‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 80 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

homme, pressé du démon depuis quelques années, 1599. s'étoit sauvé des Capucins où Ton l'avoit enfermé, et qu'il avoit dit qu'il vouloit tuer le Roi, ce qui fit que Ton mit des gens à ses trousses pour tâcher de s'en saisir.

Le deuxième de février, se célébra, dans le cabinet du Pioi, le mariage de Madame avec le Prince de Bar, malgré l'opposition de9 Religions, cette Princesse étant toujours inviolablemcnt demeurée attachée aux sentiments qu'elle avoit hérités de son illustre mère Jeanne d'Albret. Le Roi partit le lendemain de Saint- Germain , où s'étoit faite cette cérémonie, pour se rendre à Paris, dans la résolution de n'en point bouger, Selon qu'il le dit en chemin à la Force, que l'Édit ne fut vérifié, bien décidé, si le Parlement y apportoit encore quelque obstacle, daller tenir son lit de justice pour le faire enregistrer.

Le cinq de février, messieurs du Parlement vinrent trouver le Roi pour lui faire des remontrances; ils n'eurent d'autre réponse, sinon qu'il y feroit attention, et il assembla un conseil extraordinaire dans lequel on examina lesdites remontrances } et comme il ne s'y trouva rien d'important, sa Majesté manda ces Messieurs deux jours après, et leur ordonna de vérifier l'Édit sans aucun délai.

»599. On arrêta, le dix février, l'assassin dont monsieur de Lorraine avoit donné avis, et deux autres de ses complices, qui furent tenaillés et brûlés. En- 25 février, fin, le Parlement vérifia l'Édit de JNantes au commencement du Carême ; la Duchesse de Bar partit ensuite, et le Roi l'accompagna quelques jours.

Le Conseil étant assemblé en l'absence du Roi, on traita de l'ordre qui devoit se tenir pour la vérification de l'Édit dans les provinces et dans les autres Parlements. Messieurs du Conseil s'adressant au sieur de la Force , qui avoit été appelé à cette délibération , le pressèrent fort de prendre cette commission en Poitou, et surtout à la Rochelle, parce que l'on prévoyoit qu'il y auroit de la difficulté à y faire passer l'article du rétablissement de la messe. Mais il s'en excusa sur ce qu'il étoit appelé en Béarn , où il ne seroit point sans affaires sur le même sujet. A l'égard de la Guyenne , où l'on vouloit aussi l'envoyer, cela fut mis à la décision du Roi, qui lui ordonna d'aller d'abord dans son Gouvernement, faire vérifier l'Édit, et qu'ensuite il iroit en Guvenne avec le sieur de Refuse1,

1 Eustachc de Refuge, Seigneur de Précy et de Courcelles , Maître des Requêtes; ce titre ne correspond pas aujourd'hui aux fonctions et prérogatives qu'on lui attribuait alors; elles étaient beaucoup plus élevées : les Maîtres des Requêtes parcouraient les provinces, chargés

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