‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 160 sur 168 · M. DE LA FORCE AU MARÉCHAL D'ORNANO · texte numérisé non relu

M. DE LA FORCE AU MARÉCHAL D'ORNANO

Avis des brouilleries entre les Maisons de Grammont et de Bénac. — Moyens d'en prévenir les effets.

Monsieur, j'ai estimé que je devois vous donner avis comme il y a assez mauvaise intelligence entre M. le Comte de Grammont et M. de Bénac, l'un des Barons de ce pays. Us ont des procès entre leurs Maisons; j'ai appris que madame la Comtesse de Guiche et M. de Grammont se doivent rendre au premier jour à Nérac pour les poursuivre, et que madame de Bénac avec le Baron de Bénac son fils s'y doivent trouver aussi. L'on m'a averti que s'il n'y est pourvu, il est fort à craindre qu'ils se querelleront; je ne puis pas reconnoître qu'il y en ait de sujet formé, mais je juge bien par beaucoup de choses qui se sont passées, que les amitiés, bien qu'ils soient proches, sont fort altérées entre eux, et possible trop portés à en venir plus avant s'il n'y est pourvu. J'avois pensé, Monsieur , d'en écrire un mot à M. de Lussan qui est près de là, qu'il pourvoit, sans en donner aucune connoissance, prendre garde à ce qui se passeroit. Vous en userez par votre prudence ainsi que vous jugerez pour le mieux, vous sup-

i«ot. pliant me faire l'honneur de me conserver en vos bonnes grâces , et me commander tout ce qu'il vous plaira , demeurant toujours, etc.

8 mai

M. DE LA FORCE A MADAME DE LA FORCE

Accompagné de Castelnaut et de plusieurs gentilshommes, il visite en Poitou les parents de l'héritière de Saveille. — Portrait de cette demoiselle. — Difficultés de conclure ce mariage. — La Force revient à Paris dans le carrosse du Roi. — Grossesse de la Reine. — Nouvelles de ses enfants.— Progrés de leurs études. — Comment le Roi emploie ses journées. — Mort de M. dePardaillan et du Chancelier. — Fausse couche de la Comtesse de Saint-Paul. — Audience donnée par le Roi aux députés de Pau. — Embellissemenis de Fontainebleau. — Arrivée des Evêques du Béarn.— Accueil sévère du Roi. — S. M. envoie la Force à Paris s'aboucher avec un personnage qui veut rester inconnu. — Mort d'un fils de Sully. — Maladie de mademoiselle de Bouillon. — Conseil tenu pour les affaires du Béarn.— Arrivée deMasu'ezir de Flandre. — Révolte des Hongrois. — M. de Savoie fait arrêter ses Ministres. — Troubles en Angleterre. — Nouvelles difficultés pour le mariage du Dis de la Force avec mademoiselle de Saveille.

24 septembre. Après mon arrivée à Verteuil, et ayant discouru cpielque temps avec votre sœur (madame de Roucy) , je lui demandai si elle avoit fait la visite que je l'avois suppliée; mais elle me fit connoître qu'elle en avoit été retenue par de fortes considérations, sur les avis que l'on lui avoit donnés, afin de ne rien gâter; ce que je pus recueillir d'elle sur l'état des affaires , étoit que le beau-père (M. de Saint-Germain) , continuant toujours sa résolution pour son fils, ne désiroit point être traversé en son dessein ; mais que sans doute la demoiselle de Saveille en étoit fort éloignée, et que l'on jugeoit qu'il seroit fort à propos que je fisse venir notre fils par deçà, afin que l'on trouvât moyen de le lui faire voir. Le peu d'avancement que j'ai vu en cet affaire m'a fait résoudre, avec l'avis de madame la Comtesse de Roucy et de tous ces messieurs qui étoient avec moi, de m'en aller droit chez eux les visiter, afin de donner une connoissance plus ouverte de mon dessein; et au cas que la fille y ait quelque inclination, tâcher de l'y disposer d'autant plus. J'y ai été cejourd'hui, et avois tellement disposé toutes choses , que pendant que j'entretenois M. de Saint-Germain, M. de Eoisse entretenoit madame de Saint-Germain; et notre fils deCastelnaut entretenoit la fille, assisté de MM. de Casaux, du Repaire, de Pecharnaut et d'Avance, lesquels j'avois embouchés de ce

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qu'il falloit dire; il y avoit huit ou neuf demoiselles, le reste 1607. a pris parti à leur fantaisie. Je suis arrivé sur les deux heures 24 sei>tembreaprès-midi , et n'y ai séjourné qu'environ une bonne heure ; mais j'ai pris l'occasion de représenter à M. de Saint-Germain ce que je désirois sur le même sujet , dont je lui avois fait parler par le passé ; je n'en ai tiré que des paroles générales avec force honnêtetés. Nous avions pris résolution avant d'y venir, que je me contenterois de cela sans le presser davantage, de peur de rien gâter; mais qu'il falloit s'exprimer davantage à la mère; ce que j'ai fait fort à propos, et, sans mentir, en ai retiré toutes les bonnes paroles que j'en eusse su désirer, ayant témoigné recevoir beaucoup de joie de ma visite, et que bien qu'elle dût fort affectionner le contentement de son mari, qu'elle ne lairroit pas de me dire qu'elle faisoit tant d'estime de l'honneur que je leur faisois, qu'il n'y avoit parti en France qu'elle chérît et prisât à l'égal de notre fils. Le peu de séjour que j'ai eu moyen de faire ne m'a pu permettre de m'étendre aussi particulièrement que j'eusse souhaité, mais tous ont jugé que j'en devois user ainsi; et à la vérité, il n'étoit raisonnable de faire plus de séjour pour la première fois. L'on a aussi tenu de bonnes paroles à la fille, pour lui faire connoître ma résolution et l'affection de notre fils , et les raisons qui l'avoient retenu de se présenter à elle pour lui offrir son service. C'est le plus grand fruit que j'espérais de cette visite, que d'encourager la fille pour l'affectionner à nous, car il ne faut point espérer d'y ployer le beau-père que par la fermeté de la fille; la mère incline de notre côté; enfin, je vous dirai que j'espère bien de cet affaire, et qu'avec l'aide de Dieu nous le mettrons abonne fin. Je fais état, lorsque je serai arrivé à la Cour, d'envoyer notre fils à M. de Biron et à madame de Roucy, qui m'ont promis de trouver moyen de le mener céans; tous jugent qu'il est absolument nécessaire qu'elle (mademoiselle de Saveille) le voie.

J'avois oublié à vous dire qu'une des principales occasions qui m'avoient affectionné à cette visite, étoit pour voir la fille et la considérer; elle a la taille fort belle, une grande blancheur et la grâce fort bonne; de la dire fort belle cela n'est pas, mais elle est belle et j'en fais très-bon jugement;

16OT. aussi par le bruit commun est- elle estimée. Adieu; je supplie 24«eptembre. j)\exl qu'il y0us maintienne en santé. A Chaunay, ce 2iede septembre.

s octobre. Ma dernière dépêche a été de Chaunay par le messager que j'avois mené exprès, et vous faisois le discours de tout ce qui se pouvoit mander sur le sujet de la demoiselle que j'avois vue le même jour chez elle. De là j'allai chez M. de Parabelle et écrivis à M. Constant pour le prier de s'y trouver; ils sont tous deux fort grands amis de M. de Saint-Germain et se disent fort les miens aussi ; je les priai de me donner leurs avis en cet affaire et m'y départir leur assistance, mais je reconnus bien qu'ils étoient tellement attachés à ce qui regardoit les intérêts et le contentement de mondit sieur de Saint- Germain, que je ne devois pas attendre grand secours de ce côté-là. Aussi ne trouvai-je en eux que toutes sortes de difficultés. Depuis, sachant que l'homme et la femme, qui demeuroient céans, étoient en Tourraine, j'envoyai Franchemont vers eux, mais le mari en étoit parti; il y trouva la femme qui témoigna affectionner fort notre parti et promit de nous y rendre, même envers la fille, ce qu'honnêtement elle pourroit faire. Je me résolus d'écrire à cette femme une bonne lettre pour l'encourager d'autant plus, et j'ai estimé que possible elle la feroit voir à la fille, de quoi je serois bien aise; voilà tout ce que je puis vous dire de cet affaire. 11 est vrai qu'aujourd'hui j'ai parlé à M. de Yérac, qui est parent de la mère, je lui ai fait le discours bien particulièrement de tout, il y juge bien de la difficulté à cause de la résolution du beau-père, toutefois il m'a fort assuré de son affection et d'y rapporter tout ce qui dépendra de lui. J'attends si par le moyen de votre sœur de Roucy, ou de M. du Repaire, je pourrai en apprendre quelque chose, et si la visite que j'ai faite auroit apporté quelque nouveauté en leur volonté, et fais état, selon ce que j'en apprendrai, d'y envoyer notre fils, mais je ne désire pas que ce soit mal à propos. Lors démon arrivée en cette ville, le Roi étoit à la chasse et avoit demeuré trois ou quatre jours aux champs ; je m'en allai au-devant de lui, il venoit en carrosse et me fit l'honneur de m'y faire mettre avec lui; j'ai eu tous les témoignages de la continuation de sa

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bienveillance que je pouvois souhaiter. Il n'est pas croyable '607. la bonne chère qu'il a faite à M. de Boisse et les grandes ca- 8oclobreresses, de quoi j'ai été infiniment aise. LL. MM. se portent fort bien, la Reine est enceinte ; ils vont demain à Saint-Cloud pour voir M. le Dauphin avec le reste du troupeau qu'ils font venir là exprès ; ils se tiennent à Noisy à cause qu'il y a un peu de peste à Saint-Germain, au moins des dyssenteries. LL. MM. font état d'aller à Fontainebleau dans deux ou trois jours, je me doute que nous y serons bien pour une couple de mois. J'ai trouvé tous nos enfants en bonne santé, ils vinrent tous au-devant de moi une lieue ; ils croissent fort, mêmementMasdurant. J'ai reçu des lettres de Masgezir que je vous envoie ; il m'a envoyé quatre fort belles cavales grises et une baie pour le haras ou pour le carrosse, il m'a fait grand plaisir. Vous verrez ce qu'il mande de sa venue, de quoi il est encore incertain. Yoilà ce que vous aurez pour ma première lettre ; je serai assez soigneux de vous en adresser à toutes occasions ; je vous prie, faites de même. J'ai été un peu incommodé d'un heurt que je me donnai à la jambe deux jours avant d'arriver ici, à cause qu'il faut être toujours debout, mais ce n'est rien et espère dans quatre ou cinq jours d'en être guéri. Nous sommes tous en bonne santé, Dieu merci, lequel je prie vous y conserver aussi. A Paris, ce 8 octobre.

Le Roi alla hier coucher à quatre lieues d'ici pour courre l3 °«'obreaujourd'hui le cerf; il me commanda de demeurer pour assister avec M. deRouillonchez M. le Chancelier, qui devoit traiter des affaires que MM. de Lusignan et de Renaut, députés des Églises de Guyenne, poursuivent ; je me suis servi de ce relâche pour prendre de mes pilules au soir et m'en trouve fort bien; je craignois de ne rencontrer ce loisir de longtemps, non que je sente aucune indisposition, je me porte très-bien, Dieu merci, et de même tous nos enfants. J'ai donné charge à M. Maillos de me mener ici tous nos écoliers; j'ai conféré avec lui et M. de Casaux plus d'une heure et demie cejourd'hui pour résoudre l'ordre qu'il falloit tenir à la continuation de leurs études, etsurtout pourMasdurantqui témoigne y avoir beaucoup d'inclination et lequel s'avance fort, et Eymet aussi;

Zi62 CORRESPONDANCES.

1607. j'espère que nous en aurons du contentement. Masdurant a 13 octobre. commencé astheure la physique et faudra qu'il y vaque cinq ou six mois ; je leur fais faire à tous des habits. J'espère que Masgezir se rendra bientôt par deçà. Nous sommes toujours en même incertitude des affaires de Flandres ; la résolution se doit prendre sur les nouvelles qu'ils attendent du Roi d'Espagne ; il semble que toutes choses sont disposées à la paix ; le Roi n'y apporte point d'empêchement; il reconnoît la prospérité de son État, où, Dieu merci, toutes choses sont si bien disposées qu'il n'y ait rien à craindre ou à redouter, et le devonsnous croire aussi, pourvu qu'il plaise à Dieu nous le conserver longuement, comme je l'en supplie, et qu'il puisse donner à Mgr le Dauphin un pareil établissement. Je crois que IX. MM. iront à Fontainebleau dans trois ou quatre jours ; je vous assure que c'est une belle chose de voir les ouvrages que le Roi fait faire à tous ses bâtiments. Son occupation ordinaire est : les matinées aux affaires, l'après-dîner se promener ou jouer, et tous les soirs jouer. Sa Cour est fort grande. M. de Boisse a tant de caresses du Roi qu'il n'est possible de plus, de quoi je suis fort aise; nous ses serviteurs serions trop heureux si les libéralités de sa bourse étoient pareilles. Quant aux affaires particuliers, je ne puis rien ajouter à ce que je vous mande par la dernière. J'ai envoyé un laquais vers M. et madame la Comtesse de Saint-Paul qui sont à Amiens pour savoir de leurs nouvelles. Madamela Comtesse de Saint- Paul étoit grosse et s'est blessée, mais elle s'est bien relevée. M. de Pardaillan, fils de M. de Panias, mourut hier matin, il avoit le pourpre, c'est grand dommage et en ai beaucoup de regret. Ce sera une bonne héritière que la fille aînée. Je n'ai pu aller visiter madame de Panias à cause de ma charge, mais j'y ai envoyé souvent ; c'est ce que je vous dirai pour astheure, priant Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. A Paris, ce 13 octobre.

P. S. Je crois que vous aurez su que le bon-homme M. le Chancelier l est mort.

25 octobre. J'avois assez reconnu, avant de bouger du pays, les mécon-

£ ' Ponponne de Belliévre, Chancelier en 1599, après la mort de Chiverni; il avait servi sous cinq Rois.

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tentements sur la vérification du cahier et les plaintes qui s'en 160ï« faisoient, et de même combien l'on voudroit contrôler l'or- 2ioaohr6' donnance que j'avois faite pour la distribution des six mille livres. Je ne m'en mets plus en peine, sachant assez que les charges publiques ne se peuvent manier autrement et qu'il est impossible aux esprits malades, c'est-à-dire aux personnes intéressées, que l'on leur puisse jamais fournir aucune viande de bon goût. J'aurai ce contentement avec l'aide de Dieu, de me porter toujours au bien, et j'espère, avant partir d'ici, le faire ratifier par des patentes bien expresses ; je n'eus jamais plus d'occasion de me promettre la bonne grâce du Roi et de m'assurer en l'assistance que j'en dois attendre pour l'exécution de ma charge, et de même de M. le Chancelier1, en ayant reçu le plus favorable traitement que je pouvois espérer, voire des assurances fort expresses, et de M. Arnaut encore plus. S. M. donna audience aux députés du Conseil (de Béarn) avant son partement de Paris, en présence de MM. le Chancelier, de Yilleroy et de Loménie, où sans mentir M. de Casaux fit rage; le Roi loua fort son discours et tous ces messieurs, et témoigna en avoir beaucoup de contentement, prenant le tout en fort bonne part; il nous donna plus d'une grosse heure et demie d'audience, où les affaires furent fort enfoncés et le tout conduit fort à propos ; je m'assure que leur voyage ne sera point inutile et ne se pouvoit entreprendre en meilleure saison, ni pour des occasions plus importantes à l'Etat, car j'estime que nous aiderons fort que le pli qui se prendra maintenant aux affaires, portera coup pour l'avenir. Leurs Majestés sont en ce lieu depuis cinq ou six jours; M. le Chancelier est demeuré à Paris et M. de Sully aussi, lequel doit prendre connoissance des finances de Navarre aussi bien que de celles de France ; ils ne viendront trouver le Roi de dix ou douze jours. Masgezir n'est point encore revenu. Le Roi a eu avis que les traités de Flandres pour la paix rencontrent plus de difficultés que l'on ne pensoit, et dit-on que le Roi d'Espagne n'a pas voulu ratifier ce que les Archiducs avoient fait, tant y a que l'on est toujours en opinion cpie la paix se fera; notre fils attend cette résolution.

1 Nicolas Itrularl de Sillery, Garde des sceaux depuis 1G04, et Chancelier aprég la mort de Bellièvrc.

25 octobre.

1<5*>7' Jamais il ne fit si beau à Fontainebleau, c'est une merveille des-embellissements que S. M. y fait tous les jours; une de ses principales occupations est ici à visiter ses ouvriers de tous côtés, ou aller à la chasse. Je me porte bien, Dieu merci, et le supplie qu'il vous conserve aussi en prospérité et santé avec tout le petit peuple. A Fontainebleau, ce 25 octobre.

12 novembre. Cejourd'hui MM. les Evêques sont arjivés par qui j'ai reçu

la vôtre; je n'ai rien appris depuis mes dernières; j'altends des nouvelles du Poitou par la venue de la Comtesse de Roucy ou de M. Constant, car je ne veux point envoyer notre fils par delà mal à propos : j'ai tant de soin de cet afi*aire-là que vous ne devez pas craindre que j'y perde ni temps, ni occasion. J'attends de jour à autre notre fils Masgezir, car je lui ai mandé de venir; mais il se trouve fort empêché de ce qu'il doit faire, car si la paix se fait, les Etats sont toujours résolus d'entretenir un bon nombre de compagnies, et il faut qu'il sache avant de partir ce que devra devenir la sienne. Le Roi a un peu parlé rudement aux Evêques à leur arrivée, et leur a dit qu'ils feroient mieux de faire leurs charges et ce qui est du devoir d'Evêque, que de courir ordinairement, car ils ne faisoient jamais qu'aller et venir. Je ne sais pas quel est leur dessein et s'ils veulent faire de nouvelles poursuites; mais à ce que j'ai pu recueillir des discours de S. M., je ne pense pas qu'ils en retirent de grands avantages. Il ne se fera rien aux affaires du Béarn que l'on ne soit à Paris , où est M. le Chancelier; l'on commence à parler d'y retourner; je crois, à mon avis, que dans quinze jours la Cour s'y remuera. C'est ce que je vous dirai pour astheure en priant Dieu, etc. A Fontainebleau, ce 12e novembre.

13 novembre. Cette lettre est écrite depuis hier; à ce soir le Roi vient de

me commander d'aller demain à Paris : c'est pour quelques particularités importantes qui ne se peuvent écrire, mais ce n'est chose de quoi deviez être en peine ; car il n'y a rien que bien. Je n'y arrêterai qu'un jour ou deux tout au plus; je serois fort aise d'y trouver votre sœur de Roucy.

i novembre. Il y a deux jours que je vous mandois comme le Roi m'a-

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voit commandé de venir en cette ville. Le sujet pour lenuel

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