‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 75 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

tenant de Roi, qui écrivoit pour cet effet à tous 1593. ceux du Béarn, de quelque qualité et condition qu'ils fussent, et leur donnoit ordre de se rendre à certain jour au lieu qu'il leur rnarquoit. Les États ainsi convoqués, le Syndic de la Noblesse et du Tiers-État s'en alloient trouver le Lieutenant de Roi pour l'avertir comme quoi par son ordre on s'est rendu au lieu désigné. Le Lieutenant de Roi s'y transportoit, accompagné de iout le Parlement; ensuite, étant monté sur une estrade élevée de quatre degrés, il s'asseyoit dans un fauteuil, et alors messieurs des États et du Parlement étant debout et découverts, il leur adressoit un discours pour leur faire savoir les intentions du Pioi, et se retiroit après. Les États pour lors opinoient sur la demande, et ensuite lui rendoient com.pte de l'exécution, et c'étoit la même cérémonie toutes les fois qu'il entroit aux États. 11 avoit aussi le pouvoir de nommer à toutes les places vacantes, hormis à celles de premier Président et de Sénéchal ; il entroit quand il vouloit au Parlement, y siégeoit à la place du Roi, et y prononçoit des arrêts. L'on appeloit des arrêts du Parlement en cassation au conseil qu'il avoit près de lui. Il avoit aussi les mêmes prérogatives aux États et à la Chancellerie de Navarre, en qualité de Vice-Roi dudit pays.

isM. Les États finis, le sieur de la Force se rendit à

27 février, la Cour; il assista au sacre de sa Majesté, qui se

22 mars, fit à Chartres1, et à la reddition de Paris, qui fut

suivie de celle de tout le Royaume à l'obéissance

du Roi ; il étoit aussi dans la chambre2 où ce mal-

27 décembre, heureux Jean Chàtel blessa ce Prince d'un coup de

couteau à la lèvre 3

1 Le Roi se fit sacrer à Chartres, parce que Reims était au pouvoir de la Ligue, et que Paris et Rouen n'avaient pas encore fuit leur soumission.

2 Jean Chàtel attenta sur les jours du Roi, à l'hôtel de Schombcrg, dans la chambre de la Marquise de Monceaux (Gabrielle d'Eslrées ).

3 II existe ici une lacune pour l'année 1594; nous avons essayé d'y suppléer par la publication de quelques pièces. Après le sacre de sa Majesté, le sieur de la Force se disposait à se rendre à l'assemblée générale des Réformés, mais le Roi lui ordonna d'aller directement en Béarn; du Plcssis Mornay, qui l'attendait à Saumur, où il présidait l'assemblée, lui écrivit a celte occasion, et l'on voit dans sa lettre percer le mécontentement des Protestants. Le Roi avait pressé le départ du sieur de la Force pour deux raisons : la première parce que le Marquis de Villars retenait encore en sujétion le Bigorre; la seconde, à cause des troubles suscités dans le Périgord par des masses de paysans insurgés qui, sous le nom de Croquants, répandaient au loin la terreur. La Force, à son arrivée, fit reconnaître le sieur de Benac Sénéchal et Gouverneur de Bigorre, et prêter aux États le serment d'obéissance au Roi. L'acte qui en fut dressé et qu'il envoya à sa Majesté est curieux; on y voit qu'au lieu de se réunir à Tarbes, siège de cette Sénéchaussée, les Étals se tinrent à Lourdes; les habitants de Tarbes et des environs remontrèrent au sieur de Benac qu'encore qu'ils fussent de mimes volontés tt intmtions que les autres villes du pays, ils ne pouvaient se déclara ouvertement et par effet, à cause qu'il y avait encore dans leur fort

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