‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 81 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

que l'on envoyoit pendant ce temps-là en Languedoc. Il partit donc pour le Béarn, où il trouva beaucoup de difficultés; mais il ne sera pas inutile de représenter ici en quel état étoit le Béarn , pour ce qui conccrnoit la Religion , d'autant plus que de cette connoissance dépendent plusieurs choses que nous aurons à traiter plus tard.

Gérard ' Roussel , Évêque d'Olleron et Abbé de Clérac, prêcha à haute voix la Réforme en Béarn , selon que Calvin l'avoit introduite en France, et disposa les prêtres à en faire de même. Le goût que l'on a pour la nouveauté, ou l'ignorance des prêtres qui ne pouvoient répondre, fit que. d'abord quelques-uns du pays s'attachèrent à lui. Alors cet Évêque employa une partie de son revenu à l'entretien de jeunes écoliers qu'il fit nourrir soigneusement et étudier, pour les rendre capables d'in-

de missions très-importantes ; écoutaient les plaintes des peuples, recevaient les requêtes qui leur étaient présentées, en décidaient, ou les renvoyaient au Roi; ils avaient l'inspection sur les juges ordinaires et siégeaient au Parlement au dessus des Conseillers.

1 II était Ticard, et professeur à l'Université de Paris. François Ier montrait peu de tolérance pour les novateurs ; aussi prit-il le parti de se rendre à la Cour de Marguerite de Navarre, qui recherchait et savait apprécier le mérite. Un jour qu'il prêchait dans un village, le sieur de Metyé , gentilhomme basque , voulant lui imposer silence, coupa avec une hache le pied de la chaire et fit descendre le prédicateur.

1599. struireles autresde sa doctrine. Enfin , les Réformés s'étant beaucoup accrus sous le règne d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, il fallut pourvoir à l'entretien des pasteurs ; sur quoi leurs Majestés ayant demandé l'avis de leur Conseil et Coursouve* raine de Béarn, pour lors toute catholique, on leur conseilla de prendre pour cet entrentien le revenu du Clergé ; ce qui fut adopté par une délibération du Conseil du dix-sept mai 4561 . Cependant , comme les États sont en droit de tous temps , par leurs fors et coutumes que de temps immémorial leurs Seigneurs jurent d'observer, qu'il ne se fasse de l'autorité du seul Souverain aucun changement notable dans l'État sans leur consentement, lesÉlats- Généraux présentèrent une requête en 1563, pour qu'il leur fût permis à chacun de servir Dieu selon sa Religion. La Reine, approuvant la justice de leurs demandes , fit, de l'avis de son Conseil, dresser un Édit perpétuel et irrévocable, par lequel, à la requête drs États, les Religions Catholique et Réformée furent publiquement admises dans le pays, et permises à chacun selon sa dévotion. Cet Edit fut enregistré le deux février 1563, au Conseil souverain et au Sénéchal, à la requête des Syndics des États.

On fit ensuite des règlements par lesquels on

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