‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 77 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

prouvant la poursuite qu'il faisoit de la ville et du ,596. château de Caumont ' contre la Comtesse de Saint- Paul, voulut qu'il quittât le nom de la Force pour reprendre celui de Caumont, qui étoit celui de sa Maison; mais l'habitude2 fit que tout le monde continua à l'appeler la Force.

L'assemblée de Rouen fit de très-beaux règle- 1597. ments. Dans le temps qu'on y étoit le plus occupé, le Roi apprit que les Espagnols avoient surpris Amiens 3, et résolut en même temps d'en faire le u ma» siège; mais comme il apprébendoit que l'on ne tentât quelque chose du côté du Béarn, il envoya le sieur de la Force dans son Gouvernement, où il ne se passa rien de considérable.

Cependant l'on commence à travailler sérieuse- 1598. ment à la paix, et Vervins est choisi pour le lieu

1 Voir {correspondances, 28 juillet 1596) une lettre de madame de Caumont, tante de M. de la Force et mère de la Comtesse de Saint-Paul, au sujet de la possession de la ville et du château de Caumont.

2 Avec cela qu'il fut obligé de renoncer, en 1599, à ses prétentions sur Caumont, qui échut au Comte de Saint-Paul, du chef de sa femme. Le château et les fortifications de la ville furent rasés en 1622, par ordre de Louis XIII, malgré les protestations du Maréchal de la Force; mais la Comtesse de Saint-Paul étant morte sans postérité en 16Ï2, la Seigneurie de Caumont et les terres qui en dépendaient rentrèrent dans la Maison de Caumont-la-Force.

3 Voir {correspondances, 12 mars 1597) la lettre de M. de la Force à sa femme.

Hk MÉMOIRES DU DUC DE LA FORCE.

1598. de cette assemblée, où. les Plénipotentiaires s'étant

2 mai. rendus, elle fut enfin conclue à la satisfaction des

deux Royaumes de France et d'Espagne. 11 ne res-

toit plus à la Ligue que la province de Bretagne,

dans laquelle le I)uc de Mercosur tenoit encore

i8 février, pour ce parti; le Roi résolut de s'y acheminer, et à son arrivée, toutes les villes vinrent lui présenter les clefs; le Duc de Mercœur fut obligé de faire la paix par le mariage de monsieur de Vendôme *, fils du Roi, avec mademoiselle sa fdle. Ce fut en ce

30 avril, pays, le Roi étant à Nantes, qu'il fit ce fameux Édit en faveur de ceux de la Religion qui dans le commencement trouva quelques difficultés *.

La Force se rendit, à la fin de septembre, auprès du Roi, qu'il trouva malade à Mousseaux 3, mais qui fut bientôt guéri. On fit courir aussi en ce temps-là un bruit que sa Majesté avoit rencontré

1 César de Bourbon, Duc de Vendôme, fils de Henri IV et deGabrielle d'Estrées, Duchesse de Beauibrt. Le mariage arrêté alors ne fut conclu qu'en 1609, et non sans opposition de la part de Marie de Luxembourg, veuve du Duc de Mercœur, qui voulait faire épouser à sa fille Henri de Lorraine Comte de Chaligny.

2 Ces difficultés remontaient à l'année 1590; elles s'élevèrent à l'assemblée de Loudun et se continuèrent à celles de Chatelleraut. Voyez à ce sujet la lettre du sieur Théophile Hespérlen à M. de la Force, qui contient plusieurs particularités curieuses, et notamment sur le rétablissement de la messe en Béarn. (Correspondances, 1896. )

3 Monceaux, château de Gabrielle d'Estrées, Duchesse de Beaufort.

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