec lui une ordonnance du Roi en faveur du Collège des gens de la Religion , de la somme de six mille livres par chaque an, pour être distribuée selon qu'il le jugeroit à propos. Le Roi lui manda en ce même temps de laisser sortir les blés deNavarrenxpour les distribuer au soulagement des peuples , à condition qu'après la ré-

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