‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 83 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

Les choses ainsi pacifiées, le deux février 1 5G9, 1599. le Comte fait saisir sous l'autorité de la Reine tous les revenus ecclésiastiques, en attendant qu'elle en eût autrement ordonné ; la saisie fut confirmée par Jeanne d'Albret, qui avoit dessein de traiter le Béarn comme un pays conquis; mais ceux qui lui avoient été fidèles lui représentèrent qu'il n'étoit pas juste que l'innocent payât pour le coupable, et qu'ils ne dévoient point pâtir des fautes qu'avoient faites les Catholiques, d'autant plus que leur fidélité avoit été cause qu'ils avoient été les victimes de leur cruauté. La Reine, trouvant leurs demandes justes, assemble les États, et en 1571 elle fait un règlement par lequel tous les biens qui avoient été à l'Église, elle les donne aux Réformés pour entretenir les diacres , pauvres , collèges , séminaires et autres œuvres de piété; mais comme après cet entretien, il restoit encore de grandes sommes, parce que le Clergé de Béarn étoit fort riche, il fut réglé qu'elles serviroient à soutenir les charges de l'État, telles que l'entretien de la garnison de Navarrenx, située à la frontière d'Espagne, les appointements du Lieutenant de Roi, ceux du Conseil et de la Cour souveraine, des capitaines des Persans ', châteaux

Milice préposée à la garde dci frontières; le pays était divisé en

^Crsans. f>f rVlîlfMln avoit cati nanîfatno

six Persans, et chacun ayait son capitaine

i599. et forteresses, des Conseillers et Auditeurs de la Chambre des Comptes, et généralement de tous les autres officiers.

Pour tenir la main à l'exécution de ce règlement, on composa un Conseil ou Sénat ecclésiastique formé de deux ministres , d'un Procureur et d'un Trésorier, qui fut nommé Diacre général. Ce Conseil, qui étoit élu par le Synode national, avoit l'administration de tous les biens ecclésiastiques, hormis des droits seigneuriaux, qui furent réunis et incorporés au domaine. La Reine cassa ensuite la saisie qu'avoit faite Montgommery, et laissa au Sénat ecclésiastique le soin de faire les affaires du clergé, de donner les ordonnances requises et recevoir les comptes du Diacre général. Cet ordre fut régulièrement observé pendant la vie de Jeanne d'Albret, et cette illustre Princesse pria son fils par son testament , en l'an \ 572 , de ne rien innover dans l'État du Béarn , ce qui fut observé jusqu'en \ 575, que le sieur de Miossens, Lieutenant général, y apporta quelque changement; car ne laissant du Sénatecclésiastiquequele Trésorier etle Procureur, il attribua la direction et la conduite des biens aux seuls officiers du Roi.

Les États se plaignirent de ce changement au Fvoi, qui régla que la direction des biens seroit attri-

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