‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 84 sur 168 · LIVRE l, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE l, CHAPITRE IV

buée à la Chambre des Comptes , à qui le Procureur et le Trésorier s'adrcsseroient.

Ce règlement fut fait en 1 582, le Roi tenant les États en personne. Les choses demeurèrent dans cette tranquillité jusqu'en l'année \ 599 , auquel temps sa Majesté, après la vérification de l'Édit de Nantes par le Parlement de Paris, envoya le sieur de la Force en son Gouvernement , et comme cet Edit portoit que la messe seroit rétablie dans les lieux dont elle avoit été bannie, le Roi, en expliquant cet article, fit un Edit particulier pour le Béarn , par lequel il établit deux Evoques , l'un à Lescar, l'autre à Olleron ; donne le premier évêché au sieur de Saint-Cassan , avec trois mille livres de pension, et le second au chanoine Metyé \ avec dixhuit cents livres d'entretien à prendre sur les revenus ecclésiastiques; remet la messe en douze ville?, bourgs ou villages et en tous ceux qui sont de présentation laïque et les patrons catholiques, pourvu qu'il n'y ait point de ministres entretenus; admet les Catholiques aux charges dont ils étoient exclus depuis la rébellion ci-dessus mentionnée, à la condition qu'ils ne pourront surpasser en nombre ceux de la Religion, lesquels il veut tenir en même

1 Arnaud de Metyé ou Maytié, d'une famille noble du Béarn.

1599. considération que les Catholiques en France; ensuite le Roi déclare cet Edit perpétuel et irrévocable, et confirme tous les règlements faits par lui et ses prédécesseurs pour tous les articles auxquels il n'est point dérogé.

La Force s'étant rendu en Béarn , eut toutes les peines du monde à faire enregistrer l'Edit; le Conseil souverain députa le sieur de Casaux ', pour faire des remontrances. Enfin il en vint à bout et assembla les États à la fin de l'année ; ils ne firent point de plaintes de ce changement, sur la parole que les Evèques et les Catholiques leur donnèrent, qu'ayant l'exercice libre de leur Religion, ils ne demanderoient point autre chose. Ces affaires retinrent la Force jusqu'à la fin de l'année, et l'empêchèrent d'aller servir son quartier auprès de sa Majesté.

1 Jean de Casaux, Conseiller au Conseil souverain de Pau, Maître des Requêtes de la Maison de Navarre, devint plus tard second et premier Président. 11 sera souvent question de lui dans ces Mémoires, car pendant plus de vingt ans il donna de grandes preuves d'attachement et de déTOucment à M. de la Force.

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